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    Asie-Pacifique

    L'Australie en croisade contre les armes à feu illégales

    media Le gouvernement estime que 260000 armes à feu illégales sont en circulation. Reuters

    L'Australie entame un programme de désarmement national. Le gouvernement fédéral a ouvert une période d'amnistie pour les détenteurs d'armes à feu non déclarées pendant trois mois. Ces derniers peuvent remettre leurs armes à la police sans risquer d'être poursuivis en justice.

    De notre correspondante à Melbourne,

    Officiellement, les autorités australiennes donnent trois raisons principales au lancement de cette campagne de collecte d'armes illégales. D'abord, l'augmentation de la criminalité mafieuse dans certaines villes. Melbourne, par exemple, n'avait jamais vu autant d'attaques à l'arme à feu depuis le début des années 2 000.

    Il y a ensuite l'augmentation du trafic d'armes en Australie. Les autorités estiment qu'il y en aurait au moins 260 000 en circulation dans le pays et selon le responsable national de la protection des frontières, Roman Quaedvlieg, les douaniers constatent que le volume d'armes importées est énorme. Mais il ne cite pas de statistiques et il est contredit par un chercheur de l'université de Sydney.

    Reste qu'un scandale récent a frappé l'opinion publique en Australie : 130 pistolets semi-automatiques Glock ont été introduits dans le pays, par la poste tout simplement, en pièces détachées, au nez et à la barbe des douaniers.

    La lutte contre le terrorisme

    La troisième raison de cette amnistie décidée par les autorités est la lutte contre le terrorisme. C'est l'argument du ministre de la Justice, Michael Keenan. Il évoque la prise d'otage de Sydney en 2014, ou encore celle de Brighton en juin 2017, toutes deux revendiquées par le groupe Etat islamique, et le ministre affirme : « Nous avons subi cinq attaques terroristes sur notre sol, et malheureusement, dans la vaste majorité des cas, les terroristes ont utilisé des armes à feu illégales, c'est pourquoi nous voulons mettre la main sur autant d'armes de contrebande que possible. »

    Quelle efficacité ?

    Seuls les Australiens volontaires risquent de répondre à l'appel du gouvernement. On voit mal en effet des terroristes ou des mafieux venir remettre leurs armes aux autorités. Alors les critiques fusent de toutes parts, dans le monde de la recherche et dans le monde politique. Le sénateur libéral-démocrate David Leyonjelm se moque de la politique du gouvernement qui va récolter, dit-il, « les vieilles carabines rouillées de grand-mère » non déclarées aux autorités, plutôt que mettre les criminels hors d'état de nuire. C'est vrai, réplique en substance le ministre de la Justice, mais « nous ne voulons pas que ces armes tombent dans de mauvaises mains », en étant volées par exemple.

    Des statistiques controversés

    La dernière collecte d'armes illégales avait porté ses fruits, si l'on en croit certaines statistiques. En 1996, un tireur fou avait fait 35 morts à Port-Arthur et le gouvernement de l'époque avait alors pris des mesures drastiques, entre autres en rachetant aux Australiens plus de 700 000 armes illégales.

    Depuis, la politique australienne est constamment citée comme un modèle de réussite, surtout aux Etats-Unis. L'année dernière, une étude de l'université de Sydney a montré que le nombre de morts par armes a feu avait décliné plus rapidement après 1996, de 5 % par an, contre 3 % par an avant la grande collecte des armes par le gouvernement. C'est un bon chiffre, mais c'est une moyenne sur dix ans.

    En fait les statistiques de morts par armes a feu augmentent un peu depuis cinq ans. Ces chiffres sont très controversés. D'autres chercheurs comme Samara Mc Phedran à l'université Griffith, estiment qu'il « y a très peu d'éléments qui prouvent que les lois contrôlant les armes à feu en Australie aient produit des baisses significatives des meurtres et suicides par arme a feu ».

    Pas de rachat des armes contrairement à 1996

    Notons enfin que cette deuxième campagne nationale de collecte des armes a feu illégale pourrait être moins efficace que celle de 1996 car cette fois-ci, le gouvernement n'offre pas de racheter les armes.

    Les propriétaires ont cependant le choix : soit ils rendent gratuitement leurs armes aux autorités, soit ils les vendent à une armurerie qui ont pignon sur rue.

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