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    Asie-Pacifique

    Tension extrême entre Pyongyang et Washington avant un week-end à haut risque

    media Des officiers militaires visitent le lieu de naissance de Kim Il-sung, fondateur du régime, la veille de son 105e anniversaire. REUTERS/Damir Sagolj TPX IMAGES OF THE DAY

    La tension était à son comble entre Pyongyang et Washington à la veille d'une cérémonie marquant le 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur du régime et grand-père de l'actuel dirigeant Kim Jong-un. Selon plusieurs observateurs, le régime pourrait procéder ce samedi à un nouveau tir de missile balistique ou même à son 6e essai nucléaire. Un risque décuplé suite aux nombreux avertissements du président américain Donald Trump, qui a promis d'utiliser toutes les options pour régler le problème nord-coréen, avec ou sans la Chine. La Chine a averti de son côté qu'un «conflit peut éclater à tout moment».

    Sur la base d'images satellites, les experts du site américain 38th North ont observé ces dernières semaines une activité continue sur le site d'essai nucléaire de Punggye-ri, n'écartant pas l'option d'un nouveau test nucléaire souterrain.

    L'engin pourrait être lancé dès samedi matin, affirment plusieurs responsables américains. Dans le même temps, le porte-avions américain à propulsion nucléaire USS Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, devrait arriver ce week-end au large de la péninsule coréenne.

    Une situation explosive qui inquiète toute la région.

    L'armée nord-coréenne durcit le ton face à Washington

    La Corée du Nord a promis de répondre à l'envoi « insensé » de ce groupe aéronaval, se disant prête « à la guerre ». L'armée de Pyongyang a promis une « réponse sans pitié » à toute provocation américaine. Une situation explosive qui inquiète toute la région.

    Dans une déclaration publiée par l'agence de presse officielle de la Corée du Nord KCNA, l'armée assure que les bases américaines en Corée du Sud, « tout comme les quartiers généraux du Mal », tels que la présidence sud-coréenne à Séoul, seraient « pulvérisés en quelques minutes » en cas de guerre.

    Un avion de combat américain F18 décolle du porte-avions à propulsion nucléaire USS Carl Vinson, pendant un exercice dénommé «Foal Eagle», au large de la mer de l'Est près de la Corée du Sud, le 14 avril 2017. REUTERS/Kim Hong-Ji/File Photo

    Donald Trump: « La Corée du Nord est un problème et ce problème sera réglé »

    Reste qu’entre provocations, mises en garde et escalade verbale de part et d'autre, Donald Trump a également fait preuve d'optimisme dans le rôle que Pékin pourrait jouer pour stopper son allié et voisin dans ses ambitions nucléaires, en déclarant qu'il pensait que le président chinois Xi Jinping allait « travailler très dur » pour aider à la résolution du « problème ».

    La Chine est considérée comme la plus proche alliée de Pyongyang, mais s'oppose fermement au programme nucléaire à visée militaire du régime de Kim Jong-un. Elle plaide pour une solution négociée et appelle régulièrement les Etats-Unis à la retenue dans ce dossier.

    Pékin s'alarme

    La Chine parle de « conflit qui pourrait éclater à tout moment ». Et de lancer cet avertissement, sans pour autant citer explicitement les récentes menaces du président américain : « Quiconque provoquerait un conflit devra en assumer une responsabilité historique et en payer le prix. »

    Alors que la Maison Blanche est en train d'étudier « les options militaires » et que le président américain a assuré que le « problème » nord-coréen serait « réglé », le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a appelé ce vendredi au dialogue, comme « seule issue » à cette crise. « Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur », a-t-il prévenu.

    La compagnie aérienne nationale chinoise Air China a décidé d'interrompre certains de ses vols à destination de Pyongyang à compter de vendredi soir. L'information a été dévoilée par le média d'Etat chinois CCTV : à partir de lundi, plus aucun vol opéré par la compagnie publique Air China ne reliera Pékin à Pyongyang. Aucune raison n'a été donnée, mais cette décision intervient quelques heures seulement après que le ministre des affaires étrangères chinois Wang Yi a déclaré qu'un « conflit en Corée du Nord pouvait éclater à tout moment ». Le ton du côté de Pékin se durcit, rapporte notre correspondante à Shanghai, Angélique Forget.

    Cette semaine, le Global Times, un journal proche du pouvoir assurait que le programme nucléaire de la Corée du Nord avait atteint « un point de basculement », et que si Pyongyang ne cessait pas son attitude provocatrice, la Chine pourrait arrêter ses importations de pétrole.

    Pourtant jusqu'ici, la Chine reste la seule alliée de la Corée du Nord, et elle a toujours oeuvré pour limiter les sanctions des Nations unies à l'encontre de son voisin. Il semblerait que la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump et le regain de tensions dans la région ces derniers jours soit en train de faire changer d'avis le pouvoir chinois.

    Moscou appelle à la retenue

    Se disant « très inquiète », la Russie a appelé toutes les parties à la « retenue » et mis en garde contre « toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation ».

    « Moscou suit avec une grande inquiétude la montée des tensions dans la péninsule coréenne. Nous appelons tous les pays à la retenue et les mettons en garde contre toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, à des journalistes.

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