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    Asie-Pacifique

    Duterte, un président prônant les crimes de masse à la tête des Philippines

    media Rodrigo Duterte embrassant le drapeau philippin, à l'avant-veille du scrutin présidentiel lors d'un meeting à Manille le 7 mai 2016. REUTERS/Romeo Ranoco/File Photo

    Les résultats officiels ne sont pas encore tombés, mais la victoire est acquise. Rodrigo Duterte, 71 ans, dirigera les Philippines pour les six ans à venir. Cet avocat populiste, maire de la grande ville méridionale de Davao, est arrivé en tête du scrutin présidentiel à un seul tour, avec près de 40 % des suffrages et une avance de 6,1 millions de voix sur le candidat du pouvoir sortant, Max Roxas. Ce dernier a reconnu sa défaite, tout comme les deux autres principaux rivaux du vainqueur. Comment le nouveau président a-t-il bâti son ascension ?

    Rodrigo Duterte au volant d'un taxi, la nuit, pour s'assurer personnellement du respect du couvre-feu. Voilà comment le maire de Davao, présentée comme la ville la plus sûre des Philippines, a également bâti sa réputation jusqu'à rafler la présidence du pays, explique notre correspondante à Manille, Marianne Dardard.

    A Manille, tous les chauffeurs de taxi ne jurent que par lui. Pour Eddie Ricafrinte, qui exerce son métier depuis 35 ans, « Rodrigo Duterte est un homme fort ». Il se reconnaît parfaitement dans le discours ultra-sécuritaire du nouveau président, qui promet de débarrasser les Philippines de la criminalité en six mois.

    Appels au meurtre lors de la campagne

    Ce « processus de guérison » promis par le grand vainqueur du scrutin, c'est également ce que souhaite Randy Alingasa, dont deux collègues en exercice ont été tués dans des attaques. « Duterte a promis d'éradiquer les criminels et les narcotrafiquants, et je suis sûr qu'il va le faire », confie-t-il.

    Pendant la campagne, M. Duterte a martelé qu'il se sentait prêt à tuer des dizaines de milliers de criminels, jeter les droits de l'homme aux orties et se gracier lui-même pour meurtres de masse. « Je le ferai, même s'ils m'accusent d'être un bourreau », a redit ce mardi le nouveau président au sujet de l'une de ses priorités, le trafic de drogue.

    Le nouveau président met également en garde les « ripoux » à travers le pays. « Si vous êtes un policier et que vous voulez continuer votre racket, il faudra choisir : soit vous me tuez, soit je vous tue ! », a-t-il prévenu. « Regardez ce que j'ai fait à Davao. Je ne laisserai pas tomber les gens », assure le nouveau chef de l'Etat.

    La colère dans les classes populaires

    A Manille, turbulente capitale au trafic parfois infernal, les chauffeurs de taxi perçoivent un salaire journalier souvent inférieur à 20 euros. Ils sont rarement propriétaires de leur véhicule, et souvent roulent sans interruption 24 heures durant. Des conditions difficiles, et emblématiques.

    C'est en effet la situation endurée par beaucoup de Philippins. Et c'est la colère sourde perceptible chez les pauvres qui a propulsé Rodrigo Duterte au pouvoir lundi 9 mai 2016. Une « victoire écrasante », selon le terme employé par le quotidien historique du pays, The Daily Inquirer, pas spécialement réputé en faveur de l'avocat.

    Les perdants reconnaissent leur défaite

    « C'est avec humilité, une humilité extrême, que je l'accepte, ce mandat du peuple », a déclaré le nouvel homme fort des Philippines à l'Agence France-Presse. « J'éprouve de la reconnaissance envers le peuple philippin », a-t-il ajouté, invitant ses rivaux à la réconciliation, après une campagne de division totalement outrancière.

    « Je veux tendre la main afin que nous commencions maintenant le processus de guérison », considère le nouveau président, dont les trois principaux adversaires ont reconnu la victoire. Même le président sortant, Benigno Aquino, qui avait accusé Rodrigo Duterte d'être un dictateur en devenir, a pris acte des résultats.

    Du jamais vu depuis Joseph Estrada

    Ce qui frappe, c'est ce score très élevé pour un scrutin à tour unique : près de 40 % des votes, ce qui est même supérieur à ce que prévoyaient les sondages. La dernière fois qu'une majorité aussi claire s'était installée en faveur d'un candidat, c'était pour le président Joseph Estrada, un ancien acteur de cinéma.

    Aux Philippines, la popularité est un élément-clé en politique. Or, Rodrigo Duterte, qui a dit qu'il voulait se faire appeler « président Rody », démarre sa présidence très fort. Son porte-parole a en effet annoncé ce mardi qu'il prévoyait de réviser la Constitution et de proposer une refonte gouvernementale pour un système parlementaire.

    Selon les termes du code électoral philippin, le candidat arrivé en tête devient président. Mais la Commission électorale ne devrait pas proclamer officiellement la victoire de Rodrigo Duterte avant une semaine. Le prochain chef de l'Etat prêtera ensuite serment le 30 juin.

    → À relire : Un « Dirty Harry » pour les Philippines ?

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