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    Asie-Pacifique

    La spectaculaire montée en puissance des relations Paris-New Delhi

    media Le président français François Hollande, lors de la réception solennelle sur le parvis du Palais présidentiel Rashtrapati Bhavan, à New Delhi, en Inde, le 25 Janvier 2016. REUTERS/Adnan Abidi

    Le président François Hollande est actuellement en visite d’Etat en Inde pour donner une nouvelle impulsion au partenariat diplomatique et économique avec cet autre géant d'Asie.La France qui bénéficie d’un capital de sympathie auprès des décideurs indiens, se situe parmi les trois premiers investisseurs étrangers en Inde. La finalisation des négociations politiques relatives à la vente de 36 avions de combats français Rafale, survenue lundi matin, témoigne de la solidité des liens entre les deux pays.

    Le président François Hollande est arrivé dimanche le 24 janvier en Inde pour une visite d’Etat de trois jours. Avec en point d’orgue sa participation en tant qu’invité d’honneur à la parade militaire du 26 janvier à New Delhi qui commémore l’anniversaire de l’entrée en vigueur de la Constitution indienne en 1950. Pour la première fois, des militaires étrangers, en l’occurrence des militaires du 35e régiment d’infanterie de la 7e brigade blindée française, ont été invités à défiler sur le sol indien à l’occasion de la « Republic Day », équivalente du 14 juillet en France.

    La décision d’accorder cet honneur inédit à l’armée française, tout comme la décision d’inviter le président Hollande à ce défilé commémoratif, aurait été prise au lendemain des attaques terroristes de Paris, le 13 novembre. Ces attaques qui ont rappelé aux Indiens les tueries aveugles perpétrées par des terroristes sur leur sol en novembre 2008, avaient bouleversé l’Inde entière. En recevant le chef de l’Etat français et son armée à l’occasion des cérémonies du 26 janvier, les autorités de New Delhi rendent hommage à la résilience des Français, tout en rappelant que l’Inde et la France étaient « victimes du même terrorisme », comme l’avait déclaré le Premier ministre indien Narendra Modi, lors de son passage à Paris, trois mois après les attentats de Charlie Hebdo.

    Un approfondissement des relations

    François Hollande s’était déjà rendu en Inde en février 2013. Cette première visite effectuée dès les premiers mois de l’élection du président socialiste en dit long sur l’importance grandissante de la troisième économie de l’Asie dans la politique étrangère française. Cette deuxième visite du président Hollande s’inscrit, elle aussi, dans la logique des relations bilatérales franco-indiennes et dans le cadre plus général de la montée en puissance de l’Inde.

    L’Inde s’est ouverte au monde en 1991 avec, d’une part, la diversification de ses relations extérieures suite à la chute de son principal allié l’Union soviétique et la libéralisation, d’autre part, de son économie qui a été pendnat longtemps sous le contrôle de l'Etat et protectionniste. En l’espace de deux décennies qui ont suivi les réformes engagées, l’Inde s’est hissée au rang des grandes puissances économiques mondiales et l'une des principales destinations des investissements étrangers, derrière la Chine.

    L’arrivée au pouvoir en 2014 de Narendra Modi, homme politique volontariste qui jouit  d’une majorité forte au parlement à la différence de ses prédécesseurs, a donné une

    Le Premier ministre indien Narendra Modi. Reuters/Stringer/Files

    nouvelle impulsion au développement de l’Inde, en affirmant avec plus de fermeté ses ambitions économiques et politiques dans un monde devenu désormais multilatéral. « Mon but est de faire de l’Inde une nation moderne et d’éliminer totalement la pauvreté en une génération », aime répéter le Premier ministre indien. Il sait aussi que la réalisation de son ambition passe par l’insertion de son pays dans l’économie mondiale. Aussi s’est-il transformé depuis son élection en un super-VRP vendant l’Inde comme destination riche en potentiels aux investisseurs étrangers. En dix-neuf mois de pouvoir, l’homme a effectué trente-trois déplacements à l’étranger, tout en poussant sa majorité à faire passer des lois réformant en profondeur l’économie.

