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    Asie-Pacifique

    Megalia, le site féministe ultra-radical qui fait polémique en Corée du Sud

    media En Corée du Sud, les inégalités entre les sexes restent particulièrement criantes (image d'illustration). ED JONES / AFP

    La guerre des sexes fait rage sur Internet cet été en Corée du Sud, depuis qu’une jeune femme a été licenciée par son employeur, un éditeur de jeux vidéos, pour avoir posté sur Twitter une photo d’elle portant un tee-shirt où il était écrit : « Les filles n’ont pas besoin d’un prince ». La raison du licenciement ? Le tee-shirt incriminé est vendu par « Megalia », un site internet féministe radical et controversé.

    De notre correspondant à Séoul,

    Megalia a été fondé en août 2015, en réaction à des commentaires misogynes échangés sur un forum en ligne, qui accusaient faussement deux femmes d’avoir violé un ordre de quarantaine pour aller faire du shopping.

    Les membres de Megalia ont répondu à ces commentaires en retournant contre les hommes les mêmes injures et grossièretés qui visent habituellement les femmes. Le succès a été fulgurant. Des centaines de milliers de membres – dont l’anonymat est garanti – ont rejoint le site.

    Dans une Corée du Sud où les inégalités entre les sexes restent particulièrement criantes et les discriminations contre les femmes très marquées, Megalia s’est lancé avec succès dans une série de campagnes. Ses membres ont ainsi réussi à faire fermer un site qui diffusait des images sexuelles prises à l’insu des victimes, et qui facilitait aussi la prostitution, notamment de mineurs.

    Elles ont réussi à stopper la vente sur des sites internet d’acides utilisés lors d’attaques pour défigurer les femmes, ainsi que de caméras cachées qui servent à prendre des photos de dessous féminins dans les lieux publics.

    Une guerre des sexes en ligne

    Si le site attise autant de haine, c’est à cause de son discours ultra-radical et agressif. Le logo de Megalia représente ainsi deux doigts qui laissent entendre que les Coréens en ont une toute petite… Sur le forum, la violence des propos et la verdeur des insultes à l’égard des hommes sont telles que certains accusent le site de faire l’apologie de la haine et d’aggraver le problème.

    Ses membres – qualifiées de « féminazis » par leurs détracteurs - se justifient en affirmant vouloir faire comprendre la discrimination dont elles sont victimes en répondant à la violence par la violence.

    Le site s’est lui-même divisé en factions rivales. Des membres se sont déchirés sur l’attitude à adopter face aux hommes homosexuels. Des féministes se sont élevées contre les positions extrémistes de Megalia et certains forums d’extrême-droite se déchaînent contre le site.

    Les politiques s'en mêlent

    Aujourd’hui, Megalia est devenu si toxique qu’afficher sa sympathie via un tee-shirt peut vous coûter votre emploi, a ainsi appris à son insu une jeune employée.

    Des dessinateurs d’un site de BD en ligne qui avaient pris la défense de Megalia dans cet incident ont vu des milliers de lecteurs se désinscrire. La dispute a même pris un tour politique : un parti de gauche, le Parti de la justice, a critiqué ce licenciement abusif et perdu certains de ses membres, ulcérés de passer pour des sympathisants de Megalia.

    Mais malgré tous ses défauts, le site a au moins le mérite de faire progresser, à sa façon, la cause des femmes en Corée du Sud.

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