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    Asie-Pacifique

    Cachemire : histoire d'un territoire déchiré en 12 dates

    media Les forces de sécurité indiennes à la frontière pakistanaise dans la ville de Srinagar, au Cachemire, le 27 août dernier. REUTERS/Danish Ismail

    La question du Cachemire constitue la principale pomme de discorde entre l’Inde et le Pakistan, frères ennemis issus de la partition de l’Empire britannique des Indes. New Delhi et Islamabad se sont livré trois guerres pour affirmer leur domination sur ce territoire situé au nord de l’Inde et à population en majorité musulmane. Une ligne de cessez-le-feu, qui date de la première guerre indo-pakistanaise de 1948, sépare la région en deux. Depuis 1989, le Cachemire connaît une insurrection armée qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. On assiste depuis deux mois à un regain de tensions dans la région. Retour sur la tragédie du Cachemire en douze dates.

    Octobre 1947 : le Cachemire vaut bien une guerre

    En août 1947, lorsque l’Inde et le Pakistan accèdent à l'indépendance, les Etats princiers de la région sous protectorat britannique ont le choix de rallier l’un ou l’autre des deux pays. C'est seulement en octobre 1947 que le royaume du Cachemire, qui compte une population à majorité musulmane, mais qui est gouverné alors par un prince hindou, demande à être rattaché à la Fédération indienne, entraînant la première guerre entre l’Inde et le Pakistan. Les deux pays revendiquent ce territoire montagneux, stratégiquement situé entre l’Inde, le Pakistan et la Chine.

    Janvier 1949 : cessez-le-feu et division du royaume

    Carte du Cachemire.

    Au terme de plusieurs mois d’hostilités qui opposent les frères ennemis, un cessez-le-feu négocié par l’ONU entre en vigueur le 1er janvier 1949. En attendant le référendum d’autodétermination promis par l’Inde, les armées indienne et pakistanaise se retirent de part et d’autre de la « Ligne de cessez-le-feu » qui divise depuis de facto le Cachemire en deux : les deux tiers formant l’Etat fédéré indien du Jammu-et-Cachemire (capitale Srinagar), et le dernier tiers sous l’administration pakistanaise comportant l’Azad Jammu et Cachemire (« Jammu et Cachemire libre ») avec pour capitale Muzaffarabad et les Territoires du Nord, avec pour capitale Gilgit.

    1950-1954 : statut spécial du Cachemire

    Proclamation en janvier 1950 de la Constitution indienne qui reconnaît au Cachemire un statut autonome spécifique. L’Etat du Jammu et Cachemire élit une Assemblée constituante à son tour qui ratifie formellement en 1954 l’accession du Cachemire à l’Inde, ce qui vaut désormais pour New Delhi consultation de la population réclamée par les Nations unies et le Pakistan. L’Inde justifie, par ailleurs, son refus d’organiser un scrutin référendaire par le fait que le Pakistan n’a jamais retiré ses troupes des parties du Cachemire qu’il a occupées pendant la guerre de 1947-48. Dans les années 1950, la Chine s'impose comme le troisième acteur au Cachemire, en s'emparant de l'Aksai Chin, partie orientale du territoire, qui relie les provinces chinoises du Tibet et du Xinjiang.

    1965-66 : seconde guerre indo-pakistanaise

    La question du Cachemire conduit de nouveau les deux Etats à se livrer en 1965 une guerre meurtrière que le Pakistan perd. Le traité de paix signé en janvier 1966, à Tachkent (Ouzbékistan), permet à New Delhi d’obtenir la reconnaissance officielle de la ligne de cessez-le-feu, qui deviendra en 1972 la « Ligne de contrôle », la frontière de facto entre les deux belligérants.

    Juin 1972 : accords de Shimla

    En 1971, les frères ennemis de l’Asie du Sud se font de nouveau la guerre avec pour enjeu cette fois l’indépendance de la partie orientale du Pakistan. La population bengaliphone du Pakistan oriental s’était rebellée contre l’autorité d’Islamabad. Aidés par l’armée indienne, les insurgés indépendantistes font sécession et créent le Bangladesh. L’accord signé en 1972 par les Indiens et les Pakistanais, entérinant l’existence de ce nouveau pays, a un volet cachemiri. Le Pakistan s’engage à renoncer à internationaliser ce dossier, dont le règlement ne pourra qu’être bilatéral.

    1987-1989 : montée du mouvement indépendantiste

    Des élections régionales truquées en 1987 favorisent l’arrivée sur le devant de la scène politique du Cachemire sous l'administration indienne d’un courant indépendantiste centré autour du Front de libération du Jammu et Cachemire(JKLF). Les jeunes insurgés affiliés au JKLF franchissent la ligne de contrôle pour s’entraîner à la lutte armée dans le Cachemire sous l’administration pakistanaise. La guerre d’Afghanistan a renforcé le rôle dans la région du Pakistan qui devient la base arrière des résistants à l’occupation soviétique. Le retrait des troupes soviétiques en 1989 coïncide avec la montée de l’insurrection indépendantiste au Cachemire, avec le Pakistan fournissant un appui logistique important aux insurgés.

    Les années 1990 : début de la « sale guerre » contre les insurgés

    L’Inde reproche au Pakistan de mener une « guerre par procuration » au Cachemire indien et d’encourager les incursions des combattants islamistes, qui bénéficieraient de l’aide des services secrets d’Islamabad, l’Interservices Intelligence Agency (ISI). En représailles, New Delhi renforce sa présence militaire au Jammu-et-Cachemire et déploie dans la province plus de 500 000 soldats. Le Cachemire est placé pendant six ans (1990-1996) sous la férule directe du pouvoir central. L’administration instaure par ailleurs des lois d’exception qui lui permettent de réprimer l’insurrection d’une main de fer. C’est le début de la « sale guerre » qui a fait depuis plus de 50 000 morts, essentiellement parmi la population civile.

