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    Asie-Pacifique

    Chine: cabale médiatique contre la journaliste Ursula Gauthier

    media Ursula Gauthier, photographiée en 2003 à Paris après l'obtention d'un des prix Louis Hachette, grâce à l'un de ses articles sur la Chine. AFP PHOTO ERIC FEFERBERG

    Ursula Gauthier, correspondante à Pékin pour l'hebdomadaire français L’Obs, est victime depuis deux semaines d’une campagne de diffamation et d’intimidation menée par plusieurs médias chinois. En cause, un article publié récemment, dans lequel la journaliste s’est penchée sur la politique antiterroriste menée par Pékin dans la région autonome du Xinjiang, peuplée de musulmans.

    C'est un article paru le 18 novembre dernier sur le site de L'Obs. Intitulé « Après les attentats, la solidarité de la Chine n'est pas sans arrière-pensées », la journaliste sinologue Ursula Gauthier s'intéresse à la réaction suscitée par les dernières attaques de Paris à Pékin. Notre consœur écrit notamment que la récente attaque d'une mine dans la région autonome du Xinjiang, peuplée de nombreux Ouïghours musulmans, n'était pas un attentat terroriste mais « une explosion de rage localisée ».

    Un véritable lynchage médiatique s’est organisé depuis autour de la notion de terrorisme. Cela a commencé par la publication d'éditoriaux incendiaires dans les journaux proches du pouvoir Global Times et China Daily. Ces éditoriaux, repris par de nombreux sites chinois d'information, ont généré plusieurs milliers de commentaires hostiles d'internautes chinois. Des photos de la journaliste ont circulé, des insultes également, tout comme l'appel à son expulsion du pays. Ursula Gauthier a même été menacée de mort, dit-elle.

    Un cap a été franchi mercredi 2 décembre, puisque le ministère des Affaires étrangères a accusé la journaliste d’avoir « diffamé les politiques chinoises ». « L'article a critiqué l'action antiterroriste de la Chine, a dénigré et diffamé les politiques chinoises (...), a provoqué une vive indignation du public chinois », énumère Mme Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, lors d'un point-presse habituel.

    Réaction de RSF sur les ondes de RFI

    Joint par RFI, le responsable du bureau Asie-Pacifique de l'ONG Reporters sans frontières Benjamin Ismaïl, nous livre sa réaction : « D'ordinaire si promptes à censurer la section des commentaires des sites d'information chinois, les autorités ont cette fois autorisé un déferlement de haine et d'agressivité à l'encontre de la journaliste afin de servir leur propre rhétorique », avait-il estimé mardi dans un communiqué

    « C’est assez inquiétant, explique M. Ismaïl à RFI, parce que cette déclaration vient directement du gouvernement chinois, et parce que ça pourrait être la première étape d’une poursuite en justice pour diffamation, tout simplement. Ursula Gauthier a publié un article dans lequel elle fait un rapprochement entre les condamnations par les officiels chinois des attentats de Paris et les arrières-pensées de ces mêmes officiels, qui en fait essaient aussi d’expliquer au monde qu’ils ont la même menace terroriste sur leur sol et qu’ils attendent de la communauté internationale les mêmes condamnations, quand des attentats sont commis au Xinjiang. »

    « Sur la base de cet article, le quotidien officiel du parti communiste, le Global Times, a publié un éditorial très virulent contre la journaliste. Il y a eu par la suite un déferlement de commentaires, de haine, de menaces de mort, d’appels à l’expulsion de la journaliste sur les réseaux sociaux. On est assez inquiets parce qu’elle pourrait directement faire l’objet d’une agression, d’une attaque physique, de représailles de la part d’éléments nationalistes. Parce qu’en fait, c’est sur ça que jouent les autorités et même la presse officielle chinoise, sur le sentiment nationaliste, pour déclencher ce déferlement de haine. »

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