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    Asie-Pacifique

    Taïwan: «la nouvelle Angela Merkel de l’Asie» face à Pékin

    media La nouvelle présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen. REUTERS/Damir Sagolj

    Taïwan a élu sa première femme présidente hier, samedi 16 janvier : Tsai Ing-wen, issue de l’opposition démocrate progressiste a réussi son pari de rassembler une nette majorité sur sa politique plus réservée vis-à-vis de Pékin. Un camouflet historique pour les nationalistes du Kuomintang (KMT).

    Avec notre envoyée spéciale à Taïwan, Heike Schmidt

    Désormais, la couleur politique de l’île n’est plus le bleu des nationalistes mais le vert du Parti démocrate progressiste (PDP). Selon la commission électorale, Mme Tsai, du PDP, a remporté 56,12% des voix contre 31,04% pour Eric Chu, dont le KMT enregistre une déroute historique.

    Pour la première fois dans l’histoire de l’île, l’opposition entrera non seulement au palais présidentiel mais tiendra aussi la majorité absolue au Yuan législatif, le Parlement. Sur la totalité des 113 sièges, le parti démocrate progressiste recueille 68 sièges alors que seulement 35 vont au Kuomintang.

    Timide et déterminée

    Tsai, surnommée « la nouvelle Angela Merkel de l’Asie » qu’on dit timide mais déterminée aura les coudées franches pour mener une politique plus musclée vis-à-vis de la Chine. La petite île qui se trouve à seulement 180 km des côtes chinoises ne veut pas se laisser intimider par son grand voisin. Les électeurs l’ont prouvé avec leur vote.

    Cette jeune démocratie prend désormais ses distances avec la Chine, malgré les avertissements et les 1 600 missiles que la Chine pointe sur ce bout de terre qu’elle appelle son « île rebelle ». Pas question pour autant de couper les ponts avec Pékin ; aujourd’hui, 40% des exportations vont vers la Chine le partenaire commercial numéro un de Taïwan.

    La joie à Taipei

    Plus de 20 000 partisans ont illuminé le ciel de Taipei avec leurs portables pour saluer la victoire de Tsai Ying-wen. Au milieu d’une mer de drapeaux blancs, Ling Yiwen est enthousiaste et émue de voir son pays changer de direction politique : « Je suis très excitée et très fière d’être Taïwanaise ce soir. Taïwan est un pays multiculturel, et j’espère qu’à l’avenir, le drapeau taïwanais puisse flotter partout dans le monde. Nous ne devons plus avoir peur de la Chine, car nous avons la force de Tsai Ing-wen et le soutien de tous les Taïwanais. »

    Chen Guanyi, déçu par le président sortant Ma Ying-jeou, mise lui aussi sur la nouvelle présidente : « Le sortant a mis tous ses œufs dans le même panier. Sa seule politique économique a été de rapprocher Taïwan de la Chine. Par ailleurs, lors de chacune de nos élections, la Chine a pu se rendre compte que nous sommes une vraie démocratie. Mon souhait serait que la Chine puisse elle aussi devenir démocratique. » Pékin ne partage pas le même souhait, d’ailleurs sur la Toile chinoise, les autorités ont censuré les images de cette fête électorale à Taipei.

    L'émotion d'une supportrice du PDP, le 16 janvier 2016. REUTERS/Olivia Harris

    Personne n'a intérêt à déstabiliser la région

    Selon Stéphane Corcuff, chercheur au CEFC et directeur de son antenne à Taipei la réaction de la Chine a cependant de grandes chances de rester modérée dans un premier temps : « La Chine a tout intérêt à ingérer une présidente taiwanaise modérée de façon modérée parce qu'il n’est dans l’intérêt de personne et certainement pas de la future présidente Tsai Ing-wen de déstabiliser les relations dans le détroit. »

    « Donc, poursuit Stéphane Corcuff, ce n’est pas vers Taïwan qu’il faut regarder les sources d’une déstabilisation à venir. C’est plutôt du côté de la Chine qu’il faut aller chercher. Très peu de temps après son arrivée au pouvoir, Xi Jinping a commencé à prendre le dossier taiwanais à bras le corps. […] Une avancée majeure sur ce dossier lui servirait énormément. »

    « Il n'y a qu'une seule Chine au monde »

    « Les Taïwanais ont choisi Tsai Ying-wen, pas l'indépendance », titre ce matin le Global Times, écrit notre correspondante en Chine, Delphine Sureau. Comme pour rassurer et minimiser la portée de cette élection, le quotidien contrôlé par le parti communiste rappelle la prudence de la nouvelle présidente lors de sa campagne, son positionnement en faveur du statu quo. Le journal avertit : l'indépendance est un scénario impossible.

    C'est ce que le ministère chinois des Affaires étrangères a rappelé tard hier soir : « Il n'y a qu'une seule Chine au monde, qui regroupe le continent et Taïwan », a déclaré Hong Lei, son porte-parole. Le gouvernement chinois « s'oppose » à toute forme d'indépendance, dit-il.

    Deux mois après la poignée de main historique entre Xi Jinping, et le président sortant, Ma Ying-jeou, Pékin craint que ce rapprochement soit remis en cause. Le gouvernement chinois espère toujours récupérer Taïwan, s'il le faut par la force. Les autorités ont donc opté pour la censure afin de minimiser la couverture de la victoire du Parti démocratique progressiste. L'objectif est d'empêcher les internautes de réagir et de débattre. Sur Weibo, le twitter chinois, les recherches concernant Tsai Ing-wei sont bloquées.

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