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    Chine : Winnie l’Ourson censuré après avoir été comparé à Xi Jinping

    media Xi Jinping comparé à Winnie l'Ourson en 2014 Capture d'écran Twitter

    A quelques mois du Congrès quinquennal du Parti communiste chinois, Winnie l’Ourson a été censuré sur les réseaux sociaux en Chine après avoir été comparé par le passé au président Xi Jinping.

    Winnie l’Ourson est désormais persona non grata en Chine. Depuis ce week-end, les références à l’ourson jaune sont bloquées sur les réseaux sociaux du pays. Aujourd’hui encore,  tout commentaire sur « Weini xiao xiong » (« Winnie le petit ours » en chinois) est bloqué sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, et un message d’erreur avise l’utilisateur que « ce contenu est illégal ». Sur WeChat, le concurrent de WhatsApp, qui recense 938 millions d’utilisateurs actifs, l’image de Winnie a été supprimée de la galerie d’autocollants. Aucune explication officielle n’a encore été publiée, mais il semblerait que les censeurs sanctionnent des comparaisons faites par les internautes, et rapidement devenues virales, entre l’ourson ventru et le président Xi Jinping.

    Xi Jinping en Winnie, Barack Obama en Tigrou et Shinzo Abe en Bourriquet

    Les premiers détournements remontent à 2013. La photographie d’une rencontre entre Xi Jinping et Barack Obama, accolée à une image de Winnie l’Ourson accompagné de Tigrou, était devenue un mème sur Weibo. L’année suivante, un nouveau montage montrait Xi Jinping, toujours en Winnie, accompagné cette fois de Bourriquet, alias le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

    Photo détournée de Xi Jinping et Barack Obama en Winnie et Tigrou. Weibo/Badtuzizi

    Mais c’est en 2015 qu’un troisième détournement devient, selon le site d’analyse politique Global Risk Insights, la « photo la plus censurée de l’année en Chine ». La photographie du président chinois en voiture, passant ses troupes en revue, est juxtaposée à celle d’un jouet d’enfants : Winnie l’Ourson debout dans une décapotable.

    Xi Jinping comparé à Winnie l'Ourson, 2015 Capture d'écran Weibo

    Interrogé par le Financial Times, Qiao Mu, professeur d'analyse médiatique à la Beijing Foreign Studies University, explique ainsi : « Historiquement, deux choses ont été interdites [en Chine] : les organisations politiques et l’action politique. Mais cette année, une troisième interdiction a été ajoutée à la liste : parler du président. Je pense que le cas Winnie l’Ourson relève de cette nouvelle tendance. »

    La « cybersouveraineté » renforcée à l’approche du Congrès quinquennal

    La « cybersouveraineté » est un concept central dans la rhétorique de Xi Jinping depuis 2014. Avec l’appui de la Cyberspace Administration of China, le pouvoir central exerce un contrôle étroit sur Internet - et les réseaux sociaux en particulier, Sina Weibo et WeChat en tête. Son dispositif de cybercensure, le Great Firewall of China, est l’un des plus avancés au monde : depuis janvier 2016, il ne bloque plus simplement les sites indésirables, mais lance également de véritables cyberattaques.

    Aucun nouveau mème ne semble justifier a priori l’interdiction qui frappe « Weini xiao xiong ». Mais la censure se durcit déjà en Chine à l’approche du 19e Congrès national du Parti communiste, qui se tiendra à l’automne. Comme tous les cinq ans, le bureau politique et son comité permanent y seront nommés, et le président Xi Jinping devrait obtenir un nouveau mandat à la tête du pays. Ce qui explique la vigilance des censeurs quant à l’image publique du chef d’Etat. Pendant le Congrès précédent, en novembre 2012, un autre mème avait été censuré : un photomontage des principaux leaders du PCC - Hu Jintao, Wen Jiabao et Xi Jinping - dansant le Gangnam style.

    Photomontage des leaders politiques chinois dansant le Gangnam style, en novembre 2012. Capture d'écran du compte Facebook de 太公云會報

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