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    Asie-Pacifique

    Législatives en Birmanie: Aung San Suu Kyi veut incarner le changement

    media Aung San Suu Kyi, l'icône birmane de la démocratie, le 5 novembre 2015 à Rangoon. REUTERS/Jorge Silva

    Engagée dans la bataille des législatives qui se tiendront ce dimanche 8 novembre en Birmanie, Aung San Suu Kyi a mené une campagne très populaire, y compris dans des régions très reculées. A l’occasion de ce scrutin historique, la députée d’opposition, icône de la démocratie, entend mettre fin à un demi-siècle de domination de l’armée sur la scène politique. Mais ses adversaires du parti des anciens militaires, actuellement au pouvoir, n’ont pas un mauvais bilan.

    Son atout, c’est sa popularité. Pendant plus de deux mois, Aung San Suu Kyi a sillonné la Birmanie pour faire campagne en vue du scrutin législatif de ce dimanche. A chacun de ses discours prononcés en plein air, elle a attiré des milliers de partisans. « Madame Aung San Suu Kyi est la seule qui puisse changer les choses si elle accède au pouvoir, s’enthousiasme Ma Myo, une sympathisante. Elle ne pourrait pas faire de choses malhonnêtes. Son père a libéré le pays. Nous considérons qu’elle peut aussi libérer le pays de son joug. »

    Aung San Suu Kyi bénéficie naturellement d’un capital de confiance énorme en Birmanie. Elle est la fille du Général Aung San, le héros national, celui qui a négocié l’indépendance obtenue en 1948. Ses partisans estiment qu’elle peut faire vaciller l’armée qui a dirigé le pays pendant près de cinquante ans (1962-2011) et qui joue toujours un rôle de premier plan sous le gouvernement civil actuel.

    Ces dernières semaines, le siège de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), sa formation politique, a pris des allures de magasin. Des chauffeurs de taxis, des militants, des curieux y venaient tous les jours pour y acheter des porte-clefs, des autocollants, des drapeaux et des tee-shirts rouges, la couleur du parti. Beaucoup de rues de Rangoon, la plus grande ville du pays, se sont parées de rouge.

    « Je serai au-dessus du président »

    Aung San Suu Kyi indique vouloir former « un gouvernement de réconciliation nationale » sans en dire davantage. Interrogée sur sa politique économique, elle demande à ses interlocuteurs de consulter le manifeste édité par son parti, prétextant le manque de temps pour expliquer ses projets. Ce livret développe en un seul paragraphe le programme économique de la LND : rendre la politique fiscale plus transparente, garantir l’indépendance de la banque centrale, favoriser les investissements étrangers. La LND présente plus de mille candidats. « Ils parlent de leurs buts mais ils n’expliquent pas comment les atteindre, remarque Khin Ma Ma Myo, une analyste politique birmane. Certains intellectuels sont frustrés. Mais cela ne dissuade pas les gens ordinaires de soutenir la LND. »

    Aung San Suu Kyi sent la victoire à porter de main. « Si [des irrégularités dans l’élection] se produisent, il y a beaucoup de gens qui seront prêts à se plaindre », indique-t-elle, avec confiance. La lauréate du Prix Nobel de la Paix ne peut pas accéder à la présidence. La Constitution birmane interdit la fonction suprême à ceux qui ont des parents étrangers. Or, les deux fils d’Aung San Suu Kyi sont britanniques. Qu’importe, elle promet de gouverner. « Je serai au-dessus du Président », lance-t-elle avec arrogance.

    Face à la LND, le parti des anciens militaires, actuellement aux responsabilités, espère conserver le pouvoir. Il met en avant son bilan. « Nous avons changé d’un régime militaire à un gouvernement élu par le peuple, s’est félicité, fin octobre, le Président birman Thein Sein. Quels changements supplémentaires souhaitez-vous ? » L’USDP a développé économiquement le pays en attirant les investissements étrangers, aboli la censure dans la presse, autorisé les manifestations.

    Porte-à-porte et campagne muette

    Candidat USDP dans une circonscription de l’est de Rangoon, U Aung Thein Lin ne donne pas de discours publics à la manière d’Aung San Suu Kyi. Il privilégie le porte-à-porte. Accompagné d’une dizaine de collaboratrices vêtues de vert, la couleur du parti, l’ancien maire de Rangoon distribue des tracts dans le quartier numéro 10 de sa circonscription d’Okkalapa-Sud. La majorité des gens, des personnes âgées, acceptent ses brochures. Mais l’ancien brigadier-général, retraité de l’armée depuis 2003, n’engage jamais la conversation avec eux et la rencontre ne dure que quelques secondes.

    U Aung Thein Lin se flatte d’avoir fait rénover les rues de ce quartier de Rangoon. « J’ai demandé à la municipalité d’effectuer les travaux, indique-t-il. Le budget n’était pas suffisant. J’ai dépensé mon propre argent. »

    Ces changements matériels séduisent certains électeurs. Tun Tun, 46 ans, a pu acquérir un vélo-taxi pour 300 000 kyats (environ 220 euros) grâce à un prêt accordé par les autorités. Il a du travail tous les jours. « J’ai pu m’acheter un téléphone portable. Ce gouvernement est vraiment meilleur que le précédent », s’enthousiasme-t-il. Tun Tun votera pour l’USDP car son quotidien a changé. Et les efforts qu’Aung San Suu Kyi a déployés ces dernières années pour amender la Constitution et tenter de réduire l’influence des militaires sur la scène politique ne lui parlent guère. « Ce qu’elle a fait n’est pas visible », note-t-il.

    Aung San Suu Kyi, elle, veut apporter le « véritable changement ». C’est le slogan de sa campagne. « Une délégation étrangère m’a dit qu’il y a de l’amélioration en Birmanie car il y a plus de voitures dans les rues, se moque-t-elle. Cela ne veut pas dire que notre pays va mieux. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de changements superficiels. Nous voulons un changement qui profite au plus grand nombre. »

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