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    Asie-Pacifique

    [Reportage] Afghanistan: il y a 20 ans, les talibans prenaient Kaboul

    media Aujourd'hui, la sécurité et la crise économique sont les principales préoccupations des Kaboulis. MASSOUD HOSSAINI / AFP

    Il y a vingt ans, les talibans s'emparaient de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan. Leur régime basé sur la terreur a duré jusqu'en 2001, année de l'intervention américaine après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. La capitale afghane s'est transformée depuis. Les Kaboulis, eux, sont toujours confrontés à des défis majeurs.

    Un restaurant du centre de Kaboul. Les couleurs de l’enseigne sont criardes : vert, rouge, jaune. Hamburgers, sodas, smoothies sont peints sur les murs extérieurs. Les portes de l’entrée sont grandes ouvertes, déversant une musique indienne diffusée à fort volume par des haut-parleurs. C’est ainsi que rivalisent les restaurants, les échoppes de brochettes sur les trottoirs de la capitale afghane.

    Scène inimaginable il y a 20 ans sous le régime des talibans. La musique était strictement interdite durant ces années de terreur. Souhail, jeune ingénieur âgé de 26 ans, en avait 6 lorsque les talibans se sont emparés de Kaboul en septembre1996. « Ils ne nous laissaient pas jouer au foot, ils disaient que c’était interdit dans l’islam. Quand ils nous surprenaient, ils déchiraient notre ballon avec un couteau », raconte-t-il.

    A cette époque, Hamida vivait dans un quartier du nord de la ville : « Je me souviens, dix jours après l'arrivée des talibans, je suis allée à la boulangerie acheter du pain. Je ne portais pas de burqa. Les talibans m'ont alors battue avec un câble électrique ». Veuve, mère de cinq enfants, elle travaille depuis quelques années, comme femme de ménage chez des étrangers. Deux fois par semaine, elle prend deux minibus collectifs pour se rendre sur son lieu de travail, 2h30 de trajet aller-retour.

    La jeunesse rêve d'ailleurs

    Comme beaucoup d'Afghanes, Hamida ne sort jamais sans son voile léger posé sur ses cheveux. Dans les rues, quelques femmes se dissimulent encore sous une burqa bleue. « Aujourd'hui, les femmes peuvent se promener librement où elles veulent, travailler où elles veulent, dans des magasins par exemple », dit-elle. Elles sont rares à exercer ce métier. La gent féminine lorsqu’elle a eu accès à l’éducation se dirige plutôt vers l’enseignement, la médecine, les postes administratifs.

    La jeunesse, elle, rêve d'ailleurs. Le chômage en est la cause principale comme l’explique Jaffar. Le jeune homme a 16 ans : « J'ai fait une demande d'asile à l'ambassade de Suède, parce que la situation empire chaque jour. Le taux de chômage ne fait qu'augmenter, personne n'arrive à trouver du travail. »

    « Nous avons peur »

    Cheveux noirs enduits de gel, dans un salwar kameez sombre, Nazir, 17 ans, sort peu. L’adolescent suivait des cours à la prestigieuse université américaine de Kaboul, attaquée par des hommes armés le 24 août dernier. Par chance, il ne s’y trouvait pas ce jour-là contrairement à certains de ses amis. Traumatisé, il n’y a plus remis les pieds. Quelques jours plus tard, c’est le quartier nanti de Shar-e-Naw qui a été visé dans deux attaques à la bombe perpétrées à 12  heures d’intervalle seulement. L’une des explosions a eu lieu à moins d’un kilomètre de Chicken street, une rue commerçante.

    « La guerre, les attentats, tout cela a des conséquences sur l'économie de ce bazar », explique Mahamat, 28 ans, vendeur dans une boutique de souvenirs. Pas un client ce jour-là au milieu des tuniques colorées, des poteries délicatement peintes aux couleurs pastels et des tapis tissés à la main. « Ces trois dernières années, nous avons perdu près de 60-70% de chiffre d'affaires, indique le vendeur. Avant notre magasin ne désemplissait pas du matin au soir. Aujourd'hui, nous n'avons que deux, trois, quatre, cinq clients maximum par jour. »

    Le Dr Noushin, médecin dans le Badakhchan, dans le nord-est du pays, explique s’astreindre à une routine sécuritaire. « Nous sortons juste pour aller au travail et nous rentrons directement à la maison. Pas de sortie au marché, pas de shopping, pas de promenade. Nous ne nous sentons pas en sécurité. Nous pouvons sortir faire des courses partout si on le souhaite, mais nous avons peur. »

    La peur des attentats est omniprésente, mais d’autres craintes s’y ajoutent, celle des enlèvements, celle de la criminalité. Les fléaux de l'Afghanistan d'aujourd'hui avec lesquels Mahamat a appris à vivre. « Nous avons l'habitude, si on a peur, on ne peut pas vivre ici ». La sécurité et la crise économique sont sans conteste, les principales préoccupations des Kaboulis, loin devant la crainte de voir un jour les talibans qui contrôlent entre 10 et 30% du territoire, reprendre le pouvoir de la capitale afghane.

    Micro-trottoir
    Paroles d'Afghans: il y a vingt ans, la prise de Kaboul 27/09/2016 - par Sonia Ghezali Écouter

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