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    Asie-Pacifique

    Corée du Sud: les enjeux de l'élection présidentielle

    media A Séoul, les candidats à la présidentielle s'affichent sur des banderoles géantes dans la rue. RFI / Frédéric Ojardias

    Les Sud-Coréens élisent ce 9 mai leur président après la destitution en mars de la précédente dirigeante, emportée par un scandale de corruption.  Après neuf ans de pouvoir conservateur, le candidat favori est le progressiste Moon Jae-in, partisan d’un dialogue avec la Corée du Nord.

    De notre correspondant à Séoul

    Depuis plusieurs semaines, les omniprésents « camions électoraux », équipés de gigantesques haut-parleurs, quadrillent les villes de Corée. Debout sur une estrade construite à l’arrière du véhicule en mouvement, habillés aux couleurs de leur candidat, des militants infatigables hurlent des slogans, chantent, entament un pas de danse. Arrêt devant un marché, un carrefour, un grand magasin… Un message, « Votez pour le numéro 3 ! »  et déjà le camion repart à fond de train.

    A la sortie des stations de métro, d’autres militants alignés en rang d’oignon saluent chaque passant d’une même courbette et d’une même clameur, avant de lui donner un prospectus.

    Retour à la normalité d’une élection en Corée du Sud, six mois après les premières manifestations monumentales de la « révolution des bougies » qui ont provoqué la destitution - et la mise en détention provisoire - de l’ex-présidente Park Geun-hye.

    Mobilisation record

    Ce nouveau scrutin est marqué par de très fortes attentes. Beaucoup de Sud-Coréens voient en cette élection la meilleure chance de soigner des maux mis en évidence par le scandale qui a emporté Park : corruption, dirigeants déconnectés de la population, collusion entre gouvernement et conglomérats familiaux (les « chaebols »).

    « Cette élection est plus importante que les autres, tout le monde autour de moi est très enthousiaste », se réjouit ainsi Cheon Sai-mi, styliste, qui a mis son bulletin dans l’urne dès le vendredi, comme 11 millions de ses compatriotes. La loi coréenne autorise en effet le vote anticipé quelques jours avant l’élection. 26 % de la population en a profité jeudi 5 et vendredi dernier 6 mai. Cette mobilisation record témoigne d’une soif de changement qui laisse présager un taux de participation exceptionnel, autour de 90 % selon certaines prévisions.

    Les questions sociales avant la sécurité

    Comme à chaque élection en Corée du Sud, les enjeux du scrutin sont avant tout économiques : inégalités, protection sociale insuffisante, statut des ouvriers précaires, inquiétudes d’une classe moyenne qui rétrécit, etc. « Les thèmes liés à la Corée du Nord et à la sécurité ne jouent pas un rôle si important, même si cette année ils semblent plus proéminents que d’habitude », analyse Steven Denney, politologue spécialiste de la Corée à l’Université de Toronto.

    La campagne a en effet été marquée par une hausse inhabituelle des tensions avec Pyongyang, tensions provoquées par les rumeurs d’essai nucléaire nord-coréen et par les déclarations martiales du président américain Donald Trump. Mais la Corée du Nord ne s’est pas livrée à une provocation majeure - telle qu'un essai atomique ou un tir de missile intercontinental - qui aurait pu peser sur le scrutin et favoriser les conservateurs sud-coréens, partisans d’une ligne dure face au régime.

    Les conservateurs en mauvaise position

    Après neuf ans au pouvoir et deux mandats présidentiels, ce camp aborde l’élection en position de grande faiblesse. Il a été pulvérisé par le scandale dans lequel est embourbé sa championne Park Geun-hye. Il s’est scindé en plusieurs partis rivaux, ce qui divise sa base électorale et réduit ses chances. D'autant plus que l'élection ne comporte qu’un seul tour et qu'une majorité relative suffit pour l’emporter, alors qu’au total une dizaine de candidats se présentent.

    Son candidat le mieux placé, crédité de seulement 17 % d'intentions de vote dans les sondages, est Hong Joon-pyo du Parti Liberté Corée. Cet ancien procureur, ultra-conservateur et provocateur, aime à être comparé à Donald Trump. Il est en faveur d’une dérégulation économique et d’une mise au pas des syndicats, qu’il veut « passer dans sa machine à laver ». Favorable au déploiement en Corée du Sud du bouclier anti-missile américain Thaad et d’armes atomiques américaines, il accuse ses adversaires progressistes d’être « pro-Corée du Nord ».

    Sa campagne a été marquée par une déclaration misogyne – il a expliqué que c’était naturellement aux femmes de faire la vaisselle - et par une polémique autour de l’achat pendant sa jeunesse d’un stimulant sexuel pour cochons destiné à l'un de ses amis qui voulait l'utiliser sur une camarade d’université.

    En dépit de ses dérapages, Hong Joon-pyo a vu ses intentions de vote monter en flèche les derniers jours de la campagne. Il a profité de la dégringolade du centriste Ahn Cheol-soo, du Parti du Peuple. Ce « Bill Gates coréen », entrepreneur populaire et créateur d’un anti-virus à succès, a donné des prestations catastrophiques lors des cinq débats télévisés. « Ahn Cheol-soo est souvent apparu comme trop vague, parce qu’il essayait à la fois de séduire le centre droit et le centre gauche, ce qui est difficile », observe Steven Denney.

    Moon Jae-in, le mieux placé

    Le candidat ultra-favori, crédité d’environ 40% d’intentions de vote, est Moon Jae-in, du Parti démocrate. Ce progressiste est un ancien avocat des droits de l’Homme et un ancien militant pro-démocratie à l’époque des dictatures militaires, activité qui lui a valu la prison. Candidat malheureux à l’élection de 2012, Moon Jae-in a promis de réformer les « chaebols », de créer 810 000 emplois dans le secteur public, d’augmenter les allocations vieillesse et d’accroître le smic - qui est de 5,2 euros/heure aujourd’hui - de 53% d’ici 2020.

    Il se propose aussi de relancer la politique de la main tendue à la Corée du Nord et les projets de coopération Nord-Sud mis en place entre 1998 et 2008, sous la décennie de présidents progressistes à Séoul. Le candidat du Parti démocrate s’est même déclaré prêt à rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, une position qui le rapproche d’ailleurs – sur ce point seulement – de Donald Trump, qui s’est récemment dit « honoré » de rencontrer Kim Jong-un « si les conditions étaient réunies ».

    « Apprendre à dire non aux Etats-Unis »

    « Je crois que le président Trump est plus raisonnable que ce qu’en perçoivent les gens en général », a même récemment déclaré Moon Jae-in au sujet de l’approche américaine, qui consiste à mélanger menaces et promesses de dialogue. « Je suis en faveur de cette approche pragmatique pour résoudre le problème nord-coréen. »

    Mais Moon Jae-in a aussi affirmé que la Corée du Sud devait « apprendre à dire non aux Etats-Unis ». Alors que 28 500 soldats américains sont déployés en permanence sur le territoire sud-coréen, son élection probable pourrait changer la dynamique sur la péninsule coréenne et ouvrir une nouvelle phase marquée par le dialogue avec le Nord.

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