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    Asie-Pacifique

    Patrimoine culturel immatériel: les Coréens avant-gardistes

    media Le Centre national du patrimoine intangible («NIHC - National Intangible Heritage Center»), à Jeonju, en Corée du Sud. Kèoprasith Souvannavong / RFI

    La Corée du Sud détient un riche patrimoine culturel immatériel (PCI) dans des domaines variés comme les arts musicaux, culinaires ou martiaux. Un héritage qu’elle sauvegarde, valorise et promeut dans le monde depuis les années 1960, en y consacrant de grands moyens, comme en témoigne son impressionnant Centre national du patrimoine intangible, à Jeonju, dans le sud du pays. « Même l’Unesco vient nous consulter pour notre expertise », confie son directeur, Choi Maeng-sik. Entretien.

    RFI : La Corée du Sud ne recule devant rien pour la défense et l’illustration de ses trésors culturels. Pour preuve, le gigantisme du site qui abrite le Centre national du patrimoine intangible que vous dirigez, alors que dans certains pays, seulement quelques bureaux sont dédiés à la préservation et à la mise en valeur du patrimoine culturel immatériel (PCI). Pouvez-vous nous décrire ce Centre ?

    Choi Maeng-sik : Ce site est moderne et il couvre une superficie de 60 000 mètres carrés, dont 30 000 sont occupés par sept bâtiments. Le premier bâtiment date de 2003, la construction du reste des édifices a été achevée le 1er octobre 2014.

    L’ensemble relève d’une conception architecturale très fonctionnelle. Chaque bâtiment a une attribution particulière. L’un est destiné aux fonctionnaires chargés d’étudier des projets et d’accorder des subventions. Un autre comprend deux salles de spectacle pouvant accueillir respectivement 360 et 160 personnes. Un troisième sert de lieu d’expositions où les visiteurs peuvent acheter ou commander des objets artisanaux. Un autre encore fait office d’espace de formation au PCI, etc.

    En tout, quatre-vingt-onze personnes travaillent sur le site : quarante fonctionnaires, et les autres sont régisseurs, techniciens, guides…

    Votre Centre propose des activités diverses allant de la sensibilisation à la transmission du PCI, en passant par la recherche. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    Nos activités reposent sur deux grands axes. Tout d’abord, œuvrer pour que le PCI ne tombe pas dans les oubliettes. Tel est l’objectif principal de notre Centre qui, pour mener à bien sa mission, dispose d’un budget annuel de 8 millions d’euros, alloués par l’Etat. Le deuxième axe est lié au premier : organiser différentes manifestations pour promouvoir le PCI.

    Autre aspect primordial : la transmission du savoir du maître aux disciples, par le biais de la formation. […] La rencontre entre les artistes et le grand public est aussi importante. Nous organisons des spectacles presque toutes les fins de semaine autour du PCI. Ces spectacles ne sont pas uniquement coréens. Ainsi, fin 2015, nous avions invité un groupe de flamenco ; puis quelques musiciens portugais pour faire découvrir le fado à ceux qui ne le connaissent pas.

    Choi Maeng-sik, directeur du Centre national du patrimoine intangible, à Jeonju, en Corée du Sud. Kèoprasith Souvannavong / RFI

    Le PCI englobe différents domaines comme la danse avec le ganggansullae, l’opéra coréen avec le pansori, le chant traditionnel et folklorique avec l’arirang, mais aussi les vêtements, les instruments de musique, les meubles. Quels sont les autres domaines couverts ?

    Jusqu’à présent, en Corée, le PCI recouvre principalement la danse, le chant, la musique et les objets artisanaux. Mais à partir du 1er mars 2016, nous allons ajouter à notre liste nationale d’autres éléments. Par exemple, la médecine traditionnelle dont certaines recettes remontent à trois mille ans ! Des remèdes très utilisés encore aujourd’hui.

    D’ailleurs, l’Unesco [Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture] met l’accent sur cette dimension. Le PCI ne doit pas être empaillé, il doit plutôt être vivant, lié à notre vie quotidienne. Le PCI est un héritage qui fait partie du passé, du présent mais aussi de l’avenir.

    L’Unesco n’a-t-elle pas, en outre, envoyé des représentants pour venir vous consulter pour votre savoir-faire ?

    C’est exact. En Corée, nous préservons et transmettons notre PCI depuis 1962. L’Unesco, elle, a voulu protéger les PCI dans le monde, dix ans après nous. Ses émissaires venaient donc souvent en Corée nous demander des conseils. Aujourd’hui, les rôles sont inversés car l’Unesco, en tant qu’organisation internationale, a une plus grande influence au niveau mondial.

    Qu’en est-il de la coopération avec la France ?

    A l’occasion de la commémoration du 130e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Corée et la France, nous avons décidé de développer nos échanges avec le Centre français du patrimoine culturel immatériel (CFPCI) de Vitré, en Bretagne. [Le début des relations diplomatiques franco-coréennes date du 4 juin 1886, jour de la signature d’un traité d’amitié, de commerce et de navigation entre les deux pays, NDLR]

    Nous comptons aussi inviter chez nous les organisateurs de fest-noz et exposer des matériaux et accessoires liés à ce rassemblement festif autour de la pratique collective des danses traditionnelles de Bretagne.

    Pourquoi la ville de Jeonju a-t-elle été choisie pour accueillir le Centre national du patrimoine intangible coréen ?

    Cette ville est considérée depuis toujours comme une région phare pour les arts, la culture et la tradition coréennes. Elle est très dynamique dans ces domaines et aussi pour les échanges entre les artistes et le public, et entre les artistes eux-mêmes.

    Séoul est la capitale politique, administrative et économique. Où se situe aujourd’hui la capitale culturelle de la Corée ?

    Séoul est bel et bien notre capitale culturelle et artistique puisque c’est là que se trouvent les grands musées. Mais s’agissant des arts typiquement coréens, quand j’étais petit, même à l’école primaire, on m’a toujours dit que Jeonju est le véritable centre de la Corée pour la culture et les arts. Donc selon moi, Jeonju est bien la capitale de la culture et la tradition artistique.

    A (re)lire aussi :

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