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    «La Commission est obligée de demander à un pays de la zone euro de revoir son projet de budget», a déclaré le vice-président de l'exécutif européen Valdis Dombrovskis lors d'une conférence de presse ce mardi. Il s'agit d'une première dans l'histoire de l'Union européenne. Selon les règles de l'UE, l'Italie dispose maintenant de trois semaines pour présenter un budget révisé.

    Asie-Pacifique

    Birmanie: début des négociations de paix avec les groupes rebelles à Naypyidaw

    media Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pose avec les leaders des groupes rebelles birmans. ROMEO GACAD / AFP

    C’était l’une des priorités du programme de campagne d’Aung San Suu Kyi lors des législatives de novembre 2015. La « conférence de Panglong du XXIe siècle », qui s’est ouverte ce mercredi 31 août à Naypidaw, la capitale administrative birmane, rassemble une vingtaine de groupes rebelles. Le parti du prix Nobel de la paix 1991, la Ligne nationale pour la démocratie (LND), désormais au gouvernement, entend obtenir un cessez-le-feu avec les combattants insurgés des minorités ethniques. Une conférence pour la paix prélude à de longs et difficiles pourparlers qui doivent reprendre dans six mois.

    La lauréate 1991 du prix Nobel de la paix avait presque les mots de son père mercredi matin pour l’ouverture de la « conférence de Panglong du XXIe siècle ». Soixante-dix ans après la première conférence de Panglong et les accords de paix de février 1947, ratifiés par le général Aung San, père de l’indépendance birmane, il faut tout reprendre à zéro.

    « Aussi longtemps que nous sommes incapables d’une réconciliation et d’une unité nationale, nous ne pourrons pas établir une fédération de paix », a martelé Aung San Suu Kyi, de facto chef du gouvernement birman depuis que la LND a remporté les élections fin 2015. La ministre birmane des Affaires étrangères promet de transformer la Birmanie en Etat fédéral en cas de cessez-le-feu.

    70 ans de conflit

    « La tâche d’Aung San Suu Kyi n’est pas aisée, confie Cécile Harl de l’association InfoBirmanie. Elle se positionne comme la fille du général Aung San, le premier qui a négocié un accord avec les minorités. Et elle a donc plus de chances d’y arriver. En même temps, elle doit négocier avec l’armée birmane et les groupes ethniques armés, ce qui rend les choses difficiles. »

    Lors de la première conférence de Panglong en février 1947, un accord garantit notamment aux insurgés Kachin, Chin et Shan une forme d’autonomie. Problème : le 19 juillet de la même année, le général Aung San, est assassiné avec six ministres de son cabinet nationaliste. Les conflits entre groupes ethniques et l’armée birmane reprennent aussi sec.

    « Depuis 1948, la Birmanie est indépendante, explique Alexandre Gandil, mais depuis cette date le pays est menacé d’éclatement en raison de tensions sécessionnistes. Ces tensions sont liées aux frustrations des ethnies dans les Etats périphériques qui étaient valorisés sous la colonisation Britannique. Lorsque la Birmanie est devenue indépendante, c’est l’ethnie majoritaire des Bamars qui a pris le pouvoir », poursuit ce jeune doctorant à Sciences Po et auteur de l’infographie « Birmanie : l’unité impossible » sur Asialyst.

    Une mosaïque d'ethnies cohabitent en Birmanie Alexandre Gandil/Asialyst.com

    135 groupes ethniques

    Outre la détermination du nouveau gouvernement birman de parvenir à la trêve, l’armée fait savoir depuis plusieurs mois qu’elle souhaite aller dans ce sens. Juste avant de perdre les élections, la junte est parvenue à négocier ce qu’elle a appelé « un accord national de cessez-le-feu ». « 21 groupes insurgés étaient alors concernés, rappelle Cécile Harl, seuls huit d’entre eux ont accepté de signer et six groupes avaient été exclus du processus. »

    « Les militaires birmans se sont récemment opposés à la présence de trois groupes armés à cette conférence du 31 août, souligne de son côté Alexandre Gandil, et certains attendent encore de voir en se positionnant comme observateurs. » Les conditions imposées par la junte ont longtemps été jugées non recevables par certaines ethnies. Lors de la signature de « l’accord » de 2015, l’armée demandait à certains groupes de déposer les armes tout en continuant de les attaquer, ce qui a compliqué les choses.

