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    Asie-Pacifique

    Rentrée parlementaire en Birmanie: le saut dans l’inconnu

    media La leader de la la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) Aung San Suu Kyi à son arrivée au Parlement, à Naypyitaw, la capitale birmane, le 28 janvier 2016. REUTERS/Soe Zeya Tun

    Largement victorieuse aux élections législatives de novembre dernier, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) n’a pas détaillé son programme pour les cinq prochaines années. La direction gère les affaires du parti pro-démocratique de manière secrète et autoritaire.

    De notre correspondant à Rangoon,

    Elle veut faire la paix, instaurer la démocratie, lutter contre la corruption et développer économiquement le pays. Mis à part ces grands objectifs consensuels, la dirigeante de la LND Aung San Suu Kyi n’a pas expliqué davantage ses intentions ni sa méthode. « La transition politique est très délicate, justifie le porte-parole de son parti, U Nyan Win. Nous avons peur de l’expérience de 1990 quand les militaires ne nous ont pas remis le pouvoir alors que nous avions gagné les élections ». La LND restreint sa communication au maximum pour ne pas effrayer l’armée et les anciens militaires encore aux affaires. La formation politique espère assurer une passation de pouvoir en douceur. U Nyan Win confirme que le processus de paix sera la priorité du nouveau gouvernement pro-démocratique qui prendra ses fonctions fin mars. Il évoque également la nécessité d’une réforme fiscale pour prévoir des sanctions en cas de défaut de paiement. Mais il n’en dit pas plus.

    Après un demi-siècle de domination des militaires sur la scène politique, le parti pro-démocratique d’Aung San Suu Kyi occupe près de 60% du Parlement. Les députés nouvellement élus doivent siéger pour la première fois ce lundi 1er février aux côtés de 166 officiers en uniforme, désignés – et non élus – par le commandant en chef des forces armées. Ensemble, ils choisiront les quatre présidents et vice-présidents des deux Chambres nationales. Fin mars ou début avril, ils désigneront le nouveau président du pays. Qui occupera ce poste ? La LND laisse planer le doute. Aung San Suu Kyi ne peut pas y prétendre. La Constitution birmane interdit la fonction suprême à ceux qui ont des parents étrangers. Ses deux fils sont Britanniques. La LND refuse de communiquer des noms. Alors que les anciens militaires sont en passe de quitter le pouvoir, les institutions financières internationales s’inquiètent aujourd’hui de ne toujours pas connaître leurs nouveaux interlocuteurs pour les cinq prochaines années.

    Pas beaucoup de place au débat démocratique au sein de la LND

    Depuis les élections de novembre, Aung San Suu Kyi rencontre régulièrement le président birman encore en exercice, le chef de l’armée, ainsi que le président du Parlement sortant afin de préparer le transfert du pouvoir. Elle s’est aussi entretenue avec l’ancien dictateur Than Shwe. Ces protagonistes ne livrent presque rien du contenu de leurs entretiens. Et Aung San Suu Kyi interdit à ses députés nouvellement élus de parler à la presse. « Ce n’est pas démocratique, considère Sithu Aung Myint, un analyste politique et éditorialiste. Aung San Suu Kyi n’a pas une grande confiance dans les membres de son parti. Ils ne sont pas très qualifiés ». La direction de la LND a récemment infligé des avertissements à « deux ou trois » membres qui s’étaient entretenus avec des journalistes. Les relations entre le parti et la presse se sont fortement tendues ces dernières semaines.

    Le fonctionnement interne du parti ne laisse pas beaucoup de place au débat démocratique. « Aung San Suu Kyi décide seule, poursuit Sithu Aung Myint. Elle n’est pas du genre à écouter les autres ». Même si la Constitution ne le prévoit pas, la chef du parti pro-démocratique a indiqué qu’elle dirigerait le gouvernement et qu’elle serait au-dessus du président. Son prix Nobel de la Paix reçu en 1991, son ascendance (son père a donné l’indépendance au pays) et les sacrifices qu’elle a consentis pour la cause démocratique lui valent un immense respect en Birmanie. Au point que ceux qui osent la critiquer ou lui donner des conseils sont très rares. « Elle demande à ce qu’on lui soumette des idées, relate U Mahn Johnny, un représentant LND réélu, qui accepte de transgresser la règle et de parler à la presse. Mais les députés ne lui envoient pas de propositions. Ils ont peur de faire des erreurs. Elle est très influente et ils ont peur d’elle ».

    Moyens financiers de la LND : le mystère

    Quant aux moyens financiers de la formation politique, le mystère s’épaissit. U Han Tha Myint, membre du comité exécutif central de la LND chargé des questions financières, évoque un budget mensuel d’un million de kyats (700 euros) uniquement pour le quartier général de Rangoon sans préciser le montant des dépenses à l’échelle nationale. « Des hommes d’affaires contribuent, mais cela ne représente pas grand-chose par rapport aux participations individuelles », précise-t-il. Qui sont-ils et combien donnent-ils ? « Je ne peux pas vous le dire ». Début 2013, la LND avait reconnu que le parti recevait d’importantes sommes, parfois plusieurs dizaines de milliers de dollars, de la part de dirigeants de sociétés proches des généraux, afin de financer les actions caritatives du parti.

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