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    Asie-Pacifique

    Inde: les violences de castes en hausse de 45% depuis deux ans

    media Une des fonctions ancestrales, réservée aux basses castes, était notamment le ramassage des excréments et des déchets. AFP PHOTO/Prakash SINGH

    Les discriminations entre les castes sont interdites en Inde depuis l'Indépendance et la rédaction de la Constitution du pays, il y a plus de 60 ans. Mais dans les faits, les violences demeurent et particulièrement contre ceux au plus bas de l'échelle : les intouchables, également appelés dalit. Loin de se résorber, elles augmentent ces dernières années, à mesure que ces déclassés essaient de s'émanciper. Plusieurs cas de meurtres ont d'ailleurs choqué l'opinion indienne ces derniers jours.

    De notre correspondant à New Delhi,

    Une attaque particulièrement horrible s'est déroulée dans l'Haryana, un Etat du nord de l'Inde. Là, il y a une semaine, dans un village situé à quelques dizaines de kilomètres de New Delhi, un incendie, apparemment criminel, a ravagé la maison d'une famille d'intouchables pendant la nuit, coûtant la vie à deux enfants de 9 mois et trois ans. Cette famille était protégée depuis 10 mois par la police, car elle était menacée par un groupe d'une caste supérieure.

    Hausse de 45% des crimes

    Aujourd'hui, toute la communauté dalit de ce village accuse la police d'avoir négligé son travail pour favoriser les assaillants présumés. D'importantes protestations ont suivi ce crime, ce qui a obligé la police régionale à arrêter plusieurs personnes et à suspendre les officiers, avant de transférer tout le dossier à la police fédérale.

    Cela n'est malheureusement pas un cas isolé : ces derniers mois, un intouchable a eu la main coupée car il portait une montre, un autre a été tué car la sonnerie de son téléphone célébrait l'émancipation des dalits. En un an, les crimes enregistrés contre les intouchables ont augmenté de 20% et de 45% depuis deux ans.

    Emancipation

    En effet, dans beaucoup de cas, ce sont les basses castes, situées juste au-dessus, qui se sentent menacées par cette émancipation. Les intouchables représentent 16% de la population indienne d'aujourd'hui, et ils ont été ceux qui ont le plus bénéficié des politiques de discrimination positive instaurées depuis 60 ans. Il faut dire qu'ils partaient de loin, dans cette société traditionnelle hindoue qui les considère comme impurs, et dans laquelle ils n'avaient pas le droit de vivre, manger ou prier avec les autres.

    A présent, ils bénéficient d'importants quotas dans les universités et la fonction publique, certains sont devenus chefs d'entreprise et même ministre en chef de l'Etat le plus peuplé d'Inde. Cela a donc chamboulé les rôles dans les villages : ces dalits ne dépendent plus des hautes castes pour vivre et ils rentrent même en concurrence avec eux. Ce que certains ont du mal à accepter.

    Cadre législatif

    De nombreuses lois existent déjà, comme celle adoptée en 1990, qui a créé un crime spécifique qui punit les atrocités commises contre les intouchables et populations tribales. Un amendement est en examen afin d'y intégrer de nouveaux actes, tels que l'insulte castéiste ou le fait de forcer un dalit à ramasser les excréments, une fonction ancestrale réservée aux intouchables. Mais le défi réside davantage dans l'application de ces lois et dans la capacité des autorités à changer la mentalité des policiers, qui souvent prennent la défense des castes supérieures.

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