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    Technologies

    Pakistan: 13 ans de prison pour des propos sur Facebook

    media Saqlain Haidar, 32 ans, gérant d'un petit hôtel au sud d'Islamabad, a également écopé d'une amende de 250.000 roupies (2.200 euros) pour avoir "mis en ligne des propos haineux visant les compagnons du prophète Mahomet sur Facebook. REUTERS/Dado Ruvic/Files

    Au Pakistan, un utilisateur de Facebook a été condamné, samedi 21 novembre, à 13 ans de prison. Officiellement, il était poursuivi pour avoir publié en octobre des propos haineux. La condamnation a été prononcée par un tribunal spécial anti-terroriste, une première qui inquiète.

    de notre correspondant à Islamabad, Michel Picard

    Jusqu’à présent au Pakistan, les poursuites contre des internautes relevaient des tribunaux classiques et les peines encourues étaient plutôt faibles. Cette fois, c’est la justice anti-terroriste dont les pouvoirs sont extrêmement étendus qui a été saisie de l’affaire. Elle concerne un homme de 32 ans, issu de la minorité chiite, qui aurait écrit des propos haineux sur l’idéologie majoritaire sunnite, des propos dont il est impossible de retrouver la trace.

    Le blasphème, un délit souvent utilisé par la justice pakistanaise

    Des membres des minorités religieuses, - chiites, ahmadis ou chrétiens-, sont régulièrement condamnés au Pakistan pour des faits de blasphème souvent utilisés pour faire pression dans des affaires en réalité totalement étrangères au blasphème, comme des problèmes de voisinage, une concurrence en affaire ou des tensions familiales. Cette fois le schéma est comparable mais l’accusation de propos haineux remplace celle de blasphème.

    Les compétences élargies des tribunaux anti-terroristes

    Les défenseurs des droits de l’homme et des libertés publiques ne cachent pas leur inquiétude. Ils évoquent une épée de Damoclès qui plane sur les internautes. Car cette affaire a changé les règles, selon Farad Demukh, de l’ONG de défense des droits de l'homme Bytes for All : « Il y a plusieurs aspects qui posent problème. D’abord, évidemment, le fait qu’un tribunal anti-terroriste condamne quelqu’un qui n’est impliqué dans aucun crime violent, mais dont la faute a été d’écrire sur internet. Voilà qui est préoccupant, tout comme la lourdeur et la rapidité de la condamnation, si on les compare à d’autres décisions de justice. Et il y a désormais un nouvel environnement dans lequel, sous prétexte de sécurité, la parole est limitée sur internet. A la lumière de cette affaire, les internautes vont réfléchir à deux fois à ce qu’ils mettent en ligne. »

    Une parole plus que libre sur les réseaux sociaux

    Bien sûr au Pakistan tout est surveillé. Mais la seule restriction d’internet est l’absence de YouTube. Jusque-là des propos tenus sur Facebook n’avaient pas de conséquences dans la vie quotidienne. Certains groupes, politiques ou religieux, interdits par les autorités occupent même une large place sur la toile. Et les attaques de Paris ont engendré des propos haineux contre la France et les Français, tenus en toute liberté.

    Nouvelle menace sur les internautes

    Mais la donne pourrait changer car le pouvoir en place vient de trouver, avec l’élargissement à internet des pouvoirs du tribunal anti-terroriste, un moyen de faire taire les voix dérangeantes. Pas sûr que les motifs haineux ou terroristes soient réels mais la menace qui pèse désormais sur les internautes est, elle, bien réelle. « Préparez-vous, commente un internaute sur les réseaux sociaux. Si c’est la nouvelle loi dans notre pays alors plus de la moitié de la population va se retrouver rapidement derrière les barreaux».

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