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    Asie-Pacifique

    Inde: la légalité de la répudiation des femmes musulmanes devant la justice

    media En Inde, il suffit à un homme de prononcer trois fois le mot « répudiation » pour divorcer de sa femme. Blend Images/John Lund/Stephanie Roeser

    La Cour suprême indienne a entamé jeudi 11 mai l'audition de l'un des cas les plus sensibles des dernières années. Elle doit décider si la répudiation automatique, autorisée aujourd'hui pour les maris musulmans envers leurs femmes, est constitutionnelle. Six femmes musulmanes ont déposé ce recours, entraînant un vif débat dans ce pays qui compte la deuxième plus importante population musulmane du monde.

    Avec notre correspondant à New Delhi,  Sébastien Farcis

    « Talaq », « talaq », « talaq ». En répétant trois fois ce mot, qui signifie « répudiation », un homme musulman indien peut prononcer unilatéralement son divorce et abandonner son épouse sans plus d'explication ou de procédure. Ces dernières années, les maris envoyaient même ces trois mots par SMS, pour éviter la confrontation.

    Cette pratique est autorisée pour les 180 millions de musulmans qui vivent en Inde, où chaque religion possède un code civil spécifique inspiré de ses textes sacrés. Toutefois, cette forme de répudiation express n'est pas recommandée par le Coran et l'Inde est l'un des rares pays à la permettre. Même des nations musulmanes comme le Pakistan ou le Qatar n'offrent pas un tel pouvoir aux hommes. Les six femmes musulmanes qui ont déposé ce recours affirment que cette pratique va à l'encontre de leurs droits constitutionnels.

    La Cour suprême va également entendre les arguments du conseil musulman indien, composé d'hommes et favorable au triple talaq. Elle décidera dans une semaine si cette forme de divorce est fondamentalement religieuse, ce qui l'empêchera d'intervenir, ou si c'est une simple pratique culturelle qui peut être interdite.

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