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    Birmanie: Aung San Suu Kyi ne sera pas présidente

    media Htin Kyaw, ici à Naypyidaw, le 1er février 2016, est le candidat de la LND pour la présidence birmane. REUTERS/Soe Zeya Tun

    En Birmanie, on connaît depuis ce jeudi le nom de celui qui logiquement devrait devenir d’ici quelques jours le premier président démocratiquement élu depuis 50 ans dans le pays : Htin Kyaw. Aung San Suu Kyi, qui ne peut être candidate en vertu de la Constitution, a proposé son nom au Parlement, au nom de son parti, la LND.

    Beaucoup de rumeurs avaient couru sur celui que la dame de Rangoon allait choisir, on savait en tous cas que ce serait un proche : le nom du médecin d’Aung San Suu Kyi avait été évoqué, également celui de son assistante ou même d’un éventuel homme de compromis avec les militaires.

    Finalement, c’est donc un membre respecté de la LND, Htin Kyaw. On a un peu tendance à le présenter comme le « chauffeur » d’Aung San Suu Kyi. Evidemment, il est beaucoup plus que cela : Htin Kyaw est un intellectuel, spécialiste en économie. En fait, lorsqu’Aung San Suu Kyi a été assignée à résidence par les militaires, pendant 15 ans, Htin Kyaw était un des seuls à pouvoir lui rendre visite ; les rares fois où elle a pu sortir de chez elle, il lui a effectivement servi de chauffeur.

    Un membre respecté de la LND

    Htin Kyaw est un ami d’enfance d’Aung San Suu Kyi, il fait partie de son cercle proche. L’histoire de sa famille se confond avec celle de la Birmanie de ces dernières décennies : son père, un écrivain et poète très populaire, a remporté un siège de député lors des élections de 1990 finalement annulées par les militaires.

    Son beau-père, co-fondateur de la LND, en a été aussi le porte-parole. Quant à sa femme, elle est devenue député en 2012, lors de ces élections partielles remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi. Des élections qui avaient été un premier signe de changement dans le pays – les militaires avaient mis un place deux ans plus tôt un gouvernement civil, tout en le contrôlant toujours étroitement.

    Pour ce qui est de Htin Kyaw lui-même, il est donc diplômé d’économie. Professeur en université, il a aussi travaillé dans l’industrie et à la fin des années 1970 est passé au ministère birman des Affaires étrangères, qu’il a finalement quitté lorsque les militaires se sont faits trop présents.

    Jusqu’à cette nomination par la LND comme candidat à la présidence, il s’occupait de la Fondation d’Aung San Suu Kyi, qui offre des formations professionnelles dans les régions les plus pauvres du pays.

    Pas de présidence pour Aung San Suu Kyi

    Malgré des mois de négociations avec les militaires, la dame de Rangoon a dû se résigner à trouver quelqu’un pour la remplacer. Elle essayait d’obtenir un amendement de la Constitution, dont un des articles interdit à ceux dont les enfants ont des passeports étrangers de briguer la présidence. C'est son cas : son mari, décédé aujourd’hui, était Britannique.

    L'article avait été taillé sur mesure pour elle. Aung San Suu Kyi a dit par le passé que les Occidentaux ne devaient pas aller trop vite pour lever les sanctions internationales qui frappaient le pays à cause du régime militaire – et c’est vrai que les choses auraient été plus simples pour elle si les Occidentaux avaient mis dans la balance de la levée des sanctions la suppression de cet article.

    Trois candidats

    Htin Kyaw est le candidat de la Chambre basse du Parlement, où la LND est majoritaire. La Chambre haute, également dominée par la LND, a choisi Henry Van Theu, un représentant de la minorité ethnique Chin. Les députés militaires, qui représentent 25% du Parlement et qui ne sont pas élus, vont eux aussi présenter un candidat encore inconnu.

    Le Parlement va ensuite choisir entre ces trois candidats dans les prochains jours, peut-être lundi prochain. Htin Kyaw, un des plus fidèles compagnons de dissidence d’Aung San Suu Kyi, devrait donc être élu. Les perdants seront ses vice-présidents.

    Aung San suu Kyi, « présidente » ?

    Aung San Suu Kyi a été très claire : si on l’empêche d’être présidente, elle sera « au-dessus » du président et dirigera quand même le gouvernement. Certains la donnent ministre des Affaires étrangères – elle devrait alors quitter la tête de la LND. Mais peut-être, à la manière d’une Sonia Gandhi en Inde, tirera-t-elle les ficelles du gouvernement sans avoir de fonction au sein de l’exécutif.

    Les militaires vont-ils permettre à Aung San Suu Kyi de diriger le pays sans être présidente, surtout si son action est trop visible ? L’objectif de la « dame de Rangoon »  est de toute façon de changer d’ici deux ans le système de l’intérieur, modifier cette fameuse loi et devenir enfin présidente. Le nouveau gouvernement doit être mis en place le 1er avril.

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