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    Asie-Pacifique

    Avec le ralentissement de la Chine, un Nouvel An au goût amer

    media Pour invoquer la chance, une Chinoise fait brûler de l'encens au temple de Yonghe à Pékin, le 8 février 2016, premier jour des fêtes du Nouvel An. AFP PHOTO / GREG BAKER

    La Chine salue ce lundi 8 février le Nouvel An lunaire. Cette année sera celle du singe, symbole de prospérité et de chance. Difficile d’y croire pour certains, qui peinent à joindre les deux bouts dans une conjoncture devenue plus difficile. Pour eux, le Nouvel An est devenu un casse-tête financier. Billets de train, repas familiaux et cadeaux : la fête du printemps coûte cher.

    Sur le marché du quartier Dongzhimen à Pékin, les haut-parleurs crachent les tubes du Nouvel An à longueur de journée. Chez le poissonnier, carpes et crabes s’arrachent à prix d’or. Sur les étals d’à côté, calligraphies, calendriers et singes en peluche partent comme des petits pains. « J’achète les calligraphies, des lanternes, des affiches de singe et les silhouettes pour décorer les fenêtres », dit Zhao, une jeune maman qui a du mal à convaincre ses deux enfants de renoncer à un beau singe rose. « Au total, explique-t-elle, je dois prévoir un budget de 1 400 euros pour les fêtes, ce qui inclut les cadeaux pour mes proches et les repas de famille. »

    « Chunjie », la fête du printemps, coûte cher. Trop cher, soupire aussi Mme Wu. Toute l’année, cette femme de 48 ans fait le ménage chez des familles pékinoises et gagne tout juste 600 euros par mois. Mais lors des festivités, elle dépense sans compter, histoire de ne pas perdre la face. « J’ai préparé 2 000 euros pour les festivités. Je vais faire en sorte que cela suffise, mais c’est devenu cher d’acheter tout ce qu’il faut pour un repas de fête, en plus des cigarettes et de la liqueur. »

    « Les gens disent tous que c’est plus dur de trouver du travail »

    Son mari et sa fille vivent à Wuhu dans sa région natale l’Anhui, à 1 000 kilomètres au sud de Pékin. Vu le prix des billets de train et le peu de vacances dont elle dispose, Mme Wu retrouve ses proches une seule fois par an, lors du Nouvel An. Difficile cette année pour elle de mettre assez d’argent de côté pour les traditionnels « hongbao », ces enveloppes rouges dans lesquelles les Chinois glissent des étrennes. « Cette année, le marché de l’emploi est plus mauvais que les années précédentes, constate-t-elle. Les gens autour de moi disent tous que c’est plus dur, qu’ils ne gagnent plus assez. Quelques-uns de mes clients ont quitté Pékin, et je devrai en trouver d’autres lorsque je reviendrai après les vacances. »

    Mme Wu fait partie des « Mingongs », ces 270 millions d’ouvriers migrants venus de la campagne pour travailler en ville. Pour eux, le Nouvel An a un goût amer. Dans les usines, les cahiers de commande ne sont plus assez remplis, et beaucoup d’ateliers de fabrication ont mis la clé sous la porte. Avec l’éclatement de la bulle immobilière, des chantiers ferment les uns après les autres. Nombreux sont les ouvriers qui ont dû prendre congé plus tôt que d’habitude. D’autres ont attendu leur paye en vain.

    15 millions d’emplois supprimés dans le secteur de l’infrastructure

    « Dans certains secteurs, comme dans l’infrastructure et la construction, on a perdu 15 millions d’emplois, estime William Hua Wang, professeur d’économie basé à Shanghai et doyen associé de l’école de management de Lyon. Dans les mines chinoises, un million d’emplois ont été supprimés, tout comme dans l’industrie de l’acier où le chômage est également au rendez-vous. »

    Dans une économie en pleine mutation qui mise dorénavant sur les services (50,5 % du PIB en 2015) et où l’activité manufacturière et le secteur immobilier se contractent, les ouvriers non qualifiés peinent à trouver leur place. Un problème camouflé par les autorités : les statistiques qui affichent invariablement un taux de chômage de 4 % n’incluent pas les travailleurs migrants sans emploi.

    Les ouvriers migrants vont-ils revenir en ville après les vacances ?

    Par manque de travail, nombre de migrants pourraient ne plus retourner en ville après les fêtes. Signe avant-coureur : en 2015, pour la première fois depuis trois décennies, le nombre de paysans migrants a baissé de six millions de personnes. Mais pour William Hua Wang, quitter les régions côtières du sud et de l’est de la Chine qu’on a longtemps surnommée « l’usine du monde » n’est pas une option réaliste : « Dans les villes de l’ouest et du centre de la Chine, il n’y pas encore l’émergence d’industries capables d’absorber de manière massive des ouvriers. »

    La période des fêtes n’est pas le bon moment pour sombrer dans la déprime, se dit pourtant Zhang Zhichen, en récitant ce dicton calligraphié sur une décoration du Nouvel An : « Le singe doré apporte chance, prospérité et sécurité pour une vie toujours meilleure ». Ce retraité préfère croire que l’année du singe tiendra ses promesses.

    DIAPORAMA : Le Nouvel An Chinois sous le signe du singe

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