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    Attentat à Lahore au Pakistan: la minorité chrétienne visée par Jamaat-ul-Ahrar

    media Les familles pleurent leurs proches, dimanche 28 mars 2016, à Lahore, au Pakistan. REUTERS/Mohsin Raza

    Selon le dernier bilan, au moins 72 personnes ont été tuées et plus de 300 autres blessées dimanche 27 mars dans une attaque-suicide à Lahore, la grande ville de l’est du Pakistan. L'attaque a frappé un parc populaire de la ville et a été revendiquée par un groupe taliban pakistanais, Jamaat-ul-Ahrar. C'est la minorité chrétienne du pays qui était visée. Selon les services administratifs de la ville, 10 à 15 chrétiens ont été tués dans cet attentat. Mais les victimes sont majoritairement musulmanes.

    Un témoin de l'attentat-suicide dans un parc municipal de la ville de Lahore, dans l'est du pays, raconte : « Lorsque l’explosion s’est produite, les flammes sont montées si haut qu’elles ont dépassé les arbres et j’ai vu des corps voler dans les airs. » Le kamikaze s’est fait exploser dans le parc pour enfants Gulshan-e-Iqbal, près du centre-ville, un parc qui était bondé en ce dimanche de Pâques. Les victimes sont surtout des femmes et des enfants.

    Le quartier est totalement bouclé. Seuls quelques journalistes et des membres de famille des victimes sont autorisés par la police à s’approcher du site, sans être toutefois trop proches. Des cordons de sécurité protègent la scène de l’attentat. Ce que l’on peut voir est édifiant voire horrifiant : les stigmates d’une scène d’horreur, des traces de sang sur les attractions pour enfants, la balançoire à l’entrée est tachée d’un rouge qui vire au sombre, rapporte notre correspondant Michel Picard.

    Un site habituellement très animé

    Il n’est même pas difficile d’apercevoir quelques morceaux de chair humaine couverts de mouches, des dizaines de policiers, également, qui s’activent. Personne ne parle, chacun a l’air sonné, choqué. De nombreuses tentes recouvrent des restes de corps. Les vitres des bâtiments alentours ont volé en éclats.

    A mi-chemin entre parc municipal et parc d’attractions, le site de 25 hectares au cœur de la ville est figé, silencieux, alors qu’habituellement des milliers de familles viennent y passer du bon temps chaque après-midi.

    Hier, en plus de Pâques et de la fin des vacances scolaires, les habitants de Lahore sont venus massivement profiter pour une fois d’un très bel après-midi ensoleillé et selon un policier présent sur place, il y avait hier, dans le parc, entre 30 et 50 000 personnes qui sont passées dans la journée.

    En revendiquant l’attentat, le groupe taliban Jamaat-ul-Ahrar a bien précisé que c’est à la minorité chrétienne qu’il s’en prenait, même si la majorité des victimes n'étaient pas des chrétiens.

    Lahore, rarement visée

    Les chrétiens représentent 2 % de la population pakistanaise, composée en majorité de musulmans sunnites. Il y a un an, un double attentat-suicide contre des églises à Lahore, déjà revendiqué par le Jamaat-ul-Ahrar, avait 17 morts. Mais une attaque d’une telle ampleur est inédite dans le fief du Premier ministre Nawaz Sharif : Lahore est très rarement visée par les talibans, qui concentrent plutôt leurs attaques dans le nord-ouest du pays, près de la frontière avec l’Afghanistan.

    Les talibans l’ont d’ailleurs souligné dans leur revendication : « Nous envoyons un message au Premier ministre pour lui dire que nous sommes entrés dans Lahore. Nos kamikazes vont continuer ces attaques. » Nawaz Sharif  a annulé sa visite en Grande-Bretagne prévue pour ce lundi 28 mars, après une réunion de plusieurs heures dimanche, avec entre autres le ministre de l’Intérieur. Il s'est rendu sur place et a rencontré des blessés dans un hôpital. 

    Mariam Abou Zahab, enseignant-chercheur à l'INALCO et spécialiste du Pakistan, rappelle que le contexte politique tendu au Pendjab n'arrange rien. « A Islamabad, depuis deux jours, il y a d'énormes manifestations pour protester contre la pendaison de Mumtaz Qadri, l'assassin du gouverneur du Pendjab. Des affrontements avec la police ont eu lieu, il a fallu appeler l'armée pour ramener l'ordre. Le 27 mars correspond aussi à une date butoir donnée par une alliance d'une trentaine de groupes religieux au gouvernement du Pendjab pour retirer une loi sur les droits des femmes. Tout cela a peut-être aussi joué », explique-t-elle.

    Un deuil de trois jours au Pakistan

    Selon le quotidien pakistanais The News, une quinzaine de personnes a été arrêtée après l'attentat. Parmi elles : trois frères du kamikaze, dont la tête a été retrouvée sur les lieux, ce qui a permis son identification. Les autorités locales ont ordonné un deuil de trois jours, tous les parcs et jardins publics ont été fermées, de même que les principales zones commerciales.

    Le chef de l'armée pakistanaise a indiqué ce matin que les forces de sécurité de renseignements avaient mené 5 raids dans les villes de Lahore, Faisalabad et Multan. Plusieurs terroristes présumés et facilitateurs auraient été arrêtés et d'importantes cages d'armes découvertes.

    L'attentat a déjà été condamné entre autres par les Etats-Unis, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, et le Premier ministre indien Nardendra Modi, qui a appelé Nawaz Sharif. Enfin, le Vatican parle d'un attentat qui « jette une ombre d'angoisse et de tristesse sur les fêtes de Pâques ».

    En fait, les talibans ne sont pas musulmans, ou ils n'y connaissent rien à l'islam. Ce ne sont que des tueurs. Pour eux, tuer des musulmans, des chrétiens ou des hindous, c'est pareil
    Robinson, avocat à la Haute Cour de Lahore, de confession chrétienne 28/03/2016 - par Christophe Paget Écouter

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