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    Asie-Pacifique

    La «démonétisation» en Inde valait-elle la peine?

    media Le 8 novembre 2016, le Premier ministre indien Narendra Modi annonçait le retrait des principaux billets d'argent liquide, plongeant le pays dans le chaos. REUTERS/Adnan Abidi

    Il y a un an exactement, le 8 novembre 2016, le Premier ministre Narendra Modi annonce que l'essentiel des billets en circulation ne sont plus valides et doivent être remplacés par les banques. Cet épisode, appelé la « démonétisation », avait pour but de lutter contre l'argent noir en obligeant leur détenteur à déclarer leur richesse auprès des autorités. Mais cette mesure choc a aussi paralysé une partie de l'économie et mis au chômage des centaines de milliers de personnes.

    De notre correspondant à New Delhi,

    Le 8 novembre 2016 au soir, un drame digne de Bollywood se joue en Inde. Le Premier ministre annonce à la télévision que les plus grosses coupures, qui représentent 87% de la valeur fiduciaire en circulation, ne seront plus valides à partir de minuit. Dès le lendemain, il faut donc aller à la banque pour déposer ces billets sur son compte. Ceci dans un but : obliger les détenteurs d'argent noir à déclarer leurs revenus. Sauf que toute l'opération a été tenue secrète et que les banques ne sont pas prêtes : les nouveaux billets ne seront pas distribués avant plusieurs jours, voire semaines, et les Indiens passent des mois à faire la queue devant les distributeurs. Or, 98% des transactions sont réalisées en liquide en Inde ; la disparition de ces billets a donc paralysé l'économie pendant de longs mois.

    Régularisation de transactions échappant à l'oeil du fisc

    Un an après, le gouvernement affirme que l'opération est une réussite. La mauvaise surprise a d'abord été que 99% des billets en circulation sont retournés dans les banques, ce qui indique que les fraudeurs ont trouvé des moyens de blanchir leur magot malgré les contrôles mis en place lors des dépôts. Le gouvernement affirme cependant que ceci n'est qu'une étape ; car les services fiscaux enquêtent maintenant sur l'origine de cet argent : une partie a, par exemple, été déposée sur les comptes de sociétés fictives, afin de justifier ces revenus. 100 000 directeurs d'entreprise seraient ainsi sous le coup d'enquêtes, pour des sommes de plusieurs centaines de millions d'euros. En tout, 1,8 million de personnes auraient déposé à la banque des sommes qui ne peuvent être justifiées par leurs revenus, et ils pourraient donc avoir des comptes à rendre. Mais surtout, en révélant leurs ressources, plus d'Indiens sont imposables : et le nombre de déclarations d'impôt sur le revenu a augmenté de 25% en un an.

    La démonétisation a semé la pagaille chez les plus vulnérables

    Mais le choc de cette démonétisation a également eu des effets dramatiques, qui continuent à se ressentir. Sans liquide, l'énorme majorité de la population ne pouvait plus consommer. La production a également ralenti, et les entreprises ont commencé à licencier. La croissance du PIB a ainsi chuté à 5,7% lors du deuxième trimestre de cette année, soit le taux le plus bas depuis 3 ans. Et cela ne prend en compte que les grandes entreprises du secteur formel. Or, l'essentiel des Indiens travaillent dans le secteur informel, qu'ils soient petits commerçants ou travailleurs journaliers. Eux sont payés uniquement en liquide, et ils ont tout perdu quand ces billets ont disparu. On estime qu'1,5 million d'emplois ont été supprimés pendant les 6 mois qui ont suivi cette démonétisation. Or, ce sont déjà les personnes les plus vulnérables. Le gouvernement affirme qu'on ne peut changer un système sans provoquer un choc violent : il va falloir maintenant qu'il prouve que le jeu en valait vraiment la chandelle.

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