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    Asie-Pacifique

    Afghanistan: la bombe américaine tue des dizaines de jihadistes, selon Kaboul

    media Le général John Nicholson, commandant des forces américaines en Afghanistan, lors d'une conférence de presse à Kaboul, le 14 avril 2017, au lendemain de la frappe américaine avec la bombe GBU-43, surnommé la bombe mère. REUTERS/Omar Sobhani

    Une bombe américaine de destruction massive par souffle non-nucléaire a été larguée jeudi soir dans l'est de l'Afghanistan par les Etats-Unis. Elle visait les sites occupés par le groupe Etat islamique dans la région. Cette opération a été un succès, selon le président américain Donald Trump qui se dit « très fier ». Les autorités afghanes assurent que tout a été fait pour éviter les victimes civiles et qu'au moins 36 jihadistes seraient décédés lors de cette opération. L'EI a démenti vendredi via son organe de propagande Amaq avoir subi des pertes dans le bombardement américain.

    Au lendemain de la frappe américaine avec la bombe GBU-43, surnommée « la mère de toutes les bombes », contre les positions de l'organisation Etat islamique dans l'est de l'Afghanistan, les autorités affirment que plus d'une trentaine de combattants terroriste ont été tués. Une conférence de presse a eu lieu vendredi dans l'après-midi à Kaboul avec les porte-parole des ministères de la Défense, du gouvernement afghan et le chef de l'Otan, rapporte notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali.

    L'utilisation de La bombe GBU-43, bombe de destruction massive non-nucléaire était justifiée a insisté le chef des armées américaines en Afghanistan, le général John Nicholson : « Cette arme était celle qui correspondait à la cible que nous avions. Plus de 400 km carrés ont été libérés dans le sud du Nangahar. Les ennemis utilisaient ces tunnels et ces champs de mines pour se déplacer en échappant aux forces armées américaines et afghanes ».

    La cible a été atteinte, a renchéri le général Dowlat Waziri, porte-parole du ministre afghan de la Défense. Le chef de l'Otan a indiqué que l'opération commencée le mois dernier s'était faite en coordination avec les forces armées afghanes, assurant que ce soutien américain restera indéfectible. « Les Etats-Unis sont engagés auprès de l'Afghanistan dans ce combat. Nous sommes auprès du gouvernement pour empêcher des groupes terroristes d'établir leurs sanctuaires en Afghanistan », a déclaré le général Nicholson. Un message qui s'adresse à l'organisation Etat islamique, mais aussi aux talibans, nombreux dans cette région frontalière du Pakistan.

    Les habitants de la province du Nangarhar racontent

    Certains habitants de la province du Nangarhar, vivant à plusieurs kilomètres de la zone d'impact, racontent que la puissance de la bombe GBU-43 a été telle que leurs vitres ont été brisées et que la terre a été secouée comme lors « d'un puissant tremblement de terre » pour reprendre l'expression de l'un d'eux cité par les médias locaux.

    On ignore le nombre éventuel de victimes civiles (voir la vidéo diffusée par les autorités américaines), bien que le général John Nicholson, qui commande les forces américaines en Afghanistan, a assuré que toutes les précautions avaient été prises pour éviter des dommages collatéraux, rapporte notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali.

    Le porte-parole du gouvernement afghan a même assuré que les villages situés dans la zone avaient été évacués, indiquant que le groupe Etat islamique avait subi de lourdes pertes dans ses rangs. Au moins 36 combattants sont morts, selon le ministère de la Défense, qui précise dans un communiqué que « des repaires stratégiques de Daech et un complexe profond de tunnels ont été détruits ».

    Le groupe Etat islamique (EI) réfute, via son organe de propagande Amaq, avoir subi des pertes dans le bombardement américain. 

    Cette opération était préparée de longue date par les Américains, qui avaient intensifié les bombardements dans ce secteur. Un appui aérien aux forces américaines et afghanes qui combattent plusieurs groupes armés dans cette province frontalière du Pakistan.

    Le gouvernement assure avoir été tenu au courant de cette opération d'envergure qui est dénoncée par certains opposants, tel l'ancien président afghan Hamid Karzai dont le leitmotiv, depuis qu'il n'est plus au pouvoir, est de critiquer les interventions militaires des Etats-Unis en Afghanistan.

    « Un monstre qui détruit tout autour de l’impact »

    La Maison Blanche et le Pentagone ont donné ensuite quelques détails sur le bombardement. Celle qui est surnommée « la mère de toutes les bombes » a été choisie car, disent-ils, il n’y avait aucun risque d’atteindre des civils dans la zone.

    Et cet énorme engin était le meilleur moyen d’anéantir une position terroriste, sans mettre en danger l’armée afghane ou les conseillers venus des Etats-Unis, ajoute le communiqué du ministère de la Défense. « Cette bombe est un monstre qui détruit tout autour de l’impact » expliquent les spécialistes militaires.

    C’est dans cette zone, dans l’est de l’Afghanistan, qu’un soldat américain a été tué la semaine dernière, rappelle notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio. L'annonce de ce bombardement est intervenue la veille de la tenue ce vendredi à Moscou d'une conférence sur l'Afghanistan, en présence des délégations afghanes, indiennes et pakistanaises, mais en l'absence des Etats-Unis.

    En utilisant cette bombe pour la première fois et en le médiatisant beaucoup comme la plus grosse bombe, l’administration Trump cherche à montrer qu’après la frappe en Syrie, l’escalade militaire ne lui fait pas peur.
    Le général Dominique Trinquand ancien chef de la mission militaire française aux Nations unies 14/04/2017 - par Toufik Benaichouche Écouter

    Un message pour la Corée du Nord ?

    Au lendemain de l’opération, la question de savoir si ce bombardement vaut avertissement pour la Corée du Nord est dans tous les esprits. « Je ne sais pas si cela envoie un message – ça ne fait aucune différence si c’est le cas ou pas, a répondu le président des Etats-Unis, interrogé sur ce point. La Corée du Nord est un problème et ce problème sera réglé. » Et si ce bombardement n’était pas un avertissement, cette réponse est clairement en revanche une mise en garde à Kim Jong-un.

    Dans un entretien au Wall Street Journal, le président Trump dit toutefois avoir compris, en discutant avec son homologue chinois Xi Jinping, que le dossier nord-coréen est plus complexe qu’il n’y parait. Pour l’instant, un navire américain croise au large de la péninsule coréenne, alors que Pyongyang menace, et pourrait préparer un 6e essai nucléaire.

    Mais « le problème nord-coréen sera réglé » affirme donc Donald Trump, qui tire une grande satisfaction des dernières opérations militaires, en Syrie et en Afghanistan. Certains parlementaires américains demandent à présent au président de venir expliquer sa stratégie au Congrès.

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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.