    Les rebelles ont encore accusé mardi l’armée d’avoir lancé des attaques dans les régions Shan et Kachin dans le nord et l’est du pays. « Les militaires ont changé de ton, estime la coordinatrice d’InfoBirmanie, tout en restant flous quant à leurs ambitions. Ils demandent à ce que ces groupes manifestent simplement leur intérêt pour le processus de paix et cessent la lutte armée. » Un flou dans le discours qui laissait encore les observateurs s’interroger mardi soir sur la présence ou non de certains groupes dans les négociations.

    Le poids de la Chine

    On ne sait pas encore par exemple si les combattants Rakhines (Etat d’Arakan), les Taungs et les Kokang, ont fini par être acceptés par les militaires et s’ils font partie des 700 représentants des groupes rebelles présents ce mercredi à Naypidaw. Ce qui est sûr en revanche, c’est que les deux principales ethnies minoritaires sont à la conférence. Les Wa et les Kachin pourraient même jouer un rôle de médiateurs. « L’armée Wa compte entre 20 et 30 000 combattants soutenus par Pékin », affirme Cécile Harl.

    « La Chine est partie prenante de ce processus de paix, notamment parce qu’elle a appuyé des groupes ethniques armés pendant très longtemps et continue d’entretenir des liens avec les Wa et les Kokang. » Les Kachin pèsent aussi dans ces pourparlers, moins en raison du nombre de combattants que par leur influence. Les officiers Kachin ont formé l’armée d’Arakan et entretiennent des liens étroits avec l’Etat Shan.

    Le 27 août, un communiqué, signé par le commandant en chef de la Kachin Independance Army, annonçait cette participation en coopération avec le United Nationalities Federal Council (une coalition de sept groupes armés) : « Cette conférence est juste la cérémonie d’ouverture du processus de paix. Nous ne nous attendons pas à beaucoup de résultats, il s’agit d’un point de départ », a alors déclaré Kuu Oo Yal, le secrétaire général de l’UNFC, dans des propos rapportés par le Myanmar Times.

    Aung San Suu Kyi, la ministre des Affaires étrangères entre le président de la république birmane, Htin Kyaw, à droite, et le vice-président, Henry Van Thio, le 31 aout 2016. AUNG HTET / AFP

    Enjeux nationaux et régionaux

    « C’est une date qui est très importante pour l’histoire de la Birmanie, confie Cécile Harl. Ce conflit dure depuis trop longtemps et la population en a assez. Elle veut avancer vers la paix, autrement dit dépenser plus de budget pour les réformes de l’éducation, de la santé. »

    Avec près de 500 000 hommes, l’armée birmane est la deuxième d’Asie du Sud-Est après celle du Vietnam. D’éventuels accords de paix pourraient permettre de réduire le poids des militaires dans le pays. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, est présent à la conférence et son prédécesseur a été nommé par le gouvernement birman à la tête d’une commission chargée de régler le conflit avec l’Etat de l’Arakan. Car à ces enjeux nationaux se superposent des questions régionales et internationales. Ces conflits entre l’armée et les insurgés débordent sur les frontières.

    Les populations civiles fuient les violences et les réfugiés se retrouvent dans toute l’Asie. La Chine, l’Inde, la Thaïlande, les États-Unis ont donc les yeux tournés vers Naypidaw et ces pourparlers qui devraient se poursuivre jusqu’à ce week-end. L’Union européenne a mis également de l’argent sur la table. Bruxelles entend encourager le processus de paix. Comme pour les pays voisins de la Birmanie, de nombreux investisseurs européens s’intéressent de près à ce marché de près de 60 millions de consommateurs où beaucoup reste à entreprendre. Certains ont même parlé d’un « eldorado birman ». Pour cela, encore faut-il que les armes se taisent, a rappelé ce mercredi Aung San Suu Kyi.

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