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    Asie-Pacifique

    Philippines: les députés appelés à voter pour réintroduire la peine de mort

    media Le président philippin Rodrigo Duterte présente des photographies de personnes dites impliquées dans des trafics de drogue, lors d'un discours à Davao, au sud des Philippines, le 2 février 2017. REUTERS/Lean Daval Jr

    La peine de mort peut-être de retour pour bientôt aux Philippines. Ce mardi 28 février 2017, les députés de l'archipel sont appelés à voter un projet de loi défendu par Rodrigo Duterte. Le président philippin déclare préférer la peine de mort par pendaison au peloton d'exécution, afin « de ne pas gaspiller de balles ». Rodrigo Duterte voit dans la peine de mort un moyen de lutter contre la criminalité et le narcotrafic. Depuis son arrivée au pouvoir, la guerre antidrogue a tué près de 7 000 personnes en sept mois, et ce projet de réintroduire la peine de mort suscite l'inquiétude chez les défenseurs des droits de l'homme.

    De notre correspondante à Manille,

    La peine de mort est actuellement suspendue aux Philippines depuis 2006. Le pays l'avait officiellement abolie en 1987 mais le président Fidel Ramos l'avait réintroduite en 1993 pour faire face à une résurgence de la criminalité avant qu'elle ne soit de nouveau interdite treize ans plus tard.

    Le texte de loi, présenté ce mardi 28 février 2017, à la Chambre des représentants, prévoit de rendre passible de la peine de mort le détournement d'argent, la haute trahison, le viol, ainsi que sept infractions liées au narcotrafic telles l'importation de drogue, mais plus la simple possession de drogue comme envisagé au départ. La liste des crimes passibles de la peine capitale a été réduite. Pour cette raison, le retour de la peine de mort a d'autant plus de de chances d'être adopté à la Chambre basse après des débats écourtés.

    Des « pressions politiques » sur les opposants à la peine de mort

    Les opposants au retour de la peine de mort évoquent des « pressions politiques ». Le président de la Chambre basse, Pantaleon Alvarez, un proche de Rodrigo Duterte, a publiquement menacé d'écarter des postes-clés tout député tenté de voter contre le rétablissement de la peine de mort. Pour l'opposition, il s'agit clairement d'une atteinte à la liberté de débat, voire au processus démocratique.

    Si les députés philippins votent le retour de la peine de mort, le Sénat devra à son tour se prononcer. Or, quelques jours à peine avant le vote de ce mardi 28 février à la Chambre des représentants, les autorités ont ordonné l'arrestation de la sénatrice Leila de Lima. Principale opposante politique au président Rodrigo Duterte, Leila de Lima se retrouve aujourd'hui accusée d'être liée aux barons de la drogue.

    Un risque de sanctions internationales

    C'est Leila de Lima qui avait lancé l'enquête parlementaire sur les tueries extrajudiciaires en pointant du doigt Rodrigo Duterte. Puis Leila de Lima avait été destituée par des partisans de Rodrigo Duterte. Dernièrement, une majorité de sénateurs a voté la reprise de cette même enquête, suite aux révélations explosives d'un ancien policier de Davao, du temps où Rodrigo Duterte y était encore maire. Ce policier accuse directement l'actuel président des Philippines de l'avoir payé à l'époque comme tueur à gages.

    Il y a des obstacles légaux au retour de la peine de mort. Les Philippines ont ratifié le pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations unies interdisant un retour à la peine de mort. En clair, il y a un risque de sanctions internationales, diplomatiques et financières. Mais, jusqu'ici, Rodrigo Duterte a plutôt ignoré les critiques.

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