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    Asie-Pacifique

    Singapour: la diversité ethnique à la tête du pays mise à mal sur le Net

    media L'Istana est la résidence officielle et le bureau du président de Singapour. @wikimedia

    Le 23 septembre prochain, les Singapouriens éliront leur président. Petite particularité cette année, l’élection est réservée aux candidats malais. Les « prétendants » doivent donc prouver qu’ils appartiennent à cette communauté. Il n’en fallait pas plus pour que le débat soit lancé. Un Malais à Singapour, c’est quoi au juste ?

    De notre correspondante à Singapour,

    Le débat dure depuis plus de deux mois maintenant. Il a débuté au moment où Halima Yacob, présidente du Parlement, a fait part de son intention de briguer la présidence du pays. Musulmane, bilingue en malais, la candidate a grandi dans la culture malaise mais elle a tout de même « une ombre au tableau » selon les internautes : son père est indien.

    Etre malais, c'est quoi ?

    Il faut savoir que les questions ethniques et religieuses sont taboues à Singapour. Mais sur Internet, l’anonymat permet de libérer davantage la parole. Certains internautes osent donc poser la question, c’est le cas de Firdaus sur Facebook qui écrit, en juillet dernier : «  Halima Yacob a un père indien, est-elle donc moins malaise ? » Les mots sont donc lâchés, « moins malaise », « Halima est surtout singapourienne avant d’être malaise » selon Filzah. Thamil lui se demande si « les Malais doivent-ils être musulmans ? » Le débat est lancé…

    Tout d’abord, ce n’est pas forcément être un habitant de la Malaisie. Dans la Constitution malaisienne se trouve une définition : « Le Malais est une personne qui pratique la religion de l’islam, qui parle le malais, qui se conforme aux coutumes malaises et qui a des origines au sein de la Fédération de Malaisie ou Singapour avant l’indépendance du 31 août 1957. » Il y a évidement une entorse à cette règle. Une personne peut être malaise si au moins un de ses parents est né malais au sens où la Constitution l’entend. Ce qui est le cas d’Halima Yacob.

    Sursaut identitaire sur les réseaux sociaux

    Au vue de cette agitation, le journal singapourien The Straits Times s’est lui aussi emparé du sujet. Cet été, Zakir Hussain, éditorialiste politique, a publié un article sur des candidats qui ne seraient « pas suffisamment malais » aux yeux de la Toile. Un éditorial que la Toile elle-même s’est empressée de contredire. Sur Twitter, Zain préfère clore pour sa part le débat : « Tout ce remue-ménage au sujet de l’élection présidentielle réservée à la communauté malaise aura révélé un sursaut identitaire très décevant pour ne pas dire honteux. » Si Singapour ne cesse de venter son harmonie religieuse et ethnique, c’est évidemment sans compter l’envers de la Toile.

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