    Mai-juillet 1999 : guerre de Kargil

    La tension monte de plusieurs crans entre l’Inde et le Pakistan, à cause des essais

    Glacier Kolahoi (Cachemire indien) (Licence Creative Commons/ Suyash)

    nucléaires indiens en mai 1998, suivis de peu des essais par le Pakistan. Pour réduire les tensions, les Premiers ministres des deux pays se réunissent à Lahore, au Pakistan, et affirment leur volonté d’intensifier leurs efforts afin de régler le différend du Cachemire. Mais leurs ambitions sont torpillées par l’armée pakistanaise qui, à la faveur de l’hiver, viole la ligne de contrôle pour occuper des positions stratégiques en plein Himalaya, dans le district indien de Kargil. L’armée indienne intervient pour mettre fin à cette infiltration massive pakistanaise sur son sol. Les combats font plus de 1 000 morts des deux côtés de la ligne de contrôle. La guerre de Kargil est le premier affrontement entre les deux voisins officiellement nucléarisés depuis 1998.

    2001-2005 : réchauffement timide des relations

    Les terroristes musulmans perpètrent en octobre 2001 un attentat contre l’Assemblée de l’Etat du Jammu-et-Cachemire. En décembre de la même année, le Parlement indien à New Delhi subit une attaque terroriste. L’Inde accuse le Pakistan d’avoir commandité ces attaques et mobilise ses troupes sur le front pakistanais. Le Pakistan fait de même sur le front indien. Les relations diplomatiques sont rompues entre les deux pays. Le 25 novembre 2002, sous la pression de la communauté internationale, les deux Etats proclament un cessez-le-feu de part et d’autre de la ligne de contrôle. En janvier 2004, ils entament un « dialogue global » incluant le problème du Cachemire. Les escarmouches se font plus rares et, en 2005, signe d’une timide ouverture de la ligne de contrôle, une liaison par autocar entre Srinagar et Muzaffarabad est inaugurée.

    Eté 2010 : une nouvelle vague de violences

    Vingt ans après le début de l’insurrection indépendantiste, la vallée du Cachemire connaît une nouvelle vague de violences pendant l’été 2010. Les manifestations se multiplient dans les rues de Srinagar, entraînant des heurts violents avec les forces de sécurité. Ces violences font une centaine de morts. Le calme revient après la reprise du « dialogue composite » entre New Delhi et Islamabad qui avait été suspendu après les attentats de Mumbai, en novembre 2008.

    2012-2014 : frustrations ravivées de la jeunesse cachemirie

    Le chef du gouvernement local du Cachemire indien proclame, en août 2011, l’amnistie pour les 1 200 jeunes insurgés qui avaient participé aux manifestations de 2010 et aux violences visant les forces de sécurité. Le gouvernement annonce également des tests ADN pour identifier les milliers de corps enterrés dans des tombes anonymes. Selon les associations des droits de l’homme, les militaires auraient fait « disparaître » 8 000 personnes depuis le début de l’insurrection armée en 1989. Un semblant de paix règne dans la vallée, mais le répit est de courte durée. Dès 2013, on assiste à une recrudescence de violences, avec de plus en plus de jeunes rejoignant les rangs des organisations islamistes militantes : le Hizb-ul-Moujahidin, le Jaish-i-Mohammed, le Lashkar-i-Taiba. Selon les analystes, c’est la pendaison en février 2013 du cachemiri Mohammed Afzal Guru, accusé par la justice indienne d’avoir participé à l’attaque contre le Parlement indien en 2001, qui aurait ravivé la frustration des jeunes cachemiris.

    2016 : le Cachemire s'embrase

    Des troupes paramilitaires indiennes pendant le couvre-feu à Srinagar, au Cachemire indien, le 16 juillet 2016. TAUSEEF MUSTAFA / AFP

    Le Cachemire indien est de nouveau le théâtre de violences qui ont causé entre juillet et septembre près de 90 morts. C’est la mort d’un leader rebelle charismatique de 23 ans, tué par les forces de sécurité indiennes dans une fusillade, qui a mis le feu aux poudres dans la région. L’annonce de la mort de Burhan Wani, qui était très suivi sur les réseaux sociaux, provoque des protestations de grande ampleur et des heurts violents entre les manifestants et la police, entraînant l’imposition du couvre-feu sur les grandes parties du territoire. Des dizaines de milliers de personnes bravent le couvre-feu pour assister aux funérailles du chef rebelle, alors que des heurts meurtriers opposent régulièrement rebelles et soldats près de la frontière indo-pakistanaise.

    L'atmosphère politique au Cachemire, déjà très volatile en ce début d'automne, se détériore un peu plus lorsqu'une attaque sanglante est perpétrée le 18 septembre contre une base militaire indienne, causant la mort de 17 militaires indiens et faisant 35 blessés. Les assaillants étaient au nombre de quatre, mais fortement armés, ce qui fait dire aux responsables indiens que l'attaque serait l'œuvre d'un commando parti du Pakistan voisin. Il s'agit de la pire attaque du genre depuis des années. Le gouvernement nationaliste au pouvoir en Inde est sous pression pour sanctionner le Pakistan après cette attaque, mais les analystes font remarquer dans la presse indienne que New Delhi n'a pas beaucoup d'options autres que diplomatiques face à un Pakistan nucléarisé.

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