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    Asie-Pacifique

    La Corée du Sud, un bon élève à la croisée des chemins

    media François Hollande et ses ministres (à gauche) face à la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, le 4 novembre 2015 à Séoul. REUTERS/Chung Sung-Jun/POOL

    François Hollande est arrivé ce mercredi matin à Séoul, après deux jours de visite en Chine. Cette première venue d'un chef d’Etat français en Corée du Sud depuis une quinzaine d'années s’inscrit dans le cadre de l'année France-Corée. Les deux pays fêtent en 2016 le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Les échanges économiques se sont renforcés ces dernières années et la Corée du Sud est le quatrième partenaire commercial de la France en Asie. La visite du président français sera l'occasion de les développer encore, notamment dans le domaine du numérique. L'éducation et la culture seront également au programme. La Corée du Sud, 13e puissance économique mondiale, est aujourd'hui confrontée à de nombreux défis, et sa société reste peu connue des Français.

    Lorsque l'on évoque la Corée du Sud, c'est tout d'abord à sa puissance économique que l'on pense, et à ses fleurons tel Hyundai, Samsung ou encore LG. Et pour cause, au lendemain de l'occupation japonaise et de la guerre de Corée elle était l'un des pays les plus pauvres du monde, devenu en une cinquantaine d'années la 13e puissance économique mondiale. Cet extraordinaire développement s'est appuyé sur la force de travail de toute une population, il est aujourd'hui caractérisé par le sens de l'organisation et l'investissement dans la recherche, analyse l’économiste Philippe Li : « Les Coréens sont extrêmement organisés dans leurs processus industriels et commerciaux, ils ont réussi à optimiser les processus de fabrication et de conception technologique, ce qui est l'une de leurs grandes forces. Par ailleurs, la Corée du Sud est aujourd'hui au niveau mondial le 4e pays qui consacre le plus de son budget à la recherche et à l'innovation. C'est une chose que les gens ignorent mais qui explique cette continuité dans le développement et cette capacité à se régénérer et à progresser sur le front économique ».

    Des atouts qui seront utiles à un pays que l'économiste considère comme étant à la croisée des chemins. « Pour tenir son rang la Corée du Sud doit trouver des développements à très forte valeur ajoutée, elle doit aussi partir à la conquête du monde, internationaliser ses entreprises et diversifier ses débouchés. L'économie coréenne est en effet très dépendante de la Chine, qui absorbe 45% de ses exportations. Dès que le moteur de la croissance chinoise ralentit, les répercussions négatives se font immédiatement sentir », poursuit Philippe Li.

    La crevette et les baleines

    Cette dépendance économique vis-à-vis de l’Empire du Milieu se double d'une dépendance vis-à-vis des Etats-Unis sur le plan géopolitique. Souvent présentée comme une crevette entre deux baleines, la Corée est soumise aux pressions des deux grandes puissances rivales. Ce qu'elle qualifie elle-même de dilemme la place dans un équilibre difficile à maintenir. « Depuis quelques années, explique Antoine Bondaz, chercheur au CERI/Asia Centre, on voit les difficultés s'accumuler entre ces deux géants. Deux exemples : la Corée du Sud envisage d'adopter un bouclier anti-missiles américain, la Chine la menace de représailles économiques. Washington voit par ailleurs d'un mauvais œil une participation à la banque asiatique d'investissement dans les infrastructures lancée par Pékin en mars dernier. Plus la bipolarisation de l'Asie du nord entre la Chine et les Etats-Unis avance, plus il est difficile pour la Corée du Sud de maintenir un véritable équilibre. »

    Une société fracturée

    La Corée du Sud a également de nombreux défis à relever au niveau social. En premier lieu, celui du vieillissement de sa population. Elle était en 2012 le 4e pays le plus jeune de l'OCDE, elle sera en 2050 le 3e pays le plus vieux. En 2030, 31 % de sa population aura plus de 60 ans. « En quelques décennies on a assisté à une transition démographique extrêmement importante, avec un taux de fécondité qui a complètement chuté et s'établit aujourd'hui à moins de 1,2 », détaille Antoine Bondaz, qui souligne la réticence partielle de la société sud-coréenne envers la question de l'immigration et des mariages mixtes. « De plus en plus de migrants viennent travailler dans le pays, mais ce n'est pas sans poser problème. Depuis 50 ans la Corée du Sud se présente comme un pays mono-ethnique, uni-culturel, et elle se rend compte qu'elle doit aujourd'hui réussir à intégrer ces nouveaux citoyens sud-coréens et ces étrangers qui vivent sur son territoire. »

    La jeunesse sous pression

    Autre enjeu pour la société sud-coréenne, l'évolution de son système éducatif. Un système extrêmement compétitif, très emprunt des valeurs confucianistes. L'éducation est en Corée du Sud un marqueur social fondamental. Il n'est pas rare que les enfants prennent des cours du soir dès la maternelle, avec l'objectif d'entrer dans les meilleures universités. 71 % de la classe d'âge actuelle fait des études supérieures. « Ce système éducatif est un atout pour le pays au niveau international, mais c'est de plus en plus un problème au sein de la société, analyse Antoine Bondaz. Car ces jeunes surdiplômés ne trouvent pas forcément d'emploi qui correspond à leur qualification, et la pression a bien évidemment des effets pervers, comme un taux de suicide extrêmement élevé chez les jeunes, et d'autres problèmes indirects sur la cohésion sociale ou la vie de famille ».

    De la K-pop au cinéma, la culture comme levier d'influence

    Le développement des échanges universitaires seront au programme de la visite française, tout comme celui des échanges culturels. Dans ce dernier domaine, la Corée du Sud est très dynamique ; elle exporte notamment avec succès ses produits culturels au niveau régional. Séoul a beaucoup misé sur la culture pour s'affirmer sur la scène internationale, mais au-delà des frontières asiatiques sa culture reste mal connue, en dehors de la K-Pop ou du cinéma. Les 150 manifestations organisées en France dans le cadre de l'année France-Corée jusqu'à fin 2016 permettront d'en découvrir toute la richesse.

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