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    Asie-Pacifique

    Quel avenir pour Taiwan?

    media Les 3 candidats à l'élection présidentielle 2016 à Taiwan, avant leur débat télévisé le 27 décembre 2015 à Taipei. REUTERS/Chuck Chen/Pool

    Un bref rappel historique s’impose pour comprendre les enjeux de l’élection présidentielle du 16 janvier prochain à Taiwan. Le problème de l'île se pose depuis la fondation, en 1949, de la République populaire de Chine. Les forces de Tchang Kaï-chek se réfugient à Taiwan après leur défaite face aux communistes, et la flotte américaine empêche que les troupes de ces derniers ne les y poursuivent.

    Cette île subtropicale, que les Portugais avaient dénommée Formose, ne fut peuplée de Chinois qu’à partir du XVIIe siècle. Elle fut conquise par les Japonais en 1895 après leur première guerre contre la Chine (qui dut également abandonner alors à l’empire nippon la Corée).

    L’île fut rattachée à la Chine en 1945, mais une grande partie de la population autochtone se révolta deux ans plus tard contre les autorités chinoises qui, en retour, exercèrent une forte répression.

    En 1949, quelque deux millions de partisans de Tchang Kaï-chek s’y installent, et c’est dans la ville de Taipei que fut provisoirement établie la capitale de la République de Chine, considérée au plan international et à l’ONU (jusqu’en 1971) comme le seul Etat chinois légitime. Les Etats-Unis apportèrent à Taiwan leur protection militaire et une très importante aide financière.

    Le rapprochement des Etats-Unis et de la Chine populaire a conduit ceux-ci à une politique très complexe à l’égard de l’île. Washington a bien évidemment reconnu la République populaire de Chine et a ouvertement rompu ses relations diplomatiques officielles avec le gouvernement de Taipei, mais sans pour autant cesser ses relations économiques et militaires. A chaque fois que les dirigeants de Pékin font des déclarations agressives à l’égard du gouvernement taiwanais, les porte-avions américains prennent position dans le détroit de Taiwan.

    Aujourd’hui, un grand nombre de Taiwanais souhaite rompre définitivement les ponts avec la Chine continentale. Ce projet, qui n’est évidemment pas du goût des dirigeants de Pékin, s’inscrit dans le cadre d’un développement très important des relations et des échanges entre populations chinoises et taiwanaises à tous les niveaux : étudiants, touristes, paysans, hommes d’affaires, universitaires, diplomates et militaires à la retraite, hommes politiques.

    Rapprochement par la séduction

    Aujourd’hui, la stratégie de communication de Pékin à l’égard de Taiwan est une stratégie de rapprochement par la séduction davantage que par la confrontation sur fond d’objectif inchangé : la réunification. Exemples d’intensification du rapprochement entre l’île et la Chine populaire : les connexions aériennes. Près de 850 vols directs hebdomadaires, alors qu’il n’y en avait aucun il y a dix ans. La Chine continentale absorbe 39% des exportations taiwanaises pour des échanges évalués à 130 milliards de dollars en 2014. C’est dire si le sort de Taiwan est lié à celui de la Chine continentale. C’est dire aussi combien le ralentissement économique du continent peut peser sur l’île.

    Pékin fait de la question du rattachement de Taiwan à l’ensemble continental une question centrale. L’exemple de Hong Kong est vu à Taipei comme une sonnette d’alarme. La main de Pékin y est de plus en plus lourde malgré les promesses de maintien des libertés faites lors du rattachement de l’île à la République populaire en 1997.

    Isolée politiquement et diplomatiquement

    Avec sa monnaie, son Parlement, son système judiciaire et sa Constitution, Taiwan fait valoir qu’elle est un Etat quand son voisin en fait une de ses provinces. Non reconnue par les Nations unies à l’instar de la quasi-totalité des pays du monde - seules 22 chancelleries lui sont restées fidèles, dont le Vatican -, Taipei est une capitale isolée politiquement et diplomatiquement. Elle n’a pas été conviée à la Conférence de Paris sur le climat. Egalement économiquement. Taiwan est ainsi bloquée avec ses voisins, ne pouvant envisager une intégration économique régionale. Non membre de l’Asean, cet ancien dragon asiatique est tenu à l’écart des accords de libre-échange. Taipei est restée à la porte de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures récemment lancée à l’initiative de la Chine, faute de nom « approprié ».

    L’île finira-t-elle tôt ou tard par retourner dans le giron de Pékin ? Nombreux sont les analystes politiques qui le pensent. C’est tout l’enjeu de l’élection présidentielle. Son résultat vaudra raidissement de Pékin ou poursuite de la politique actuelle. Et, avec elle, une accélération du compte à rebours.

    Pour en savoir plus :

    L'émission Géopolitique, le débat, dimanche 10 janvier 2016 à 18h10 TU.

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