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    Asie-Pacifique

    Yémen: les Houthis défient leurs ennemis trois ans après leur conquête de Sanaa

    media Les rebelles houthis lors de la célébration de la fête chiite Eid al-Ghadir à Sanaa le 9 septembre 2017. REUTERS/Khaled Abdullah

    Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont fait une démonstration de force et maintenu une attitude de défi, jeudi 21 septembre, à l'égard de leurs adversaires, trois ans jour pour jour après leur conquête de la capitale, Sanaa.

    Des dizaines de milliers de partisans des rebelles houthis se sont rassemblés sur la grande place Sabyine, dans le centre de Sanaa, au milieu d'importantes mesures de sécurité et alors que des avions de la coalition sous commandement saoudien survolaient la capitale. De nombreux manifestants portaient des drapeaux yéménites et une chorale, composée d'hommes vêtus d'habits traditionnels blancs, a entonné des chants militaires. « Depuis cette place sacrée, nous libèrerons tout le Yémen », a lancé à la foule Abdelaziz ben Habtoor, chef du gouvernement rebelle de « salut national », en dénonçant « l'occupation » de certaines provinces par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

    L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis épinglés

    Le 21 septembre 2014, les Houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme), se sont emparés de Sanaa avec l'aide de forces restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, lui-même évincé du pouvoir en 2012. Ils ont forcé le gouvernement internationalement reconnu à se réfugier dans le sud et celui-ci n'a dû son salut qu'à l'intervention militaire en mars 2015 de la coalition arabe.

    Des combats et des raids aériens meurtriers ont lieu depuis trois ans et le Yémen est quasiment divisé en deux, les rebelles et leurs alliés contrôlant le nord et les forces progouvernementales appuyées par la coalition arabe étant regroupées au sud. Les Houthis maintiennent une attitude de défi à l'égard de cette coalition, dont les piliers sont l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis qui ont déployé des forces spéciales, notamment dans le sud du Yémen.

    La menace d’Abdel Malek Al-Houthi

    Le 14 septembre, le jeune chef rebelle Abdel Malek Al-Houthi (38 ans), a menacé de tirer des missiles sur les Emirats et de lancer des attaques navales contre des sites et des pétroliers saoudiens, affirmant avoir « décelé des signes d'une nouvelle escalade militaire » contre ses partisans. Les rebelles tirent régulièrement des missiles sur l'Arabie saoudite.

    La guerre au Yémen, qui a fait plus de 8 400 morts et 48 000 blessés depuis mars 2015, a provoqué « la pire crise humanitaire de la planète », selon les Nations unies. Une épidémie de choléra a fait plus de 2 000 morts depuis avril et le Comité international de la Croix-Rouge estime qu'il pourrait y avoir 850 000 cas suspects d'ici la fin de l'année.

    Sanaa est la seule capitale arabe contrôlée par un mouvement de rébellion armée. L'aéroport international est fermé en raison d'un blocus de la coalition arabe.

    (avec AFP)

     

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