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    Asie-Pacifique

    Séisme au Népal: la difficile reconstruction après le meurtrier chaos

    media Anisha Subedi 8 ans et son frère Nisha 5 ans (les enfants d’Harka Bahadur Subedi) dans leur cabane qui leur sert d’abri. Durant la mousson, la pluie s’infiltre partout, l’hiver la température atteint moins de 5°C. RFI/Jelena Tomic

    Il y a tout juste un an, le 25 avril 2015, un tremblement de terre de magnitude 7.8 frappait le Népal. C'était le plus puissant séisme de ces 80 dernières années : près de 9000 morts, plus de 20.000 blessées, 600.000 maisons détruites. Le travail de reconstruction est titanesque. RFI est allé à la rencontre des rescapés dans le district de Sindhupalchok, et non loin de la capitale Katmandou.

    Avec notre envoyée spéciale à Katmandou, Jelena Tomic

    Kokhana, dans la banlieue sud de Katmandou. Environ 700 familles vivent dans ce village traditionnel construit il y a plusieurs siècles. Sur la place, devant le temple du village nous retrouvons Dil Shova. La jeune femme est timide. Le souvenir du séisme trop douloureux. L’an dernier, elle a perdu sa fille. Diva avait 4 ans. « Elle était avec ma belle-mère à la maison, en train de danser sur le lit. Ma belle-mère l’a prise dans ses bras, mais les secousses étaient si fortes qu’elle n’a pas réussi à la sauver... Je n’arrive pas à oublier. Comme on a tout perdu et qu’on n’a pas d’argent, je n’ai pas pu organiser comme il faut une cérémonie pour ma fille. Aujourd’hui, on est logé dans un abri provisoire, juste à côté. La communauté m’a aidé à trouver du travail à la mairie. Vous savez, notre pays est très pauvre. Je n’attends pas grand-chose des autorités. Finalement, on ne peut compter que sur soi-même… ».

    Direction Sindhupalchok, l’un des 14 districts les plus durement touché, qui compte aussi le plus grand nombre de victimes : 3440 morts. La région, montagneuse, est une zone à risque sismique élevé. Les glissements de terrain, et inondations y sont fréquents et font chaque année des dizaines de victimes.

    Maison détruite dans le village de Chautara, dans le district de Sindhupalchok au nord de Katmandou. Une région particulièrement meurtrie par le séisme du 25 avril. AFP/Philippe Lopez

    Le 25 avril dernier, de nombreux villages ont été rayés de la carte. Ici la population est très pauvre, beaucoup vivent de l’agriculture mais juste assez pour nourrir la famille.
    Dans le village de Kaping, hommes, femmes et enfants sont assis à même le sol. Un formateur explique les rudiments de construction d’une maison solide.

    L’un des bénéficiaires de cette formation en maçonnerie et menuiserie, c’est Harka Bahadur Subedi, 32 ans. Il nous montre fièrement la maison pilote qu’il a construit de ses propres mains.

    Tout est fabriqué avec des matériaux locaux, du bambou notamment et de la terre mélangée à du fumier comme isolant. La bâtisse doit lui permettre de loger sa femme et ses trois enfants en bas âges. En attendant que le gouvernement distribue les 1600 euros promis aux sinistrés. « Je suis vraiment heureux d’avoir reçu l’aide des ONG pour construire cette maison, nous explique Harka Bahadur Subedi. Elles m’ont donné environ 340 euros. J’ai confiance. La maison résistera à un autre séisme. Elle est solide. Je le sais, car c’est moi-même qui l’ai construite. »

    Sa nouvelle maison devrait être terminée bientôt, il n’y a plus de temps à perdre, Harka retourne mélanger la terre et le fumier.

    « Dix ans en arrière »

    Le Népal a fait un bond de dix ans en arrière au niveau développement, explique à RFI Pierre Prakash, porte-parole du département de l’Aide humanitaire de la commission européenne pour l’Asie-Pacifique (ECHO). La période d'aide d’urgence touche à sa fin et le pays est dans une période de transition, de reconstruction dont on sait qu'elle va durer longtemps « quand on voit l’ampleur de la tâche : 600 000 maisons détruites... on sait que les gens qui ont perdu leur maison ne vont pas avoir une maison en dur demain ». Les moyens du gouvernement sont limités aussi la reconstruction prendra des années, explique Pierre Prakash qui insiste particulièrement sur les problèmes sanitaires et l'alimentation en eau potable.Il faut restaurer une alimentation pérenne en eau potable pour empêcher l'exode des populations rurales vers les villes.

    Une lente reconstruction

    Plusieurs facteurs contribuent à ralentir la reconstruction. D'abord, la complexité du terrain. Le Népal est une région très montagneuse, de nombreux villages en altitude sont d'un accès difficile, certains sont totalement coupés du monde, sans véritable route pour y accéder. L'an dernier en juin, une conférence des donateurs s'est tenue à Katmandou, avec des promesses de dons dépassant les 4 milliards d'euros, mais personne n'a pu nous dire combien d'argent a effectivement été versé sur les comptes de l'Etat népalais.

    La lenteur de la reconstruction s'explique aussi par les lourdeurs administratives. Il a fallu dresser une liste de tous les foyers touchés par le séisme et de finaliser une liste des bénéficiaires. C'est aujourd'hui chose faite, et la NRA, l'agence nationale pour la reconstruction va enfin pouvoir débloquer les fonds, environ 1800 euros pour reconstruire les maisons en dur. Cela se fera en plusieurs étapes, avec 100.000 bénéficiaires dans une première phase. En attendant des millions de personnes vivent toujours dans des abris provisoires, et de nombreuses personnes doutent d'une quelconque aide, notamment en raison des nombreux soupçons de corruption qui pèsent sur une classe politique instable et très divisée.

    → Un grand reportage sonore à écouter ici

    Pierre Prakash: « On ne peut pas vivre sans eau potable ! »

    porte-parole du département de l’Aide humanitaire de la Commission européenne pour l’Asie-Pacifique (ECHO)

    25/04/2016 - par Jelena Tomic Écouter

     

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