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    Asie-Pacifique

    Philippines: 30 après sa chute, le clan Marcos est toujours là

    media Le président philippin Ferdinand Marcos, au pouvoir entre 1965 et 1986, photographié par l'armée américaine lors de son arrivée à Washington pour une visite officielle en 1983. Virgil C. Zurbruegg / US Army

    Trente ans plus tard, les Philippins commémorent ce jeudi 25 février 2016 la révolution dite du «People Power», une série de manifestations pacifiques à l'origine de la chute du régime de Ferdinand Marcos, au pouvoir pendant plus de 20 ans. L'occasion de rencontrer Bonifacio Ilagan, une victime de la loi martiale qui milite contre le clan de l'ancien président. Car les Marcos n'ont jamais vraiment quitté la scène politique, malgré les exactions commises durant la dictature. Le fils Marcos pourrait même être élu vice-président prochainement.

    avec notre correspondante à Manille, Marianne Dardard

    « Pendant deux ans, j'ai été détenu par les militaires. Ils m'ont faire subir toutes sortes de torture. Quand on m'a relâché, ce fut au tour de ma sœur de disparaître, en 1977, soit [il y a] quarante ans aujourd'hui. On ne l'a jamais revue. »

    Bonifacio Ilagan est une victime de la dictature Marcos. Durant la loi martiale, il a été arrêté puis violé par des militaires. Aujourd'hui, il craint le retour des Marcos au pouvoir, avec l'élection possible de Bongbong Marcos, fils de Ferdinand.

    Bongbong Marcos figure parmi les favoris pour devenir vice-président en mai prochain. Or, il a toujours refusé de s'excuser pour les actes commis par la dictature de son père. Le régime Marcos est accusé d'être à l'origine du meurtre d'au moins 3 000 personnes.

    « Les Philippins pardonnent facilement et c'est mal. Car quand vous pardonnez à ceux qui ont commis de telles injustices, comment faire la paix et réconcilier un pays ? », s'interroge Bonifacio Ilagan.

    D'autres membres de la famille Marcos sont candidats aux élections nationales comme Imelda, veuve de Ferdinand et mère de Bongbong. Elle brigue un troisième mandat de députée dans la province d'Ilocos Nord, dont sa fille aînée est déjà la gouverneure.

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