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    Asie-Pacifique

    Vietnam: la blogueuse dissidente Tran Thi Nga écope de neuf ans de prison ferme

    media La blogueuse Tran Thi Nga a été condamnée à 9 ans de prison et 5 ans de probation, à l’issue d’une seule et unique journée d’audience le 25 juillet 2017. RSF / danlambao

    La blogueuse dissidente vietnamienne Tran Thi Nga a écopé, mardi 25 juillet 2017, de neuf ans de prison et cinq ans de probation. Cette femme d’une quarantaine d’années a été condamnée pour propagande contre l'Etat. Elle avait porté assistance à des victimes d'expropriation et critiqué la politique du gouvernement sur Internet. RSF dénonce le climat délétère qui règne actuellement dans ce pays.

    Il n'aura fallu qu'une journée au tribunal de la province d'Ha Nam, dans le nord du Vietnam, pour condamner Tran Thi Nga, malgré les protestations de dizaines de personnes qui s'étaient rassemblées, pancartes en main, devant le bâtiment lourdement protégé par la police.

    L’avocat de la blogueuse ne se dit aucunement surpris par l’issue de ce procès. « Le verdict du tribunal qui a condamné ma cliente était préparé d'avance », a déclaré Me Ha Huy Son, qui estime les accusations portées contre Tran Thi Nga sont « sans fondement ».

    Arrêtée en janvier, la dissidente est connue pour ses positions anti-chinoises. Elle milite pour que le Vietnam se défende contre son gigantesque voisin communiste et contre ses velléités en mer de Chine méridionale notamment, où Hanoï a ses propres ambitions de longue date.

    Tran Thi Nga avait récemment protesté contre la gestion par le gouvernement vietnamien d'une immense affaire de pollution maritime dans le centre du pays, en avril 2016. Il s’agit de la deuxième peine lourde prononcée dans un procès politique au Vietnam depuis un mois.

    Arrestations en pagaille

    Fin juin, une autre dissidente et blogueuse connue sous le nom de « Me Nam » (« Mère champignon ») avait été condamnée à dix ans de prison, également pour propagande contre le régime, malgré une campagne internationale active lancée pour obtenir sa libération.

    Le gouvernement communiste de ce pays d’Asie du Sud-Est contrôle particulièrement la parole sur la Toile, et plusieurs blogueurs se sont récemment fait arrêter pour les mêmes raisons que Tran Thi Nga et Me Nam.

    Un troisième blogueur dissident, de nationalité franco-vietnamienne pour sa part, avait été renvoyé en France quelques jours avant la condamnation de Me Nam, après avoir été privé de sa nationalité vietnamienne et expulsé du pays. Une première dans l'histoire récente du pays.

    En bas de classement

    Catherine Monnet, de Reporters sans frontières (RSF), s'inquiète du climat de la liberté de la presse dans ce pays. Elle rappelle que le Vietnam se situe aujourd'hui à la 175e place sur 180 pays dans le classement mondial pour la liberté de la presse.

    « La réalité, c'est que le Vietnam ne cesse, mois après mois, de confirmer qu'il est bel et bien devenu derrière la Chine la seconde prison du monde pour les journalistes citoyens », dénonce-t-elle, alors que l'arrivée de nouveaux leaders l'an passé a encore durci le climat.

    Tran Thi Nga a été reconnue coupable de propagande contre l’Etat pour des articles et des vidéos postés sur le Net. Dans ces publications, elle accuse « l'Etat communiste de violer les droits de l'homme et appelle au pluralisme » en demandant la suppression du Parti unique.

    Le PC ne tolère rien

    « Devoir passer neuf ans derrière les barreaux plus cinq ans de probation pour avoir posté sur Internet des articles et des vidéos qui informent de la répression abusive du gouvernement vietnamien, c'est une condamnation clairement inique », commente Catherine Monnet.

    « Et surtout, c’est totalement disproportionné », ajoute la journaliste, pour qui cette décision de justice « n'a pour seul but que d'envoyer un message (...) à tous ceux qui oseraient défier le régime » : Hanoï ne permet pas que l’on informe le public « sur les réalités du pays  ».

    Pour Catherine Monnet, le Vietnam « se révèle jour après jour régi d'une main de fer par un Parti unique qui ne tolère, on le voit, aucune critique ». Dans le viseur : le Parti communiste du secrétaire général Nguyen Phu Trong, reconduit dans ses fonctions en 2016.

    Lire aussi : L’article de RSF sur la condamnation de Tran Thi Nga

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