Crimes contre la presse: retour sur le massacre de Maguindanao - Asie-Pacifique - RFI

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Crimes contre la presse: retour sur le massacre de Maguindanao

media Cérémonie d'hommage le 23 novembre 2014, à la mémoire des victimes du massacre de Maguindanao, en 2009 aux Philippines. AFP PHOTO/NOEL CELIS

Il y a deux ans jour pour jour, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été assassinés au Mali lors d'un reportage pour RFI. C'était le 2 novembre 2013. Depuis, les Nations unies ont créé une journée internationale, pour lutter contre l'impunité des crimes commis contre les journalistes. L'attentat le plus meurtrier contre la profession s'est produit aux Philippines, il y a six ans : c'est le massacre de Maguindanao.

Nous sommes le 23 novembre 2009, dans le sud de l'île de Mindanao. La campagne électorale bat son plein et des dizaines de journalistes accompagnent un opposant au gouverneur de la province de Maguindanao. Alors qu'ils sont en route pour le dépôt de candidature, ils tombent dans une embuscade. Au total, 58 personnes sont tuées, dont 32 journalistes. Les corps sont retrouvés dans des fosses communes. Apparemment, les journalistes ont été victimes d'une histoire de règlement de compte, avec un principal suspect : le gouverneur de Maguindanao, chef d'un clan très puissant dans la région, celui des Ampatuan.

Les corps de 58 personnes, dont 32 journalistes, ont été retrouvés dans des fosses communes, le 23 novembre 2009 dans le sud de l'île de Mindanao. Reuters

Aucune condamnation

Six ans après, l'enquête n'a pas permis de faire la lumière sur ce massacre, pourtant le plus meurtrier pour les journalistes, mais aussi pour l'histoire récente des Philippines.
Aucune condamnation n'a été prononcée à ce jour. Dans le monde, 90 % des crimes commis contre les journalistes ne font l’objet d’aucune arrestation, d’aucune poursuite ni d’aucune condamnation, selon le Comité pour la protection des journalistes.

Pour en revenir au massacre de Maguindanao, le suspect n°1, l'ancien gouverneur de la province, est mort d'un cancer cet été. Lors des obsèques, les médias ont été tenus à l'écart. Pire : il y aurait 198 accusés, dont 88 toujours en liberté et une quarantaine de policiers impliqués, au final tous relâches.

Par ailleurs, quatre témoins de l'affaire ont été assassinés. Enfin, un ancien accusé du clan des Ampatuan, entretemps entendu comme témoin dans l'affaire, se présente aux prochaines municipales. Nous entrons à nouveau en campagne, avant les élections présidentielles et locales de mai prochain. Aux Philippines, une période propice aux pics de violence, comme avec ce massacre de Maguindanao.

Port d'arme autorisé

Les journalistes philippins s'alarment d'une situation, selon eux, dégradée. Les Philippines ne sont pas en guerre et pourtant le pays est considéré comme parmi les plus dangereux pour les journalistes. Après avoir été classées troisième destination la plus risquée plusieurs années de suite, les Philippines viennent d'être reléguées à la quatrième place, par le Comité pour la protection des journalistes.

L'archipel arrive derrière la Somalie, l'Iraq et la Syrie. Ici, une trentaine de journalistes ont été tués sous l'administration Aquino, souvent des journalistes de Mindanao, ou enquêtant sur des affaires de corruption. Le port d'arme est autorisé aux Philippines, et dans les endroits les plus sensibles, certains journalistes partent en reportage armés.

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