    Cet hyperactivisme diplomatique et législatif, adossé à des programmes de communication tels que « Make in India » qui vantent les vertus de ce grand pays émergent comme plate-forme manufacturière, rencontre un certain succès, comme l’atteste le rang grossissant des entreprises étrangères en Inde. Selon les statistiques du gouvernement indien, au cours du premier semestre 2015 seulement, les investissements étrangers se sont élevés à quelque 30 milliards de dollars, soit le double du montant enregistré sur la même période de l’année précédente. Cette montée spectaculaire des investissements étrangers s’explique par le relèvement des seuils de participation autorisés dans nombreux secteurs, mais aussi par la bonne santé de l’économie indienne dont la croissance devrait atteindre, selon le FMI, 7,5% au cours de l’année fiscale, supplantant la Chine.

    Un climat d’affaires favorable à la France

    C’est dans ce pays en plein essor économique qu’a débarqué dimanche le président Hollande. Un essor dont profite la France qui se situe parmi les 3 premiers investisseurs étrangers en Inde. Avec plus de mille entreprises hexagonales implantées dans ce pays dont Alsthom, Airbus, Alcatel, BNP Paribas, L'Oréal, Louis Vuitton, Cap Gemini, pour ne citer que ceux-là, le stock d’investissement français s’élève à environ 20 milliards d’euros. Le total des échanges commerciaux s’élève, pour sa part, à 7,9 milliards d’euros.

    Si la France n'est encore que le 29ème fournisseur de l'Inde et son cinquième partenaire européen, derrière la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique, il existe indéniablement dans ce pays un climat d’affaires favorable à l’hexagone, surtout depuis le refus de Jacques Chirac en 1998 d’approuver les sanctions prises à l’encontre de New Delhi suite à ses essais nucléaires. Le président Chirac avait su profiter de ce capital de sympathie pour lancer à l'époque un partenariat stratégique qui a renforcé, depuis, les liens entre les deux pays, dans des domaines aussi divers que développement urbain durable, nucléaire civil, défense, espace, télécommunications, environnement, éducation et recherche.

    François Hollande qui est arrivé en Inde accompagné d’une cinquantaine de dirigeants d’entreprises et de cinq ministres, mise sur ce climat d’affaires favorable à la France pour faire avancer les négociations en cours sur les projets de coopération entre les deux pays. Dans la besace présidentielle, le dossier de la vente des avions de combat français Rafale qui traîne depuis bientôt dix ans. La proposition initiale qui portait sur l’achat de 126 chasseurs dont 18 à livrer clés en main par le constructeur Dassault Aviation et les autres à monter en Inde, a été abandonnée en avril dernier lors de la visite en France du Premier ministre Modi. Elle a été remplacée par une commande pour 36 avions fabriqués en France et à livrer rapidement afin de renouveler la flotte de l’armée de l’air indienne. Il y a des chances que les négociations qui sont à « un stade avance » suite à la signature d'un accord gouvernemental pendnat la visite présidnetielle, soient débloquées rapidement. Le président de Dassault Aviation Eric Trappier qui fait partie du cortège présidentiel à Delhi, espère finaliser le volet financier de l'accord « sous quatre semaines ».

    Le président français Hollande et le Premier ministre Modi, le 25 janvier à la Hyderabad House à New Delhi REUTERS/Adnan Abidi

    Parmi les autres dossiers de coopération en négociation entre l’Inde et la France, figurent en bonne place le projet de modernisation des infrastructures urbaines dans le cadre du programme des « smart cities » ou villes intelligentes, la construction par Areva sur la côte occidentale de l’Inde d’une centrale nucléaire dotée de six réacteurs EPR et pour laquelle un accord-cadre a été signé en 2010, la construction d’une voie ferrée adaptée aux trains à grande vitesse reliant Chandigarh et New Delhi. Enfin, comme prévu, le président Hollande et l'Indien Narendra Modi ont inauguré le lundi 25 janvier, dans la banlieue de New Delhi, le siège de l’Alliance solaire internationale, un collectif des pays à fort ensoleillement. Ce projet lancé conjointement par l’Inde et la France lors du récent Sommet de l’environnement à Paris (COP 21) a pour objectif de favoriser les investissements dans les pays du Sud pour faciliter l’accès de ces derniers à l’énergie solaire.

    Ces projets de grande envergure qui réunissent aujourd’hui l’Inde et la France témoignent du désir partagé des deux pays de porter ensemble ce que le président Hollande a qualifié de « partenariat exceptionnel ».

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