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    Asie-Pacifique

    Pakistan: forte tension après l'exécution de Mumtaz Qadri

    media De nombreuses personnes ont manifesté pour afficher leur mécontentement après l'exécution de Mumtaz Qadri, à Rawalpindi, au Pakistan, le 29 février 2016. REUTERS/Faisal Mahmood

    Exécution au Pakistan la nuit dernière de Mumtaz Qadri. Il avait tué, il y a cinq ans, le gouverneur du Pendjab favorable à une révision des lois anti-blasphème. Ce lundi tout le pays était en alerte : il y a quelques mois, des islamistes qui considèrent Mumtaz Qadri comme un héros avaient promis des représailles s’il était pendu.

    Mumtaz Qadri faisait partie d’un commando d’élite de la police, et il avait été assigné à la protection rapprochée de Salman Taseer, le gouverneur du Pendjab, qu’il a finalement tué sur un marché, en plein jour, de 28 balles, en janvier 2011. Il s'agit du meurtre du plus haut responsable politique depuis celui de l’ancienne Première ministre Benazir Bhutto fin 2007.

    La raison du meurtre, il l’a reconnu lui-même. Salman Taseer, le gouverneur, voulait une révision de la loi sur le blasphème, pour lui ajouter des garde-fous. Rappelons que le Pakistan est une République islamique, et le blasphème est un sujet extrêmement sensible dans le pays. La loi anti-blasphème promulguée en 1986 sous la dictature du général Zia est la plus sévère au monde : elle prévoit la mort ou la prison à vie pour quiconque est reconnu coupable d’avoir parlé de manière inconvenante de Mahomet.

    Et selon ses détracteurs, elle est régulièrement utilisée pour régler des affaires privées, qui n’ont aucun rapport avec la religion. Par exemple, il y a trois ans, un village chrétien près de Lahore avait été pillé et incendié par une foule en colère parce qu’un habitant avait été accusé de blasphème. Mais, selon un avocat, il s’agissait en fait d’un coup monté pour voler les terres des chrétiens.

    Un « devoir religieux » pour Qadri

    Le gouverneur avait publiquement défendu Asia Bibi, cette chrétienne très pauvre condamnée à mort en 2010 pour blasphème ; et il avait donc demandé une révision des lois anti-blasphème. En 2011, après l’avoir tué, Mumtaz Qadri a affirmé qu’il avait accompli son « devoir religieux ». Et il n’était pas le seul à le penser puisque - ce détail à l’époque avait marqué les esprits - lors de sa première apparition devant la justice, plusieurs centaines de ses partisans l’attendaient, et des avocats lui avaient jeté des pétales de roses. Certains groupes religieux conservateurs avaient affirmé que « les médias et les politiques devaient apprendre de ce meurtre » qu’ils qualifiaient d’« exemplaire ».

    De fait, quelques mois après, le seul chrétien ministre dans un gouvernement local était assassiné. Lui aussi critiquait les lois anti-blasphème, lui aussi soutenait Asia Bibi. Et trois mois après, le fils de Salman Taseer était kidnappé. Son sort reste aujourd’hui inconnu.

    Mumtaz Qadri a été exécuté la nuit dernière dans la prison d’Adiala, à Rawalpindi – une ville-garnison proche de la capitale Islamabad. Les mosquées près de la maison de Qadri ont relayé l’information, et ce matin, les paramilitaires, la police en uniforme antiémeute et des dizaines de véhicules de police étaient déployées près de la maison, où le corps a été rendu à la famille et où des centaines de partisans se sont réunis.

    Des nombreux rassemblements encore prévus

    Des milliers de personnes ont manifesté à travers tout le Pakistan. Pour prévoir tout débordement, les autorités ont bloqué les routes à Rawalpindi et Islamabad et ont fermé les écoles. Ils ont aussi, selon plusieurs journalistes, demandé aux médias de limiter leur couverture des évènements. Il y a eu des manifestations dans l’est à Lahore, 1 000 personnes environ sont descendues dans les rues en hommage à celui qui avait tué leur gouverneur.

    900 manifestants à Quetta étaient présents dans le sud-ouest. Plusieurs centaines au Cachemire dans l’est, à Peshawar (nord-ouest), et dans des villes plus petites. La plus importante c’était à Karachi, dans le sud-ouest, avec environ 7 000 personnes. Des manifestations un peu partout donc, mais d’une ampleur limitée. Toutes se sont dispersées dans le calme. Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, nombre de Pakistanais se réjouissaient de l’exécution, estimant que « justice avait été rendue ».

    Les funérailles de Mumtaz Qadri sont prévues demain, elles devraient donner lieu à d’autres rassemblements. La grande question c’est surtout : est-ce que les meurtres vont reprendre ? En octobre dernier, lorsque la Cour suprême a confirmé la condamnation à mort de Qadri, il y avait déjà eu des manifestations, avec des groupes islamistes affirmant que s’il était exécuté, les responsables de sa mort devaient eux aussi être tués.

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