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    Asie-Pacifique

    L'excision en Inde, un secret bien gardé

    media Femmes de la communauté Bohra en Inde (Photo d'illustration). Photo by Kunal Patil/Hindustan Times via Getty Images

    Alors qu'une campagne de prévention contre l'excision a été lancée la semaine dernière en France, un groupe de femmes indiennes mène en parallèle un combat pour l'abolition de cette pratique dans leur pays. En Inde, l'excision est pratiquée de manière quasi-secrète au sein d'une secte musulmane chiite ultra-minoritaire à l'échelle de la population indienne, les Bohra. Mais elle pourrait toucher jusqu'à 800 000 femmes appartenant à cette communauté.

    On ne pense pas souvent à l'Inde quand on évoque le sujet de l'excision, mais de plus en plus de voix s'élèvent pour condamner cette pratique dans le pays. Le combat est essentiellement mené par un groupe de femmes issues de la communauté Borha, la seule à pratiquer l'excision. La plupart ont été excisées dans leur enfance, certaines ont eu la chance d'y échapper.

    En 2015, ces femmes ont créé l'ONG Sahiyo, pour venir en aide aux femmes Borha et les soutenir pour sortir du silence. Elle ont également réalisé une étude sous forme de sondage, afin de déterminer le nombre de femmes excisées au sein de leur communauté. Selon cette étude, 80 % d'entre elles, soit jusqu'à 800 000 femmes, ont été victimes de cette pratique.

    Ce groupe de femmes a également lancé plusieurs pétitions sur la plateforme change.org, dont une exhortant l'ONU à reconnaître officiellement l'Inde comme un pays ou l'excision est pratiquée, et une autre au gouvernement indien, demandant l'interdiction de cette pratique.

    Un secret bien gardé

    L'ONU a reconnu dans un rapport sur l'excision dans le monde datant de 2008, que l'excision était pratiquée en Inde, mais le pays ne figurait que dans une annexe de ce rapport. Le problème vient du fait qu'il n'existe aucune statistiques sur l'Inde. D'où le « black-out » complet, y compris en matière de soutien de la part de l'ONU, auquel Sahyo tente de mettre fin.

    Une des membres de l'ONG explique d'ailleurs que cette reconnaissance officielle de l'ONU aidera à faire pression sur le gouvernement indien. En 2014 déjà, un député avait interpellé le gouvernement sur la question de l'excision, mais s'était vu répondre platement qu'il n'y avait aucune information sur cette pratique en Inde. 

    Interdiction officielle de l'excision en Inde, la meilleure stratégie

    Mais l'interdiction par le gouvernement sera-t-elle suffisante à faire disparaître cette pratique au sein de la communauté Borha ? C'est ce qu'espèrent ces femmes, qui cherchent à faire la lumière sur un sujet tabou chez les Bohra, dont personne avant elles n'osait parler.

    Il faut savoir que les Bohras sont une communauté commerçante prospère, dont les membres, y compris les femmes, sont très éduqués. Mais c'est aussi une communauté très soudée et quiconque s'oppose aux traditions, et notamment à la parole du Sayedna, le leader religieux de tous les Borhas, est la cible d'un impitoyable boycott social et par conséquent souvent économique.

    Mais récemment, trois membres Borhas ont été condamnés en Australie pour avoir pratiqué l'excision. Après cette décision de justice, le clergé Borha en Inde a déclaré que la communauté devait avant tout obéir aux lois de leur pays de résidence.

    Selon cette logique, l'interdiction officielle de l'excision en Inde obligerait également l'abandon de cette pratique par les Borha dans le pays. Pour les membres de Sahyo, qui militent pour l'abolition de l'excision, le recours au système juridique apparait donc comme la meilleure stratégie. 

    → Lire le reportage très complet de l'Hindustan Times sur le même sujet, India's dark secret

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