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    Asie-Pacifique

    Chine: la fin de l'enfant unique arrive-t-elle trop tard?

    media Scène de la vie quotidienne à Pékin, le 30 octobre 2015. REUTERS/Jason Lee

    C'est une petite révolution en République populaire de Chine. Jeudi 29 octobre 2015, Pékin a officialisé la fin de la drastique politique de l'enfant unique, en vigueur depuis trois décennies. Désormais, chaque couple aura le droit d'avoir deux enfants. Un revirement dont l'objectif principal est d'enrayer le vieillissement de la population chinoise. Pas sûr que cela suffise pour autant.

    Avec notre correspondante à Shanghai,  Delphine Sureau

    L'annonce n'a pas vraiment entrainé de « ouf » de soulagement dans le pays. Après des années de propagande, les Chinois avaient finalement bien intégré le fait d'être des enfants uniques. Pour preuve : ce sondage qui circule sur WeChat, l'équivalent de WhatsApp. La question était : « Vous êtes en âge d'avoir un enfant, souhaitez-vous en avoir deux ? » Le non l'emporte à 63 %, essentiellement pour des raisons économiques.

    Une décision raillée sur le Web

    Elever un enfant en Chine coûte cher. Il ne faut pas rater son éducation, il faut lui donner des cours particuliers, l'envoyer à l'étranger... Multiplier ces dépenses par deux est intenable pour beaucoup de familles. D'autant plus que pour l'instant, il n'y a pas d'allocations familiales. Sur Weibo, le « Twitter chinois », on trouve aussi beaucoup de ressentiment. Un internaute, visiblement deuxième d'une fratrie, pose par exemple la question suivante :

    « Quand je suis né, ma famille a dû dépenser toutes nos économies pour payer l'amende. Est-ce que l'Etat va me rembourser ? » Un autre attaque : « L'Etat me doit un frère. » « Et maintenant, ils vont nous forcer à payer une amende si on ne fait pas un deuxième enfant ? », s'interroge un troisième usager, traduisant un reproche assez répandu chez les internautes, et adressé aux autorités, à savoir leur manque de compassion.

    Un non évènement dans le pays ?

    La fin de la politique de l'enfant unique était réclamée par des démographes et des économistes chinois. Elle est destinée, entre autres, à corriger l'inquiétant déséquilibre entre les sexes et à enrayer le vieillissement de la population. Sur ce dernier point, cela suffira-t-il ? Avec le recul, le dernier assouplissement de 2013, qui avait déjà autorisé les couples composés d'un seul enfant unique - le père ou la mère - à avoir un deuxième enfant, est à ce titre porteur d'enseignements.

    Onze millions de couples étaient alors concernés. Que s'est-il passé ? Seulement un million et demi d'entre eux ont effectivement ont eu un deuxième enfant. Cette fois, le deuxième enfant pour tous peut concernera 100 millions de couples, assure le quoditien China Daily. Mais il y a peu de chances que cela débouche sur un pic de naissances. Les économistes s'accordent à dire que cet assouplissement arrive trop tard pour éviter les turbulences économiques.


    ■ Pour Jean-Philippe Béja, directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre de recherches internationales (Ceri Sciences Po), la fin de la politique de l'enfant unique ne va pas changer grand-chose en Chine.

    « Dans les villes, comme dans beaucoup de pays on l'on se développe, les gens ne veulent plus avoir beaucoup d'enfants, explique le chercheur au micro de RFI. La libéralisation du nombre d'enfants dans les villes existe depuis deux ans, mais on a vu très, très peu de nouvelles naissances. Il faut évidemment faire une demande pour avoir un deuxième enfant, le contrôle des naissances reste extrêmement important.

    On voit par exemple que cette année, à Pékin, il n'y a eu que 56 000 naissances de deuxièmes enfants, ce qui est extrêmement peu, même par rapport aux seuls résidents de la ville de Pékin. Les populations urbaines estiment que le coût pour élever une enfant et pour l'amener à l'université est bien trop élevé, et elles n'ont pas du tout l'intention d'en avoir un deuxième. Il s'agit pour la plupart d'enfants uniques eux-mêmes, donc ils n'ont plus l'habitude d'avoir de grandes familles.

    Concernant les campagnes, ça fait déjà pas mal de temps qu'on a deux enfants - et dans certains endroits d'ailleurs, beaucoup plus. Donc là encore, ça ne va pas changer grand-chose, car dans les campagnes, on empêchera toujours d'avoir le troisième ou le quatrième enfant, et c'est là que se pose le problème de la natalité. »

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