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    Asie-Pacifique

    Ai Weiwei, un artiste punk à la Royal Academy de Londres

    media L’artiste chinois Ai Weiwei lors de l’inauguration de la rétrospective qui lui est dédiée à la Royal Academy of Arts de Londres. REUTERS/Neil Hall TPX IMAGES OF THE DAY

    Son premier geste après son retour à Pékin, après un premier voyage à l’étranger depuis quatre ans ? La publication de photos sur Instagram des micros cachés qu’il a trouvé dans son appartement pour dénoncer la surveillance totalitaire dont il fait toujours l’objet. Avant, Ai Weiwei avait marché avec Anish Kapoor à travers Londres pour dénoncer le triste sort des réfugiés dans le monde et inauguré à la Royal Academy of Arts la première rétrospective consacrée à ses œuvres. Libre de voyager depuis l’été, l’artiste dissident chinois met le doigt là où ça fait mal.

    À 58 ans, le plasticien chinois le plus célèbre au monde montre à la Royal Academy of Arts de Londres ce que Pékin ne veut pas voir. Dans une salle, la plus belle du musée, il expose une des ses œuvres phares : deux immenses panneaux répertoriant les noms de 2 060 enfants victimes du tremblement de terre du Sichuan en 2008, dont la disparition a été cachée par le pouvoir. Plus loin, il y a des installations en bois et pièces de ferronnerie issues des temples sacrés, que l’urbanisme acharné de la Chine des années 1980 a condamnées à la disparition. Ai Weiwei nous connecte à une réalité à travers différents supports.

    « Ai Weiwei est un bon artiste, parce qu’il est capable de créer des œuvres qui transcendent les frontières culturelles et politiques, avance Tim Marlow, le commissaire de l’exposition. Il occupe une place très importante dans le monde, en termes de liberté d’expression. C’est une sorte de poète visuel, capable de transformer des matériaux pour leur donner un autre sens, ce qui est fondamental dans l’art. Il rassemble aussi, à lui tout seul, plusieurs disciplines : c’est un architecte, un collectionneur, un archéologue, un poète, un activiste, un artiste depuis trente, quarante ans, donc il est en cela fondamentalement postmoderne. »

    Un artiste postmoderne qui agace les autorités chinoises

    Ai Weiwei est un artiste postmoderne qui agace les autorités chinoises, ce qui lui a valu d’être placé en résidence surveillée pendant 81 jours et de se voir confisquer son passeport. À l’époque, son studio a été même rasé par la police. Au moment de la préparation de son exposition, Ai Weiwei, installé récemment à Munich, en Allemagne, ne pouvait donc pas sortir de son pays jusqu'à l’été. Et c’est grâce a l’aide de plans virtuels architecturaux qu’il a navigué depuis Pékin à l’intérieur des salons du musée pour penser ses créations monumentales.

    « Comme Ai Weiwei n’avait pas l’autorisation de quitter la Chine, nous avons dû y aller pour le voir, lui parler, raconte Adrian Locke, le conservateur de la Royal Academy Of Arts. Mais, on s’est aussi beaucoup écrit, par internet, avec son équipe. On n’avait jamais vraiment travaillé comme ça, mais c’était étonnamment assez simple. Ai Weiwei est incroyablement professionnel, il a fait beaucoup d’expositions. Ce qui est remarquable chez cet artiste, c’est sa capacité à imaginer ses œuvres dans un espace donné. »

    Etre sérieux et punk à la fois

    L’expo d’Ai Weiwei repose donc sur un propos logique de l’artiste : dénoncer, dénoncer et continuer à dénoncer la brutalité du pouvoir chinois. « Ai Weiwei a vraiment un côté punk, continue Adrian Locke. Il a un grand sens de l’humour. Bien sûr, il est aussi très sérieux, mais il a un côté léger. On l’a vu poser nu pour une photo, sauter en l’air, se raser la tête. Il a un côté rebelle. Il croit en la liberté de mouvement et d’expression. Il s’est toujours battu pour cela. On pourrait dire que ça lui vient de son enfance. Son père a été persécuté, lui, il l’a été aussi. Et c’est très rare aujourd’hui de voir des artistes d’un tel niveau rester à ce point engagés. »

    Ai Weiwei, rétrospective à la Royal Academy of Arts, jusqu'au 13 décembre.

     

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