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    Asie-Pacifique

    Les armes en plastique interdites au Pakistan

    media Sur l’alphabet en images et en anglais le plus répandu du Pakistan, le G est associé à Gun avec un dessin de pistolet. Garry Gay/Getty Images

    Les armes en plastique sont désormais interdites à la vente au Pakistan. Dangereuses, utilisées pour de vrais braquages, elles ont une très mauvaise influence sur la jeunesse du pays: ces arguments ont poussé la province du Sindh à énoncer une interdiction de deux mois. Cette interdiction, prononcée en fin de semaine dernière, est déjà entrée en vigueur.

    Avec notre correspondant à Islamabad,

    Dès samedi 10 juin, la police a procédé à l’arrestation d’une trentaine de contrevenants, essentiellement des responsables de magasins de jouets qui continuaient à vendre des armes factices. Plusieurs établissements ont été fermés. Cette interdiction est valable dans toute la province du Sindh, dans le sud du Pakistan, au motif que des revolvers en plastique, difficilement différentiables des vrais, ont été utilisés, ces dernières semaines, à des fins criminelles.

    Une violence qui mine le Pakistan

    A Karachi, capitale du Sindh, la criminalité reste incontrôlable et chaque jour les réseaux sociaux véhiculent de nouvelles vidéos de braquages, en plein jour et en pleine rue. Les forces de l’ordre estiment même qu’une grande proportions des armes de poing utilisées par les criminels dans cette mégalopole chaotique aux 25 millions d’habitants, sont factices.
     
    Cette volonté d’interdire les armes en plastiques n’est pas nouvelle dans le pays. En 2015, cette même province du Sindh avait déjà voté un texte interdisant la fabrication, l’importation et la vente de ces jouets. Au prétexte qu’il était quasi impossible de distinguer un vrai pistolet d’un faux. Cette même année, la ville de Peshawar, plus au nord, avait elle aussi interdit la vente des armes factices, au motif cette fois qu’elles sont dangereuses. Des dizaines d’enfants sont hospitalisés chaque année après avoir reçu des balles en caoutchouc ou en plastique.

    La culture des armes prédominante

    Une campagne dénonçant la mauvaise influence de ces faux Glock, 357 Magnum ou autres AK-47, a même alimenté les débats. Des pédopsychiatres, professeurs d’université, ou simples parents ont mis en lumière que des enfants habitués au maniement des armes factices n’hésiteront pas à se servir d’armes réelles une fois adulte. Que l’habitude de jouer avec une arme mène plus aisément dans les bras de groupes extrémistes.

    Or, la culture des armes perdure dans de nombreuses zones rurales, où détenir une arme automatique est synonyme de puissance. Un sentiment souvent transmis de génération en génération. Même sur l’alphabet en images et en anglais le plus répandu du pays, le G est associé à Gun avec un dessin de pistolet. Les écoles, dont certaines ont été prises pour cibles, sont d’ailleurs presque toutes gardées par des hommes en armes. Ce qui en fait un objet du quotidien dans cette société où les plus jeunes sont confrontés très tôt à des scènes d’une rare violence.
     
    La fête de fin de ramadan relance les ventes

    A la fin du mois pourtant, des centaines de milliers d’enfants dans le pays vont encore se procurer ces fausses armes. Comme chaque fin de ramadan, les enfants vont recevoir quelques billets. Une pratique courante lors de la fête de l’Eid al-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne. Quelques roupies qui très souvent seront dépensées pour s'offrir une de ces armes factices.

    A Islamabad, sur les étals de magasins de jouets, la proportion de figurines guerrières, de tanks, de jeux violents ou d’armes en tout genre est frappante.
    Plusieurs organisations, comme la fondation Poha, mouvement pour l’éducation, militent pour une interdiction permanente de ces jouets agressifs, pas uniquement un mois ou deux par an. Elles incitent également les parents à se saisir du problème pour bannir cet objet du quotidien des enfants. Elles insistent sur les dommages psychologiques irréversibles créés par le fait de laisser croire aux plus jeunes que les armes peuvent être la solution à tous leurs problèmes.

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