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    Asie-Pacifique

    Chine: à la veille du Congrès du Parti communiste, Pékin en état de siège

    media Des paramilitaires positionnés dans la vieille ville de Pékin, où se déroulera à partir de mercredi 18 octobre le XIXe Congrès du Parti communiste. REUTERS/Thomas Peter

    A Pékin s'ouvre mercredi 18 octobre le XIXe Congrès du Parti communiste chinois, grand rendez-vous politique qui n'a lieu qu'une fois tous les cinq ans. Président de la République, président de la Commission militaire centrale et secrétaire général du PCC, Xi Jinping se prépare à un nouveau sacre tout en musique, entre propagande, contrôle de l’information et marche militaire. Pour éviter que le moindre incident ne vienne troubler l'image du Parti, rien n'est laissé au hasard.

    Avec notre correspondante à Pékin,  Heike Schmidt

    Une armée de 650 000 bénévoles monte la garde à chaque coin de rue, équipée de brassards rouges et de drapeaux chinois. Sur les ponts, des policiers munis de matraques surveillent tout mouvement 24 heures sur 24 et dans les gares, des passants doivent prendre leur mal en patience pour passer les contrôles, renforcés pour l'occasion.

    Ces mesures poussées à l'extrême chamboulent la vie des Pékinois. Des marchés de légumes et des salles de sport sont fermés, les restaurants près de la place Tiananmen ont reçu l'ordre de ne plus allumer leurs fours et de nombreux bars ont dû annuler leurs concerts. Les plus petits n'y échappent pas : des jardins d'enfants ont remis des excursions à plus tard. Tous les supermarchés ont par ailleurs interdiction de vendre des couteaux.

    Dans les rues de Pékin, personne n’échappe aux pancartes rouges estampillées de la faucille et du marteau avec des slogans tels que : « Il n’y aura pas une nouvelle Chine sans le Parti communiste ! » Ou encore « Portons haut la grande bannière du socialisme pour réaliser notre rêve. »

    Pour les dissidents, cette grand-messe politique rime avec vacances forcées, loin de la capitale. Même les touristes sont concernés : toutes les réservations Airbnb sont suspendues. L'obsession sécuritaire ne s'arrête pas aux portes de Pékin. A Shenzhen, dans le sud de la Chine, un hôtel s'est vu infliger une amende de 2 000 euros pour avoir logé des membres de la minorité musulmane des Ouïghours.

    Pékin à l'heure de la propagande et de la censure

    Programmes télévisés perturbés, Toile censurée : à Pékin, l’heure est à la propagande et au contrôle de l'information pour assurer le « bon déroulement » de cette assemblée. « En avant le Parti communiste » s'exclame le présentateur à la télé, tandis que le cœur de l'armée chante des airs patriotiques et remplace les séries à l’eau rose. Des documentaires et une grande exposition font l’éloge des succès techniques, militaires et diplomatiques que la Chine a connus sous le règne de Xi Jinping.

    Pour les 700 millions d’internautes, cela ressemble à un cauchemar ces jours-ci : la Toile est censurée d’une façon inédite pour « éradiquer toute information nocive », témoigne le maire de Pékin Cai Qing. Aucune fausse note ne doit troubler l’image d’un grand pays qui vit dans l’harmonie et la stabilité.

    Depuis cinq ans, le rêve de Xi Jinping d’une Chine forte et respectée dans le monde se traduit par une diplomatie musclée qui n’hésite plus à froisser les pays voisins, et va de pair avec une mainmise totale sur la société civile. Pourtant, Xi Jinping ne manquera pas de mettre en avant ce grand thème de son mandat, lors de son discours d’ouverture demain devant les quelque 2 300 délégués du Congrès, réunis dans l’imposant Palais du peuple. En Chine, c’est le Parti communiste, au pouvoir depuis 1949, qui détermine seul la marche à suivre. Réuni à huis clos, le Comité doit élire les 205 nouveaux membres du Comité central, puis les 25 membres du Bureau politique et les sept membres du Comité permanent.

    Xi Maitre de tout ?

    Qui seront les dirigeants chinois pour les cinq ans à venir ? Si la reconduction de Xi Jinping à la tête du Parti ne fait pas de doute - en cinq ans, le secrétaire général a réussi à s’imposer comme l’homme fort du parti, le « nouvel empereur rouge » -, ce rendez-vous politique est un test crucial pour le numéro un chinois, estime l’historien Zhang Lifan, fin connaisseur des coulisses du pouvoir : « La question est de savoir combien de ses protégés il pourra faire entrer dans le cercle restreint du pouvoir. Et réussira-t-il à inscrire son nom dans la Constitution ? Son statut serait donc comparable à celui de Mao Zedong et de Deng Xiaoping. Ses ordres devront alors être suivis comme si c’était un décret impérial.- »

    Ses prédécesseurs Jiang Zemin et Hu Jintao avaient, eux, misé sur une direction collégiale du Parti. Ce n’est plus le cas sous Xi. Mais à force de s’imposer comme seul maître à bord, il s’est fait des ennemis, surtout parmi les descendants de l’aristocratie communiste. « Avant le 18e Congrès, ces princes rouges soutenaient Xi Jinping. Mais il les a déçus, parce que sa lutte anticorruption a heurté leurs intérêts. En privé, ces princes disent qu’ils ont choisi la mauvaise personne », estime Zhang Lifan.

    Pour garder le contrôle sur ses adversaires, Xi Jinping pourrait être tenté de rester au pouvoir au-delà de son deuxième terme qui finira en 2022… Il ferait alors fi d’une règle tacite établie par ses prédécesseurs.

    →(Re)lire: 19e Congrès du Parti communiste: Xi Jinping déterminé à cimenter son pouvoir

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