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    Asie-Pacifique

    Tuer Kim ou s'armer de la bombe atomique: l'étrange débat sud-coréen

    media Une affiche à l'effigie de Kim Jong-un, numéro un nord-coréen, lors d'une manifestation hostile à la Corée du Nord, le 11 février 2016 à Séoul. REUTERS/Kim Hong-Ji

    Les nuages s’accumulent au-dessus de la péninsule coréenne, depuis que le régime de Corée du Nord a procédé à un nouvel essai nucléaire souterrain et au tir réussi d'une fusée. En face, en Corée du Sud, le débat se durcit. Séoul a fermé la zone industrielle conjointe de Kaesong, une décision radicale qui met fin au dernier projet de coopération Nord-Sud. Les appels se multiplient pour que le pays s’équipe à son tour de la bombe atomique, et un député a même proposé que l'on assassine Kim Jong-un. La présidente a pris la parole ce mardi 16 février 2016.

    De notre correspondant à Séoul,

    Les lignes bougent très vite en Corée du Sud. Des positions qui étaient autrefois considérées comme extrêmes sont de moins en moins perçues comme telles et notamment au sujet du nucléaire. Un nombre croissant de poids lourds du parti conservateur au pouvoir demandent désormais à leur gouvernement d'équiper le pays de la bombe atomique.

    Après quatre essais nucléaires nord-coréens, nous ne pouvons pas compter indéfiniment sur le parapluie nucléaire américain. Il est temps d’avoir le nôtre, a par exemple déclaré en substance Won Yoo-cheol, chef du groupe parlementaire de la majorité. Et d'autres voix, pourtant considérées comme modérées, commencent elles aussi à exiger la bombe.

    Tuer Kim, l'étonnante proposition d'un député

    Autre exemple de cette radicalisation du débat en Corée du Sud, un député de la majorité du nom de Ha Tae-kyung a carrément appelé son gouvernement à faire assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un ! Selon lui, le jeune numéro un de Pyongyang est un « criminel ». L’éliminer ne constituerait pas à ses yeux une violation du droit international, mais serait à l'inverse le seul moyen de mettre fin au programme nucléaire du Nord.

    Dans ce contexte explosif, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a décidé de fermer la zone industrielle inter-coréenne de Kaesong. Un véritable séisme potentiellement lourd de conséquences. Le gouvernement accuse Kaesong de fournir 120 millions de dollars par an au régime des Kim. Le ministre sud-coréen de la Réunification a même affirmé dimanche que 70 % des salaires des 55 000 ouvriers nord-coréens de la zone servaient à financer le programme nucléaire et les achats de produits de luxe de Kim Jong-un.

    Kaesong, le dernier pont rompu entre Nord et Sud

    Si les affirmations du ministre sont vraies, alors cela signifie que Séoul viole les sanctions de l’ONU vis-à-vis de la Corée du Nord, et ce depuis des années. Du coup, lundi, ledit ministre a fait une volte-face spectaculaire, revenant sur ses paroles et reconnaissant qu’il n’avait aucune preuve de ce qu’il avançait. De quoi donner du grain à moudre à ceux qui estiment qu’il fallait garder à tout prix Kaesong, seul endroit où Nord et Sud-Coréens travaillaient ensemble depuis une décennie.

    Les critiques pointent que le plus important facteur de stabilité entre les deux Corée a désormais disparu. Le Nord pourrait d’ailleurs rendre à cette zone sa fonction d’origine, c’est-à-dire la transformer de nouveau en une base militaire, située à moins de 50 km de la capitale sud-coréenne, Séoul. Alors, y a-t-il un risque de confrontation armée ? Un conflit de grande ampleur serait probablement perdu par le Nord. Mais on est en droit de craindre une nouvelle provocation limitée, comme le régime l’a déjà fait dans le passé.

    Pyongyang face à l'axe Washington-Séoul

    Du côté sud-coréen, on observe a contrario une reprise de la course aux armements, puisque Séoul vient de faire venir une batterie supplémentaire de missiles américains Patriot, et que la Corée du Sud a accepté d’installer sur son territoire un nouveau système américain d’interception de missiles à haute altitude, le THAAD. Une décision qui, au passage, provoque la fureur de la Chine et de la Russie.
     
    Séoul et Washington ont par ailleurs promis de mener en mars prochain des exercices militaires conjoints d’une envergure sans précédent. Les deux alliés montrent donc leurs muscles, mais cela n’a pour l'instant aucun effet immédiat sur le dirigeant nord-coréen, qui vient de promettre de nouveaux tirs de fusée, accusant « des forces hostiles plus enragées que jamais », et qui veulent selon lui « étrangler » la Corée du Nord.


    ■ Corée du Nord : la présidente sud-coréenne Park Geun-hye hausse le ton

    Pour Séoul, le temps n’est plus à la négociation, mais aux sanctions vis-à-vis de Pyongyang. Selon la présidente Park Geun-hye, qui s'est exprimée ce mardi devant le Parlement, il est temps de regarder en face une « vérité qui dérange » : on ne négocie pas avec un mur.

    Depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen en janvier, le ton s’est durci à Séoul. Et ce message de fermeté vis-à-vis du régime des Kim est relayé par l’ensemble des chancelleries sud-coréennes, notamment à Paris, où les diplomates se disent inquiets, persuadés que la Corée du Nord ne reculera pas sur le chemin de la bombe.

    Le lancement d’un satellite d’observation à la veille de Solal, le nouvel an lunaire en Corée, a été la goutte d’eau qui fait déborder la jarre. C'est cela qui a poussé Séoul à rappatrier les 500 Sud-Coréens qui travaillaient à Kaesong, après avoir déjà assuré, en décembre, que la Corée du Sud serait opposée à la réouverture du tourisme dans les Montagnes de diamant.

    Les autorités sud-coréennes menacent désormais de ne plus accueillir les navires étrangers ayant fait escale en Corée du Nord. Ce « jusqu’au-boutisme » s’inscrit dans un agenda : débat prévu à l’ONU à la fin du mois autour de nouvelles sanctions contre le régime nord-coréen, et élections législatives au Sud le 13 avril.    RFI

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