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    La double nationalité des politiques cambodgiens sur la sellette

    media Le Premier ministre cambodgien Hun Sen, au pouvoir depuis plus de 30 ans, a annoncé la prochaine interdiction de vie politique pour ses concitoyens bi-nationaux, une attaque à peine déguisée contre Sam Rainsy, également français, actuellement en exil. Reuters

    Au Cambodge, le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis plus de trente ans, voudrait interdire aux chefs de partis et de certaines institutions d’avoir plusieurs nationalités. Il souhaite que cette mesure soit inscrite dans la loi sur les partis politiques et que les dirigeants de ces partis ne puissent plus échapper à des poursuites judiciaires en fuyant dans leur second pays d’adoption. Le dirigeant de l’opposition, Sam Rainsy, qui possède un passeport français et se trouve actuellement en exil, tomberait évidemment sous le coup de cette loi et serait ainsi entravé aux prochaines élections législatives en 2018.

    De notre correspondante à Phnom Penh, Anne-Laure Porée

    Le Premier ministre cambodgien a annoncé qu'il souhaitait interdire aux chefs de partis et de certaines institutions la double nationalité. Pour comprendre le message politique du Premier ministre Hun Sen, il faut savoir que Sam Rainsy, le chef de l’opposition, a régulièrement fait l’objet de poursuites judiciaires et a dû s’exiler quatre fois dans sa carrière politique. Il a bénéficié d’une grâce royale à deux reprises. Mais cette fois-ci, Hun Sen a annoncé qu’il ne demanderait pas de grâce pour son adversaire. Il a même promis de se couper la main s’il signait une telle requête.

    Fin de la «culture du dialogue»

    Depuis la fin novembre, Sam Rainsy est sous le coup d’un mandat d’arrêt pour une ancienne affaire de diffamation que tout le monde croyait amnistiée, et il est poursuivi pour complot, parce qu’a été publié sur son compte Facebook une fausse version d’un traité d’amitié entre le Cambodge et le Vietnam.
     
    Le contentieux entre les deux principaux partis cambodgiens vient des élections législatives de 2013. Le parti du Sauvetage national, soit l’opposition, avait alors obtenu les meilleurs résultats de son histoire. Il avait revendiqué la victoire aux élections, dénoncé des fraudes puis boycotté l’Assemblée nationale. La crise politique s’était résolue par la fin du boycott puis un engagement, des deux côtés, dans ce qu’ils ont appelé la « culture du dialogue ». Beaucoup de Cambodgiens y voyaient le signe d’un changement dans un mode de gouvernement qu’ils jugeaient autoritaire. Le symbole de cette culture du dialogue, c’est le selfie que Hun Sen et Sam Rainsy ont diffusé après un dîner réunissant leurs familles respectives. Mais cette culture du dialogue n’a duré que quelques semaines.

    Une dérive autoritaire dénoncée

    Aujourd’hui, certaines diplomaties, des analystes politiques et des organisations de défense des droits de l’Homme s’inquiètent du raidissement du pouvoir et de ses méthodes qu’ils jugent répressives, anticonstitutionnelles et destinées à orchestrer le maintien de Hun Sen à la tête du pays. Ce dernier a d’ailleurs déclaré qu’il resterait au pouvoir.
     
    Les actions et les discours de l’opposition accusant le Vietnam voisin d’empiéter sur le territoire national ont relancé les tensions. Il y a eu des violences à la frontière, des accusations réciproques de travailler sur de mauvaises cartes géographiques, des arrestations. Ce problème d’empiètement est régulièrement traité par les journaux. L’enquête publiée dans le Cambodia Daily la semaine dernière en est le témoignage le plus récent. Elle montre que 40 000 hectares de terres ont été accordés dans le nord-est du pays sous forme de concession économique à des entreprises qui, en réalité, sont sous contrôle de l’armée vietnamienne.

    Le 25 décembre, Sam Rainsy citait cette enquête pour condamner une atteinte à la souveraineté du Cambodge. Après avoir inauguré deux bornes frontalières dans cette zone, il semblerait que le Premier ministre ait décidé de répondre au nationalisme de l’opposition en défiant ses dirigeants sur la question de leur bi-nationalité, donc sur leur propre sentiment national.

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