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    Asie-Pacifique

    Singapour Airshow: le Disneyland des avions militaires

    media Une patrouille sud-coréenne Black Eagles en démonstration lors du Singapour Airshow, le 14 février 2016. ROSLAN RAHMAN / AFP

    Tous les deux ans, Singapour accueille un gigantesque show aérien régional, le Singapour Airshow. Passage obligé pour les industriels de l’aéronautique, il reste surtout un véritable événement national où les Singapouriens viennent s’amuser en famille.

    « Oooh ! Il est ridiculement énorme ! C’est un C-17 ! ». Dans le bus qui mène à l’aéroport de Singapour, exclamations, bousculades et éclats de rire face à la piste. Des milliers de personnes se pressent, en famille, avec poussettes et grands-parents. Pas question de stars de la pop asiatique ou de parc d’attractions : on vient voir les avions.

    Le Singapour Airshow est l’équivalent local du Bourget en France. Après quatre jours dédiés aux affaires, le grand public prend le relais pour venir admirer des engins venus d’un peu partout dans le monde. Quelques aéronefs civils, mais surtout du militaire avec des hélicoptères et des avions de combat. Pour visiter certains de ces appareils, une queue immense s’étale sur des centaines de mètres, comme dans n’importe quel parc à thème.
     
    Ici, l’ambiance est dédiée à la sécurité. Sur les stands, pas de barbapapa mais des véhicules militaires et des fusils d’assaut. On patiente pour prendre ces derniers en main, garçons et filles étant aussi nombreux. Certaines images pourraient étonner, comme ce petit de quatre ou cinq ans pressant la détente d’une arme à feu sous les baisers enthousiastes de son papa.
     
    « Ils ne font que s’amuser, nous rassure une Singapourienne. Pour eux c’est un jeu. Ils ne voient pas ça comme une arme ». L’armée ici n’a jamais été engagée en opérations. Sur les stands, on admire tous ces objets comme des gadgets hypersophistiqués. On prend en photo les missiles du fabricant turc Rocketsan, comme on fait un selfie avec les pilotes français du Rafale.
     
    La peur de l’invasion
     
    La jeune cité-Etat, indépendante depuis 1965, a longtemps eu peur d’une invasion. Entourée par les Philippines, l’Indonésie, la Chine ou encore la Malaisie à laquelle elle a été un temps rattachée, elle craint dans les années 1980 que son succès économique et financier ne déclenche des jalousies. « Nous sommes tout petits, explique une jeune femme. Et nous sommes entourés par de grands pays. Alors il faut pouvoir nous défendre ».
     
    La ville est en effet marquée par un climat sécuritaire omniprésent. Chaque coin de rue est quadrillé par les caméras. Sur les murs, les panneaux publicitaires invitant à rejoindre les forces de police ou les armées sont largement valorisés. Dans les couloirs du meeting aérien, les gens se bousculent pour prendre des photos avec les hommes en uniforme.
     
    Malgré sa petite taille, Singapour a ainsi maintenu une armée conséquente, équipée des armements les plus modernes. Elle a même développé une industrie ambitieuse dans ce secteur, capable aujourd’hui de grignoter des parts sur les marchés régionaux. Ses 5,3 millions d’habitants sont sous la protection d’une force de 70 000 militaires (dont 40 000 conscrits) qui font la fierté du pays. Très proche des Etats-Unis, la cité-Etat bénéficie notamment d’une solide aviation de combat.
     
    Carrefour d’affaires
     
    Le Singapour Airshow reste l’un des principaux lieux de rencontre dans l’industrie aéronautique pour l’Asie-Pacifique. Les autres gros salons régionaux, basés en Chine, sont en effet interdits d’accès aux Occidentaux. Cette saison 2016 a cependant été modeste avec -seulement- 11 milliards d’euros de contrats signés, contre 28 milliards lors de la précédente édition. En cause, des carnets de commandes déjà bien remplis chez les principaux avionneurs, qui font tourner les usines à plein régime, sans possibilité de livraison à court terme ; ainsi qu’un prix du pétrole qui rend moins urgent le besoin d’investir dans des matériels plus économiques en carburant.
     
    Les industriels, notamment européens et américains, y viennent pourtant toujours nombreux. Le Singapour Airshow est l’occasion pour les équipes de sentir le marché, même lorsque les contrats sont moins intéressants. C’est aussi une opportunité pour les chefs d’entreprise d’aller ensuite rendre visite aux décideurs de toute la région.
     
    Singapour, avec le troisième PIB par habitant au monde, derrière le Luxembourg et le Qatar, profite d’une situation économique et géographique qui fait de ce petit Etat un carrefour régional, dont l’aéroport ne cesse de grandir d’année en année, empiétant même sur les mers. Un potentiel qui n’échappe pas aux nombreux investisseurs étrangers, dont la France, qui est septième dans ce « dragon asiatique » largement méconnu dans l’Hexagone.

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