GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 25 Juin
Dimanche 26 Juin
Lundi 27 Juin
Mardi 28 Juin
Aujourd'hui
Jeudi 30 Juin
Vendredi 1 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Asie-Pacifique

    Corée du Sud: l’étrange mise en examen de l'ex-patron de KakaoTalk

    media Depuis que le gouvernement de Séoul est parti en guerre contre les fausses rumeurs qui circulent sur les messageries smartphones, les Sud-Coréens quittent en masse l'application KakaoTalk. CC

    Une grande controverse vient d’éclater après la mise en examen de l’ancien patron de Kakao, l’un des géants du net sud-coréen. L’homme est accusé de n’avoir pas pris des mesures suffisantes pour empêcher la diffusion de pornographie infantile sur la très populaire messagerie smartphone « Kakao Talk». Une accusation si inhabituelle que les observateurs y voient une mesure de représailles concernant un tout autre sujet.

    De notre correspondant à Séoul,

    Lee Sirgoo est accusé de n’avoir pas mis en place des mesures suffisantes pour bloquer les échanges de pornographie infantile dans les conversations privées qui se déroulent sur la messagerie KakaoTalk. Kakao Talk compte 37 millions d’internautes dans un pays de 50 millions de personnes. L’entreprise réplique à cette mise en examen en répondant qu’il est « impossible de surveiller chaque conversation, ce serait une violation de la vie privée des utilisateurs ». Kakao bloque déjà certaines conversations lorsque des mots-clés jugés licencieux sont détectés.

    Les entreprises du net sont en ébullition. C’est la première fois que le président d’un réseau social est inculpé pour des messages privés échangés par ses utilisateurs. Aucun autre site à part KakaoTalk n’est visé par les procureurs et Lee Sirgo n’est même plus président puisqu'il a démissionné en août ! Sa mise en examen est donc très étrange.

    Lee Sirgoo, victime de représailles

    Pour beaucoup d’observateurs sud-coréens, l’explication est à chercher ailleurs. En octobre 2014, Lee Sirgoo avait officiellement déclaré qu’il refuserait de livrer aux procureurs le contenu des conversations privées de Kakao Talk. Un acte de défiance très courageux, alors que le gouvernement sud-coréen est parti en campagne contre les « cyber-rumeurs » et la diffamation sur les réseaux sociaux.

    Pour beaucoup, Lee Sirgoo est aujourd’hui victime de représailles. D’autant plus que c’est lui qui est visé par la justice, et non pas son entreprise. Dans le quotidien Hankyoreh, un avocat déclare que sa mise en examen est « un message envoyé par les procureurs aux autres moteurs de recherche et entreprises du net : ceux qui refuseront de coopérer avec le gouvernement pourraient avoir les mêmes ennuis. »

    Bataille autour de la confidentialité des échanges

    L’affaire Kakao est donc un épisode de plus de la guerre que se livrent les gouvernements contre la protection de la vie privée en ligne, une bataille qui est déjà largement perdue en Corée ! Car Kakao a déjà plié. Le dirigeant qui a remplacé Lee Sirgoo a annoncé qu’il accepterait désormais les requêtes des procureurs pour donner le contenu des messages privés.

    Kakao se diversifie dans de nombreux secteurs, comme les appels aux taxis. Elle veut ouvrir une banque en ligne et a besoin des faveurs du gouvernement. Nombre d’internautes coréens désireux de protéger leur vie privée ont déjà choisi « d’émigrer » sur une autre plateforme : depuis l’année dernière, beaucoup utilisent Telegram, une messagerie allemande qui permet de crypter de façon sûre ses conversations.

    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.