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    Asie-Pacifique

    Birmanie: les ONG autorisées à se rendre dans l'Arakan pour une journée

    media Un soldat birman monte la garde près de Maungdaw, dans le nord de l'Etat de l'Arakan, le 27 septembre 2017. REUTERS/Soe Zeya Tun

    Depuis le mois dernier, près de 500 000 Rohingyas ont fui le nord de l’Etat de l’Arakan et les opérations de l’armée birmane. Les autorités du pays avaient forcé au même moment les organisations humanitaires de l’ONU à quitter la région. Elles devaient pouvoir y retourner ce jeudi 28 septembre, mais seulement pour une journée.

    Cette visite des ONG est « organisée par le gouvernement » birman, selon les mots du porte-parole de l’ONU. Les Nations unies réclament depuis des semaines un accès humanitaire à la zone, interdite aux ONG et à la presse. L'ONU espère que cette visite sera un « premier pas vers un accès beaucoup plus libre et large ». L'objectif est en tous cas que les travailleurs humanitaires puissent au moins évaluer la situation.

    Mais une première visite organisée mercredi pour la presse par l’armée birmane ne concernait que le village de Ye Baw Kyaw, où les militaires affirment avoir découvert une fosse commune contenant des dizaines de corps d’Hindous tués selon eux par des rebelles musulmans rohingyas. Les autorités birmanes insistent sur les violences qui auraient été commises par les rebelles et passent sous silence celles qui auraient été commises par l’armée. Des violences qui ont mené quelque 500 000 musulmans rohingyas à quitter le pays pour le Bangladesh.

    Nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l’ONU

    C'est la troisième réunion du Conseil de sécurité de l'ONU en un mois sur la situation des Rohingyas. Cette fois, la réunion est publique et le secrétaire général Antonio Guterres va prendre la parole. Il connaît bien l’Etat de l’Arakan, pour s'y être rendu plusieurs fois lorsqu’il était haut commissaire aux réfugiés de l’ONU. La semaine dernière, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, il avait déjà demandé la fin des opérations militaires et un accès humanitaire sans restrictions.

    Lors de cette Assemblée générale, la Birmanie avait été très critiquée. Il y avait été question d’épuration ethnique, voire de génocide - terme utilisé par le président français Emmanuel Macron. Jusqu'ici, le seul moyen de savoir ce qui se passe dans la région, ce sont les témoignages de réfugiés : Naypyidaw n'a toujours pas autorisé les enquêteurs de l’ONU missionnés en mars dernier à se rendre dans l'Etat de l'Arakan.

    TEMOIGNAGE
    Tasleema, Rohingya de 37 ans réfugiée avec sa famille au Bangladesh 28/09/2017 - par RFI
    L’armée a tout brûlé dans mon village. J’ai perdu mes deux enfants. Mon mari est malade. Je n’ai plus d’argent. Je ne sais pas quoi faire… Tout ce que je possédais dans le village, je l’ai perdu.
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