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    Asie-Pacifique

    Corée du Sud: les tensions avec Pyongyang inquiètent à l'approche des JO d'hiver

    media La localité sud-coréenne de Pyeongchang accueillera les Jeux Olympiques d'hiver 2018. REUTERS/Kim Hong-Ji/File Photo

    Quatre mois avant le début des Jeux olympiques d'hiver en Corée du Sud, Séoul a accueilli avec soulagement la récente qualification de deux premiers athlètes nord-coréens. Les Jeux auront lieu à Pyeongchang, une station de ski située à 80 km seulement de la Corée du Nord. Et certaines délégations olympiques commencent à montrer des signes de nervosité, alors que le régime de Pyongyang multiplie les tirs de missiles et que les Etats-Unis brandissent avec insistance la menace de frappes militaires.

    De notre correspondant à Séoul,

    C’est la France, par la voix de sa ministre des Sports, qui a été la première à exprimer ouvertement ses craintes. Laura Flessel a déclaré que l’équipe de France n’ira pas à Pyeongchang si la situation s’envenime et si la sécurité n’y est pas assurée. D’autres pays, comme l’Autriche ou l’Allemagne, ont alors fait part à leur tour de leurs préoccupations.

    Si la probabilité d’une véritable guerre reste extrêmement faible, l’insistance des Etats-Unis à évoquer l’option militaire, et le refus répété de toute solution diplomatique par le président américain Donald Trump, font craindre un dérapage et suscitent des inquiétudes nouvelles.

    On se souvient aussi que quelques mois avant l’organisation des Jeux Olympiques d’été à Séoul, en 1988, le régime nord-coréen avait fait exploser en vol un Boeing de la Korean Air, tuant 115 personnes à bord. L’objectif était de perturber l’organisation des Jeux par le rival du Sud.

    Inquiétude en Corée du Sud

    Séoul craint plus que tout un effet domino et cherche à rassurer par tous les moyens, notamment en mobilisant son réseau d’ambassades. La sécurité sera la priorité absolue, promet le gouvernement, qui rappelle que la Corée du Sud a déjà organisé avec succès de nombreux évènements sportifs internationaux. Même si elle est techniquement en guerre avec le Nord depuis sept décennies.

    Dans ce contexte, la qualification vendredi dernier de deux patineurs artistiques nord-coréens a été accueillie avec beaucoup de soulagement à Séoul. Ces patineurs, Ryom Tae Ok et Kim Ju Sik, ont terminé sixième lors d’une compétition en Allemagne, décrochant ainsi leur ticket pour les JO. Séoul espère que cette qualification permettra d’apaiser les relations avec le Nord et d’alléger les tensions.

    La Corée du Sud souhaite même que le plus grand nombre d’athlètes nord-coréens viennent à Pyeongchang. Pour le président sud-coréen Moon Jae-in, ce sera « une excellente opportunité pour la paix et la réconciliation intercoréenne ».

    Vers une délégation nord-coréenne au Sud ?

    Il est vrai que la Corée du Nord avait boycotté les JO de Séoul en 1988. Et depuis plusieurs mois, elle ignore toutes les mains tendues par le Sud. Ceci dit, le Nord cherche à améliorer son image par le sport. Pyongyang a même envoyé ses deux patineurs s’entraîner au Canada, signe d’une volonté de participation aux Jeux.

    Mi-septembre, un membre nord-coréen du Comité international olympique s’était aussi montré rassurant : « Je pense que la politique est une chose et que les Jeux en sont une autre », avait-il déclaré.

    De son côté, la Corée du Sud joue la prudence : elle a renforcé son dispositif de sécurité et a annoncé le déploiement de 5 000 soldats lors de la compétition. Quant au comité olympique, il assure surveiller la situation géopolitique de très près et il ne cesse de répéter qu’il n’y a pas de plan B.

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