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    Asie-Pacifique

    Corée du Nord: épouvantail nucléaire ou vraie menace?

    media Photo non datée du leader nord-coréen Kim Jong-un en visite d'inspection dans un centre militaire. Reuters

    La Corée du Nord a procédé mercredi 6 janvier à son quatrième essai nucléaire. Derrière les rodomontades habituelles (bombe thermonucléaire à l’hydrogène ou « simple » engin au plutonium ?), les capacités nucléaires du régime progressent inexorablement.

    De notre correspondant à Séoul

    Sur la péninsule coréenne, le scénario ne surprend plus personne : la Corée du Nord annonce triomphalement un essai nucléaire – ou un tir de missile. Les condamnations internationales outrées pleuvent. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence. De nouvelles sanctions s’empilent sur les précédentes - sans plus d’effet. La presse internationale s’inquiète des « provocations » d’un régime « imprévisible » ou « irrationnel ». Puis les tensions retombent… jusqu’à la prochaine crise.

    Irrationnelle, la Corée du Nord ? Au contraire. Les élites au pouvoir à Pyongyang savent parfaitement brandir, avec un art consommé du timing et de la mise en scène, leur carte nucléaire considérée comme leur meilleure chance de survie. On se souvient de la visite en novembre 2010 du scientifique américain Siegfried Hacker, invité à admirer les centrifugeuses d’uranium de la centrale de Yongbyon. De la presse internationale venue à Pyongyang assister au tir - raté - de la fusée (ou missile balistique, c’est selon) Unha-3 en avril 2012. Ou encore des images spectaculaires de la destruction de la tour de refroidissement de Yongbyon en juin 2008, conséquence d’un éphémère accord de dénucléarisation avec les Etats-Unis.

    Dans ce grand théâtre nucléaire, Pyongyang n’hésite pas à recourir au bluff : la prétendue « bombe H » de mercredi n’en était pas une, selon les premières mesures sismiques de la puissance de l’explosion. Les ingénieurs nord-coréens ne sont sans doute pas capables de maîtriser l’étape cruciale de la miniaturisation d’une ogive nucléaire, en dépit de ce que proclame avec insistance la propagande. La fameuse photo d’un tir de missile balistique depuis un sous-marin, en mai 2015, était truquée.

    La dissuasion nucléaire, instrument de légitimité du pouvoir

    Pourtant, derrière les rodomontades, la menace n’est reste pas moins réelle. Le programme nucléaire et balistique nord-coréen progresse, essai après essai, tout juste ralenti par les sanctions. Si le régime n’est pas encore capable de mettre à feu un missile intercontinental équipé d’une ogive, ses ingénieurs ont déjà fait la preuve de leurs capacités techniques. En réussissant par exemple la première mise en orbite d’un satellite en décembre 2012.

    Les sanctions toujours plus lourdes sont incapables d’entamer la détermination de Pyongyang à devenir une puissance nucléaire. L’héritier de la dynastie au pouvoir, Kim Jong-un, y voit le meilleur moyen d’éviter un sort similaire à celui du dirigeant libyen Kadhafi, qui avait accepté de renoncer à l’atome… avant d’être attaqué par une coalition internationale quelques années plus tard. Autre avertissement plus récent : l’Ukraine, qui à la fin de la Guerre froide avait abandonné ses bombes héritées de l’URSS en échange de promesses de sécurité qui n’ont pas été tenues lors de l’annexion de la Crimée.

    La possession de la dissuasion nucléaire, inscrite dans la Constitution nord-coréenne en mai 2012, est même devenue un élément central de la légitimité des dirigeants. Kim Jong-il avait obtenu la bombe A ; son fils Kim Jong-un se pose en digne successeur en prétendant posséder la bombe H. Un succès - certes exagéré - qui lui permettra d’aborder en force le 7e Congrès de son Parti des Travailleurs en mai, le premier depuis 36 ans.

    La Chine redoute un effondrement du voisin et allié

    Au Nord, l’atome confère du prestige : « les citoyens nord-coréens, en particulier à Pyongyang, en sont fiers : après l’essai nucléaire de 2013, de nombreux bureaux ont fermé plus tôt pour fêter l’évènement avec de copieux montants de nourriture, de soju, et de bière », raconte ainsi le spécialiste Andray Abrahamian, visiteur régulier de la capitale nord-coréenne.

    Kim Jong-un, qui multiplie les purges pour assoir son pouvoir depuis quatre ans, a trop lié son image au nucléaire pour que des sanctions - ou d’incertaines négociations - lui fassent changer d’avis. A cela s’ajoute la réticence du grand allié chinois à imposer un véritable embargo économique, comme celui qui avait poussé l’Iran à négocier avec Washington : Pékin, même en froid avec Pyongyang, considère qu’un effondrement de son voisin (aux désagréables conséquences stratégiques et humanitaires) est pire que sa nucléarisation. La Chine maintient donc ses échanges commerciaux (matières premières, notamment) vitaux pour l’économie nord-coréenne.

    Un horizon bouché

    Si les sanctions votées à l’ONU ne fonctionnent pas, quelle réponse apporter aux ambitions nucléaires de Pyongyang ? La « patience stratégique » du président américain Barack Obama - refus de toute négociation tant que le régime ne fera pas de geste concret de dénucléarisation - est un échec cinglant. Trois des quatre essais nucléaires ont eu lieu sous sa présidence. Les Etats-Unis s’accommodent d’ailleurs sans trop de mal de tensions qui leur permettent de justifier leur présence militaire massive en Corée du Sud et au Japon.

    Côté sud-coréen, les anciennes politiques d’ouverture et d’engagement entreprises lors de la décennie de présidents progressistes (1998-2008) n’ont permis que de gagner du temps. La « trustpolitik » actuelle de la présidente Park Geun-hye, mélange confus de fermeté et de main tendue, est trop vague pour persuader les dirigeants nord-coréens.

    Quant à la possibilité souvent évoquée d’un effondrement du régime en raison de ses luttes internes, elle apparait de moins en moins probable. « Le seul espoir serait de reprendre des négociations dont l’objectif officiel serait une dénucléarisation à long terme mais qui en réalité se limiteraient à geler en l’état le programme nucléaire nord-coréen », propose Andrei Lankov, professeur à l’Université Kookmin à Séoul. Mais un tel arrangement serait inacceptable pour les Etats-Unis. Le théâtre nucléaire nord-coréen n’est pas près de fermer ses portes.

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