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    Elections historiques en Birmanie

    media Tract de campagne de la LND d'Aung San Suu Kyi, le 5 novembre 2015 à Rangoon. REUTERS/Soe Zeya Tun

    Dimanche 8 novembre 32 millions d’électeurs birmans sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau Parlement, qui à son tour élira le président et les deux vice-présidents du pays. C'est la première fois depuis février 1960 qu'un scrutin démocratique est organisé dans le pays. Il s’agit d’une étape essentielle du processus de transition initié il y a quatre ans avec la dissolution de la junte militaire et l’arrivée du gouvernement civil de Thein Sein. Le scrutin suscite d’immenses attentes dans la population, et s’il ne s’annonce pas vraiment transparent, il représente indéniablement un progrès.

    La Birmanie, rappelons-le, a longtemps été l’une des pires dictatures au monde. Il y a cinq ans, le pays comptait encore 2 000 prisonniers politiques et la censure d’Etat était totale. La transition démocratique, amorcée en 2011, a levé la chape de plomb mais elle est loin d’être achevée : le pays reste contrôlé par les militaires qui occupent toujours un quart des sièges du Parlement, ou les anciens militaires comme le président Thein Sein lui-même. La population, et les jeunes tout particulièrement, attendent beaucoup du processus qui s’enclenche dimanche.

    En premier lieu et tout simplement, d’avoir un gouvernement issu d’un parlement démocratiquement élu. Le secrétaire général de l’association Generation Wave, qui milite pour les droits civils et politiques, Bo Bo, veut « tout changer » : « Nous voulons un gouvernement démocratique, nous voulons qu’à l’avenir notre système devienne une vraie démocratie. C'est-à-dire que les députés soient nos représentants, qu’ils ne soient élus par la fraude, la menace, ou nommés par l’armée. Une fois que ce sera le cas, il y aura beaucoup de changements à réaliser. Nous devrons réformer les lois sur l’éducation, réformer l’économie, et modifier la constitution pour parvenir à la réconciliation nationale et ramener la paix dans le pays. »

    Une bonne nouvelle pour la démocratie

    C’est la première fois depuis le début des années 60 qu’un transfert du pouvoir est sérieusement envisagé en Birmanie. En 1990, la victoire de la Ligue nationale pour la démocratie de l’opposante historique Aung San Suu Kyi avait été confisquée par les militaires, et cette dernière placée en résidence surveillée. La campagne électorale qui s’achève est donc en elle-même un progrès indéniable, estime Renaud Egreteau, chercheur au Wilson Center de Washington. « On constate depuis quelques semaines une atmosphère qui n’existait pas avant en Birmanie, qui est assez inédite. A part quelques cas de violences rapportés à Rangoun ou dans certaines zones très reculées, notamment dans l’Etat Kachin, cette campagne électorale a été une première depuis les années 60, qui tranche avec les précédents scrutins nationaux. Et elle s’est faite de façon relativement pacifique. Les Birmans sont donc en train de le faire l’apprentissage du processus électoral, c’est une bonne nouvelle. »

    De nombreuses irrégularités

    Pour autant, le scrutin de dimanche sera-t-il libre et équitable ? Non, estime le chercheur, comme la majorité des observateurs du pays et des ONG. Tout d’abord parce que plusieurs millions de personnes en sont exclues. Plus de 800 000 détenteurs de documents d’identité temporaires – dont une grande majorité de Rohingyas - qui n’ont plus le droit de vote depuis juin dernier ; des centaines de milliers de déplacés des conflits ethniques ; une immense partie de la diaspora qui compte deux millions de personnes. Enfin, le scrutin pourra être annulé dans les circonscriptions où la participation sera inférieure à 51%.

    L’indépendance de la Commission électorale est contestée, les règles électorales biaisées, et les irrégularités sont nombreuses. Bo Bo en sait quelque chose. « Sur les premières listes électorales j’étais inscrit normalement. Mais récemment je me suis aperçu que mon nom figurait deux fois, explique-t-il. Donc je peux aller voter, mais est-ce que quelqu’un d’autre n’ira pas aussi voter en mon nom ? Et je ne suis pas le seul à être dans ce cas. C’est source de confusion et de préoccupation. Il y a un autre problème, des personnes décédées figurent sur les listes. Or les morts ne peuvent pas voter n’est-ce pas ? Il est très important que ces élections soient libres et transparentes, mais nous doutons que ce soit le cas. » conclut-il.

    Vers une victoire de la LND ?

    L’opposante historique Aung San Suu Kyi a mené une campagne très active et elle espère une victoire éclatante. Mais Renaud Egreteau ne s’attend pas à un raz-de-marée de la LND. Le parti devrait remporter une majorité des sièges du parlement mais le vote pourrait être plus éclaté que prévu. La LND est notamment en concurrence avec de nombreux partis représentant les minorités ethniques. Et surtout, quel que soit le verdict des urnes, le chercheur souligne que le scrutin de dimanche n’est que le début d’un processus long, et incertain. « On ne sera pas véritablement plus avancé au lendemain des élections. Ce vote n’est que la première étape d’un processus qui va s’étaler sur plusieurs mois, jusqu’au printemps prochain. » En effet les nouveaux députés ne pourront pas siéger avant fin janvier. Ils devront élire les présidents des deux chambres du parlement, qui à leur tour éliront le Président et les deux vice-présidents.

    « Cette première étape est très médiatisée, avec la présence d’observateurs internationaux ce qui est une bonne nouvelle, se réjouit Renaud Egreteau. Mais les étapes suivantes seront beaucoup moins sous le feu des projecteurs. Or les processus de négociation, de marchandage politique seront beaucoup plus opaques, et ce qui se va dérouler risque très fortement de ne pas se passer de façon aussi pacifique et stable que jusqu’à présent. »

    92 partis ont présenté des candidats, dont plus de la moitié représentent les minorités. Les tractations s’annoncent en effet compliquées si le parti d’Aung San Suu Kyi ne remporte pas, seul, les deux tiers des sièges, c'est à dire le nombre nécessaire pour obtenir la majorité puisque 25% des députés sont toujours nommés par les militaires.

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