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    Asie-Pacifique

    Indonésie: le gouverneur de Jakarta lutte pour sa reconduction

    media L'actuel gouverneur de Jakarta, Ahok, ici le 11 avril 2017, est au coude-à-coude avec son concurrent, Anies Baswedan, pour sa reconduction à la tête de la capitale indonésienne. REUTERS/Beawiharta

    En Indonésie, les électeurs de la capitale Jakarta sont appelés aux urnes mercredi 19 avril pour le second tour de l’élection du gouverneur, l’équivalent du maire de cette mégalopole de plus de 10 millions d’habitants. Tout l’enjeu du scrutin est de savoir si l’actuel gouverneur, un chrétien d’origine chinoise surnommé Ahok - qui a hérité de son poste lorsque l’ex-gouverneur est devenu président - peut se faire élire à la tête de la capitale du pays à majorité musulmane le plus peuplé au monde. Et ce, malgré une intense campagne de dénigrement religieuse qui a notamment conduit à l’ouverture d’un procès pour blasphème à son encontre.

    Avec notre correspondant à Jakarta, Joël Bronner

    En février 2017, l’actuel gouverneur de Jakarta, que les Indonésiens surnomment Ahok, a terminé en tête du premier tour, avec 43% des suffrages. Son rival pour le second tour, Anies Baswedan, un ancien ministre de l’éducation, a fini juste derrière, avec 40% des votes.

    Durant l’entre-deux tours, les analystes se sont concentrés sur la question de savoir auquel des deux candidats allait bénéficier les voix restantes, à savoir les 17% obtenus par le troisième homme de cette élection, Agus Yudhoyono, le fils d’un ancien président, qui a, lui, été éliminé.

    Un vote confessionnel

    La campagne a beaucoup tourné autour de la religion des candidats, un vote confessionnel des électeurs propulserait donc logiquement Anies Baswedan à la tête de Jakarta. Mais le bon bilan d’Ahok et sa popularité dans la capitale, lui permettent encore d’espérer conserver son poste, en dépit des nombreuses attaques qu’il a subies, à propos du fait qu’il ne soit pas musulman.

    D’après les enquêtes d’opinion publiées la semaine dernière, les deux candidats Ahok et Anies seraient actuellement au coude-à-coude et l’on semble s’acheminer vers le scrutin le plus serré jamais observé à Jakarta.

    Procès pour blasphème

    Avant la campagne, Ahok dominait pourtant très nettement les intentions de vote, mais sa popularité s’est ensuite effritée, à la suite d’accusations de blasphème, dont il a fait l’objet de la part de musulmans radicaux. Des allégations qui ont conduit fin 2016 à des manifestations géantes dans la capitale puis à l’ouverture, en décembre, sous la pression de la rue, d’un procès contre lui pour « insulte à l’islam ».

    S’il est reconnu coupable de blasphème, Ahok encourt jusqu’à cinq ans de prison. Son sort judiciaire semble en fait aujourd’hui fortement lié aux résultats de l’élection de mercredi. S’il est élu gouverneur, il obtiendrait une légitimité populaire qui a de grandes chances de peser sur la décision des juges et de mener rapidement à un non-lieu.

    En revanche, si Ahok était reconnu coupable - et ce, quelle que soit l’issue du scrutin - lui et son armée d’avocats feraient selon toute vraisemblance appel, ce qui repousserait le verdit de ce procès fleuve débuté en décembre d’encore plusieurs mois.

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