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    Tension politique au Cambodge: Kem Sokha démis de ses fonctions

    media Kem Sokha, premier vice-président de la Chambre basse et vice-président du parti CNRP, en avril 2015. Reuters

    Au Cambodge, la «culture du dialogue» vole en éclats. Elle était née d’un accord conclu entre les deux principaux partis du pays qui avait permis, en 2014, de mettre fin au boycott parlementaire long d’un an de l’opposition en échange de quelques concessions. Guerre des mots, provocations nationalistes, poursuites judiciaires... depuis plusieurs mois, cette trêve est malmenée des deux côtés. Cette semaine parlementaire s’est ouverte sur l’agression de deux députés de l’opposition et, ce vendredi, c’est son numéro deux qui est déchu de ses responsabilités à l’Assemblée nationale.

    Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gée

    Les députés du parti au pouvoir ont décidé de démettre l’opposant Kem Sokha, du Parti de sauvetage national du Cambodge, de ses fonctions de premier vice-président de la Chambre basse. Si le vote était impromptu, cette sanction contre ce critique acerbe du puissant Premier ministre Hun Sen n’est pas une surprise. Sa rhétorique enflammée et souvent ultranationaliste agace régulièrement le pouvoir, qui voit en lui un saboteur de l’entente conclue avec son camp.

    Les élus du parti de Hun Sen, majoritaires, disent avoir répondu à une pétition remise par des centaines de leurs sympathisants qui manifestaient lundi devant l’Assemblée nationale pour appeler au renvoi de Kem Sokha.

    A la suite de ce rassemblement, deux élus de l’opposition ont été sauvagement agressés alors qu’ils quittaient en voiture l’institution. Le chef du gouvernement a fermement condamné cette attaque, une attaque que l’opposition et des organisations de la société civile attribuent à des militants du parti au pouvoir.

    Ce dernier acte législatif, jugé illégal par l’opposition, semble s’inscrire dans une stratégie plus large du pouvoir visant à affaiblir un rival inquiétant d’ici le prochain scrutin législatif de 2018.

    → à (re)lire: Au Cambodge, la fin d'un an d'impasse politique

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