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    Asie-Pacifique

    Birmanie: 2 mois de prison pour des journalistes étrangers ayant utilisé un drone

    media Les deux journalistes, une Malaisienne et un Singapourien, travaillant pour une télévision turque, ont été condamnés à deux mois de prison ferme en Birmanie. Getty Images

    Ce vendredi 10 novembre, deux journalistes étrangers qui travaillaient pour une télévision turque et leur accompagnateur birman ont été jugés pour avoir violé les lois d’importation du pays en faisant voler un drone près du Parlement. Ils ont été condamnés à deux mois de prison ferme.

    De notre correspondante à Rangoon,

    Cela faisait quinze jours que les deux journalistes étaient détenus en attendant leur procès. Avec eux, il y a donc aussi leur accompagnateur birman, Aung Naing Soe. C’est un journaliste connu en Birmanie pour son travail sur les minorités. Il a été arrêté alors que lui n’a pas apporté de drone dans le pays, aidant simplement les deux autres journalistes. Pourtant, la police a débarqué chez lui, a fouillé sa maison, et emporté des disques durs.

    Des arrestations en hausse

    Les arrestations de journalistes sont fréquentes ces derniers mois. En juin dernier par exemple, trois birmans sont restés plusieurs semaines en prison. Ils avaient été arrêtés dans l’Etat Shan, au nord du pays, lors d’un reportage sur une cérémonie d’incinération de drogue. Les autorités les avaient accusés de lien illégal avec un groupe ethnique armé. Les trois journalistes ont finalement été libérés, mais ça montre une fois de plus les limites de la liberté de la presse en Birmanie.

    Et il y a des sujets toujours très compliqués à traiter pour les médias du pays. On l’a vu avec la crise des Rohingyas, cette minorité musulmane persécutée, dans l’Etat Rakhine. Des zones sont interdites d’accès. Certains journalistes ont pu y accéder seulement lors de voyages organisés par le gouvernement birman. L’autocensure est aussi présente dans le pays. Tous les sujets liés par exemple à l’armée, à la sécurité nationale sont difficilement abordables.

    Les affaires de diffamation sont nombreuses

    Et puis, il y a cette loi qui date de 2013 qui prévoit des peines de trois ans de prison pour ceux qui gênent, menacent ou diffament au moyen des réseaux de télécommunication. Une loi utilisée contre la presse et les critiques. Depuis qu’Aung San Suu Kyi est au pouvoir, 18 journalistes ont été poursuivis ou détenus pour « diffamation en ligne ». C’est d’ailleurs la prix Nobel de la paix, elle-même, qui avait dit au début du mois d’août à des habitants du centre du pays : « Lisez les journaux et écoutez les informations des médias gouvernementaux. »

    Beaucoup espéraient pourtant des changements positifs pour la liberté de la presse avec la fin de la junte militaire. Il y a eu tout de même des avancées. Par exemple, avant 2012, il y avait un contrôle avant la publication des journaux. Tout était vérifié en amont par le pouvoir. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a aussi davantage de médias qu’avant, des visas journalistes qui ont été accordés aux étrangers. Mais le poids des militaires en Birmanie est toujours très grand : ils contrôlent trois ministères, 25% des sièges au Parlement leur sont garantis. On est donc loin d’une presse libre et indépendante et d’une grande liberté d’expression. Ce jeudi par exemple, la chambre basse du Parlement a encore adopté une loi pour créer une instance de contrôle sur ce qui est publié sur internet, notamment sur Facebook, très utilisé ici. Raison officielle : protéger la moralité de la jeunesse.

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