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    Asie-Pacifique

    Cambodge: l'opposition obligée d'effacer l'image de son chef sur ses affiches

    media Sam Rainsy, chef de file de l'opposition au gouvernement cambodgien, le 26 mars 2014. REUTERS/Samrang Pring

    Sous peine de poursuites, le principal parti d'opposition du Cambodge est contraint de caviarder le portrait de son chef sur ses affiches de campagne. Une nouvelle loi interdit en effet d'utiliser l'image de personnes condamnées, comme c'est le cas de Sam Rainsy, leader de l'opposition en exil en France.

    Le principal parti d'opposition au Cambodge est contraint, sous peine de poursuites, de caviarder les photos de son chef en exil sur ses milliers d'affiches déployées à travers le pays, à l'approche des législatives de 2018.

    La loi sur les partis politiques vient d'être amendée par le Parlement, dominé depuis des élections controversées en 2013 par le parti de l'homme fort du pays, Hun Sen, au pouvoir depuis plus de trente ans.

    Il est désormais interdit aux partis d'« utiliser la voix, les images ou les écrits de personnes condamnées dans des affaires civiles ou criminelles liées à des intérêts politiques ».

    Un ajout créé sur mesure, dénonce l'opposition, pour Sam Rainsy, le chef du Cambodia National Rescue Party (CNRP), en exil en France pour échapper à des poursuites qu'il dénonce comme politiques.

    Face au risque pour les contrevenants, à savoir cinq ans d'interdiction de vie politique, voire la dissolution du parti), les militants du CNRP ont dû recouvrir de peinture sombre les milliers de panneaux du parti, jusque dans les plus petits villages.

    « Symbole de résistance au régime »

    « Cela va avoir un impact sur la popularité du CNRP, sur le courage des électeurs et des militants », dit craindre Yim Sovann, porte-parole du CNRP, qui avait mobilisé de grandes manifestations après les élections de 2013. « Je reste un symbole de résistance au régime, et de ce fait, impliqué en politique », assure de son côté Sam Rainsy.

    Ce dernier a déjà dû démissionner de son poste de président du CNRP en février, afin de ne pas mettre en danger son mouvement, une personne condamnée ne pouvant diriger un parti.

    Le Premier ministre Hun Sen a fixé au 29 juillet 2018 la date des prochaines élections législatives, test majeur pour le dirigeant de 64 ans, qui ne cesse de durcir le ton contre l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme.

    L'opposition a réalisé une percée remarquée aux élections municipales de juin au Cambodge, un signe inquiétant pour celui qui est au pouvoir depuis la chute des Khmers rouges.

    (avec AFP)

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